Un cours en miracles- Chapitre 6 - Les leçons de l'Amour
15/02/2010 16:55 par amouretpaixdanslescoeurs
Chapitre 6
LES LEÇONS DE L'AMOUR
Introduction
La relation de la colère à l'attaque est évidente, mais la relation
de la colère à la peur n'est pas toujours aussi apparente. La
colère comporte toujours la projection de la séparation, qui doit
finalement être acceptée par chacun comme étant sa propre responsabilité
plutôt que d'être rejetée sur les autres. La colère ne
peut pas se produire à moins que tu ne croies avoir été attaqué,
que ton attaque en retour est justifiée et que tu n'en es aucunement
responsable. Étant donné ces trois prémisses entièrement
irrationnelles, la conclusion tout aussi irrationnelle doit suivre
qu'un frère est digne d'attaque plutôt que d'amour. À quoi peut-on
s'attendre de prémisses insanes, sinon à une conclusion insane ?
La façon de défaire une conclusion insane, c'est de considérer la
justesse des prémisses sur lesquelles elle repose. Tu ne peux pas
être attaqué, l'attaque n'a pas de justification et tu es responsable
de ce que tu crois.
Il t'a été demandé de me prendre comme modèle pour apprendre,
puisqu'un exemple extrême est une aide à l'apprentissage particulièrement
utile. Chacun enseigne, et enseigne tout le temps. C'est
une responsabilité que tu assumes inévitablement dès l'instant
que tu acceptes quelque prémisse que ce soit; et personne ne
peut organiser sa vie sans quelque système de pensée. Une fois
que tu as développé un quelconque système de pensée, tu règles
ta vie sur lui et tu l'enseignes. Ta capacité de faire allégeance à
un système de pensée peut être mal placée, mais c'est quand
même une forme de foi et elle peut être redirigée.
I. Le message de la crucifixion
Considérons encore une fois la crucifixion afin d'en tirer leçon.
Je ne m'y suis pas attardé plus tôt à cause des connotations apeurantes
que tu lui associes peut-être. Le seul point sur lequel j'ai
insisté jusqu'à présent, c'est qu'il ne s'agissait pas d'une forme
de punition. Toutefois, rien ne peut s'expliquer uniquement de
manière négative. Il y a une interprétation positive de la crucifixion
qui est entièrement dénuée de peur et dont l'enseignement,
s'il est compris correctement, est donc entièrement bénin.
La crucifixion n'est rien de plus qu'un exemple extrême. Sa
valeur, comme la valeur de n'importe quel mécanisme d'enseignement,
réside uniquement dans le type d'apprentissage qu'elle
facilite. Elle peut être, et elle a été, mal comprise. C'est seulement
parce que les apeurés sont enclins à percevoir peureusement.
Je t'ai déjà dit que tu pouvais toujours faire appel à moi
pour partager ma décision et ainsi la renforcer. Je t'ai dit aussi
que la crucifixion était le dernier voyage inutile que la Filialité
avait besoin de faire, et qu'elle représentait la délivrance de la
peur pour quiconque la comprenait. Comme jusqu'ici je n'ai insisté
que sur la résurrection, le but de la crucifixion et comment
elle a en fait mené à la résurrection n'ont pas encore été clarifiés.
Néanmoins, elle a une contribution bien précise à apporter à ta
propre vie et, si tu veux bien la considérer sans peur, elle t'aidera
à comprendre ton propre rôle en tant qu'enseignant.
Pendant des années tu as probablement réagi comme si tu étais
crucifié. C'est une tendance marquée chez les séparés, qui refusent
toujours de considérer ce qu'ils se sont fait à eux-mêmes.
Projection signifie colère, la colère encourage l'assaut et l'assaut
favorise la peur. La signification réelle de la crucifixion réside
dans l'apparente intensité de l'assaut de quelques-uns des Fils de
Dieu sur un autre. Cela, bien sûr, est impossible, et doit être pleinement
compris comme étant impossible. Autrement je ne peux
pas servir de modèle pour apprendre.
En définitive, il ne peut y avoir d'assaut que sur le corps. Il n'y
a guère de doute qu'un corps peut en assaillir un autre, et peut
même le détruire. Or si la destruction elle-même est impossible,
tout ce qui est destructible ne peut être réel. Par conséquent, sa
destruction ne justifie pas la colère. Dans la mesure où tu crois
qu'elle le fait, tu acceptes de fausses prémisses et tu les enseignes
à autrui. Le message que la crucifixion était censée enseigner,
c'est qu'il n'est pas nécessaire de percevoir une quelconque
forme d'assaut dans la persécution, parce que tu ne peux pas être
persécuté. Si tu réponds par la colère, tu dois t'assimiler au destructible
et donc tu te regardes toi-même d'une manière insane.
J'ai expliqué clairement que je suis comme toi et que tu es comme
moi, mais notre égalité fondamentale ne peut être démontrée que
par une décision conjointe. Tu es libre de te percevoir comme
persécuté si tel est ton choix. Quand tu choisis de réagir ainsi,
toutefois, tu devrais te rappeler que j'ai été persécuté comme le
monde en juge, mais c'est une évaluation que je ne partageais
pas. Et parce que je ne la partageais pas, je ne l'ai pas renforcée.
J'ai donc offert une interprétation différente de l'attaque, interprétation
que je veux partager avec toi. Si tu y crois, tu m'aideras
à l'enseigner.
Comme je l'ai déjà dit : « Comme tu enseignes, ainsi tu apprendras.
» Si tu réagis comme si tu étais persécuté, tu enseignes la
persécution. Ce n'est pas une leçon qu'un Fils de Dieu devrait
vouloir enseigner s'il doit se rendre compte de son propre salut.
Plutôt, enseigne ta propre parfaite immunité, qui est la vérité en
toi, et rends-toi compte qu'elle ne peut pas être assaillie. N'essaie
pas de la protéger toi-même, car ce serait croire qu'elle peut être
assaillie. Il ne t'est pas demandé d'être crucifié, ce qui faisait partie
de ma propre contribution à l'enseignement. Il t'est seulement
demandé, face à des tentations beaucoup moins extrêmes
de malpercevoir, de suivre mon exemple et de ne pas les accepter
comme fausses justifications à la colère. Il ne peut y avoir de
justification à l'injustifiable. Ne crois pas qu'il y en ait, et n'enseigne
pas qu'il y en a. Rappelle-toi toujours que ce que tu crois,
tu l ' e n s e i g n e s . Crois avec moi, et nous deviendrons égaux en
tant qu'enseignants.
Ta résurrection est ton réveil. Je suis le modèle de la renaissance,
mais la renaissance elle-même n'est que l'émergence
dans ton esprit de ce qui s'y trouve déjà. Dieu Lui-même l'a placé
là, ainsi est-ce vrai à jamais. J'ai cru en cela, et je l'ai donc accepté
comme vrai pour moi. Aide-moi à l'enseigner à nos frères au
nom du Royaume de Dieu, mais d'abord crois que cela est vrai
pour toi, ou tu enseigneras mal. Mes frères dormaient dans le
soi-disant «jardin des supplices», mais je ne pouvais pas être en
colère contre eux parce que je connaissais que je ne pouvais pas
être abandonné.
Je suis désolé lorsque mes frères ne partagent pas ma décision
de n'entendre qu'une seule Voix, parce que cela les affaiblit comme
enseignants et comme apprenants. Je connais pourtant qu'ils ne
peuvent pas réellement se trahir eux-mêmes ni me trahir, et que
c'est toujours sur eux que je dois bâtir mon église. Il n'y a pas de
choix en cela parce qu'il n'y a que toi qui puisses être le fondement
de l'église de Dieu. Une église se trouve là où il y a un autel,
et c'est la présence de l'autel qui rend l'église sainte. Une église
qui n'inspire pas l'amour a un autel caché qui ne sert pas le but
que Dieu lui destinait. Je dois fonder Son église sur toi, parce que
ceux qui m'acceptent pour modèle sont littéralement mes disciples.
Les disciples sont ceux qui suivent, et si le modèle qu'ils suivent
a choisi de leur épargner la douleur sous tous les rapports, ils
seraient mal avisés de ne pas le suivre.
J'ai choisi, pour ton bien et pour le mien, de démontrer que l'assaut
le plus monstrueux, tel que l'ego en juge, n'a aucune importance.
Selon le jugement que le monde porte sur ces choses, mais
point selon la connaissance que Dieu en a, j'ai été trahi, abandonné,
battu, déchiré et finalement tué. Il était clair que c'était
uniquement à cause de la projection des autres sur moi, puisque je
n'avais nui à personne et nombreux étaient ceux que j'avais guéris.
Nous sommes encore égaux en tant qu'apprenants, quoique
nous n'ayons pas besoin d'avoir des expériences égales. Le Saint-
Esprit se réjouit quand tu peux apprendre des miennes, et par
elles être réveillé à nouveau. C'est leur seul but, et c'est la seule
façon pour moi d'être perçu comme la voie, la vérité et la vie.
Quand tu entends une seule Voix, tu n'es jamais appelé à faire
des sacrifices. Au contraire, en étant capable d'entendre le Saint-
Esprit en autrui, tu peux apprendre des expériences de l'autre et
en tirer profit sans en faire toi-même l'expérience directe. La
raison en est que le Saint-Esprit est un, et quiconque écoute est
inévitablement porté à démontrer Sa voie pour tous.
Tu n'es pas persécuté, pas plus que je ne l'étais. Il ne t'est pas
demandé de répéter mes expériences parce que le Saint-Esprit,
Que nous partageons, rend cela non nécessaire. Pour utiliser mes
expériences de façon constructive, toutefois, tu dois encore suivre
mon exemple dans la manière dont tu les perçois. Mes frères
et les tiens sont constamment occupés à justifier l'injustifiable.
Ma seule leçon, que je dois enseigner comme je l'ai apprise, est
qu'aucune perception qui est en désaccord avec le jugement du
Saint-Esprit ne peut être justifiée. J'ai entrepris de montrer que
cela était vrai dans un cas extrême, simplement parce que cela
serait une bonne aide à l'enseignement pour ceux dont la tentation
de céder à la colère et à l'assaut ne serait pas aussi extrême.
J'ai la volonté avec Dieu qu'aucun de Ses Fils n'ait à souffrir.
La crucifixion ne peut pas être partagée parce que c'est le symbole
de la projection; mais la résurrection est le symbole du
partage parce que le réveil de chaque Fils de Dieu est nécessaire
pour permettre à la Filialité de connaître son Entièreté. Seul cela
est la connaissance.
Le message de la crucifixion est parfaitement clair :
N'enseigne que l'amour, car c'est ce que tu es.
Si tu interprètes la crucifixion de toute autre façon, tu l'utilises
comme une arme d'assaut plutôt que comme l'appel à la paix
qu'elle était censée être. Les apôtres l'ont souvent mal comprise,
et pour la même raison que quiconque la comprend mal. Leur
propre amour imparfait les rendait vulnérables à la projection, et
c'est leur propre peur qui les a fait parler de la « colère de Dieu »
comme arme de Sa vengeance. Ils ne pouvaient pas non plus
parler de la crucifixion tout à fait sans colère, parce que leur sentiment
de culpabilité les avait mis en colère.
Voici quelques exemples de pensée sens dessus dessous dans
le Nouveau Testament, bien que son évangile ne soit en réalité
qu'un message d'amour. Si les apôtres ne s'étaient pas sentis
coupables, ils n'auraient jamais pu me citer ainsi : «Je ne suis pas
venu apporter la paix, mais l'épée. » Il est clair que c'est l'opposé
de tout ce que j'ai enseigné. Ils n'auraient pas pu non plus décrire
mes réactions envers Judas comme ils l'ont fait s'ils m'avaient
réellement compris. Je n'aurais pas pu dire : «C'est par un baiser
que tu trahis le Fils de l'homme ? », à moins de croire en la trahison.
Tout le message de la crucifixion était simplement que je
n'y croyais pas. La «punition» que je suis censé avoir appelée sur
Judas est une erreur du même genre. Judas était mon frère ainsi
qu'un Fils de Dieu, qui faisait partie de la Filialité autant que moi.
Était-il vraisemblable que je le condamne alors que j'étais prêt
à démontrer que la condamnation est impossible ?
Quand tu lis les enseignements des apôtres, rappelle-toi que
je leur ai dit moi-même qu'il y avait bien des choses qu'ils comprendraient
plus tard, parce qu'ils n'étaient pas entièrement prêts
à me suivre à ce moment-là. Je ne veux pas que tu permettes à
quelque peur que ce soit d'entrer dans le système de pensée vers
lequel je te guide. Je ne demande pas des martyrs mais des enseignants.
Nul n'est puni pour des péchés, et les Fils de Dieu ne
sont pas des pécheurs. Tout concept de punition comporte la projection
du blâme et renforce l'idée que le blâme est justifié. Le
résultat est une leçon de blâme, car toute conduite enseigne les
croyances qui l'ont motivée. La crucifixion a été le résultat de
deux systèmes de pensée clairement opposés; le parfait symbole
du «conflit» entre l'ego et le Fils de Dieu. Ce conflit semble tout
aussi réel maintenant, et ses leçons doivent être apprises maintenant
comme alors.
Je n'ai pas besoin de gratitude, mais tu as besoin de développer
ton aptitude à être reconnaissant, qui est affaiblie, sinon tu ne
peux pas apprécier Dieu. Il n'a pas besoin que tu L'apprécies,
mais toi, si. Tu ne peux pas aimer ce que tu n'apprécies pas, car
la peur rend impossible d'apprécier. Quand tu as peur de ce que
tu es, tu ne l'apprécies pas et par conséquent tu le rejettes. Avec
pour résultat que tu enseignes le rejet.
Le pouvoir des Fils de Dieu est présent tout le temps, parce
qu'ils ont été créés créateurs. L'influence qu'ils ont les uns sur les
autres est sans limites et doit être utilisée pour leur salut conjoint.
Chacun doit apprendre à enseigner que toutes les formes de rejet
sont in-signifiantes. La séparation est la notion de rejet. Aussi
longtemps que tu enseignes cela, tu y croiras. Ce n'est pas ainsi
que Dieu pense, et tu dois penser comme Il pense si tu veux Le
connaître de nouveau.
Rappelle-toi que le Saint-Esprit est le Lien de Communication
entre Dieu le Père et Ses Fils séparés. Si tu écoutes Sa Voix, tu
connaîtras que tu ne peux ni blesser ni être blessé, et qu'ils sont
nombreux à avoir besoin de ta bénédiction pour les aider à entendre
cela par eux-mêmes. Quand tu ne perçois que ce besoin
en eux, et ne réponds plus à aucun autre, alors tu t'es mis à mon
école et tu as aussi hâte que moi de partager ce que tu as appris.
II. L'alternative à la projection
Toute division dans l'esprit doit comporter le rejet d'une partie
de lui, et c'est cela qui est la croyance en la séparation.
L'Entièreté de Dieu, qui est Sa paix, ne peut être appréciée que
par un esprit entier qui reconnaît l'Entièreté de la création de
Dieu. Par cette re-connaissance, il connaît son Créateur. Exclusion
et séparation sont synonymes, comme le sont séparation et
dissociation. Nous avons dit plus tôt que la séparation était et
est une dissociation, et qu'une fois qu'elle s'est produite la projection
devient sa principale défense, ou le mécanisme qui la fait
durer. Toutefois, la raison n'est peut-être pas aussi évidente que
tu le penses.
Ce que tu projettes, tu le désavoues, et tu ne crois donc pas que
ce soit à toi. Tu t'exclus toi-même par le jugement même que tu
es différent de celui sur qui tu projettes. Puisque tu as aussi jugé
et rejeté ce que tu projettes, tu continues à l'attaquer parce que
tu continues à le garder séparé. En faisant cela inconsciemment,
tu essaies de garder loin de ta conscience le fait que tu t'es attaqué
toi-même, et tu t'imagines ainsi que tu t'es mis en sécurité.
Or la projection te blessera toujours. Elle renforce ta croyance
en ton propre esprit divisé, et son seul but est de faire durer la
séparation. C'est uniquement un mécanisme de l'ego pour te faire
sentir différent de tes frères et séparé d'eux. L'ego le justifie en
alléguant que cela te fait paraître «meilleur» qu'eux, ce qui obscurcit
encore davantage ton égalité avec eux. La projection et
l'attaque sont inévitablement reliées, parce que la projection
est toujours un moyen de justifier l'attaque. La colère sans projection
est impossible. L'ego n'utilise la projection que pour
détruire ta perception à la fois de toi-même et de tes frères. Le
processus commence par exclure quelque chose qui existe en toi
mais que tu ne veux pas, et conduit directement à t'exclure toimême
de tes frères.
Toutefois, nous avons appris qu'il y a une alternative à la projection.
Chaque aptitude de l'ego a un meilleur usage, parce que
ses aptitudes sont dirigées par l'esprit, qui a une meilleure Voix.
Le Saint-Esprit étend et l'ego projette. Comme leurs buts sont
opposés, ainsi le sont leurs résultats.
Le Saint-Esprit commence par te percevoir comme étant parfait.
Connaissant que cette perfection est partagée, Il la reconnaît
en l'autre, la renforçant ainsi en vous deux. Au lieu de la colère,
cela suscite l'amour pour les deux, parce que cela établit l'inclusion.
Percevant l'égalité, le Saint-Esprit perçoit des besoins
égaux. Automatiquement, cela invite l'Expiation, parce que
l'Expiation est le seul besoin dans ce monde qui soit universel. Te
percevoir toi-même de cette façon, c'est la seule façon de trouver
le bonheur dans le monde. C'est parce qu'ainsi tu reconnais que
tu n'es pas dans ce monde, car le monde est malheureux.
Comment peux-tu trouver la joie dans un lieu sans joie, sauf
en te rendant compte que tu n'es pas là ? Tu ne peux être nulle
part où Dieu ne t'a pas mis, et Dieu t'a créé comme partie de Lui.
Cela est à la fois où tu es et ce que tu es. C'est complètement
inaltérable. C'est l'inclusion totale. Tu ne peux pas le changer
ni maintenant ni jamais. C'est vrai à jamais. Ce n'est pas une
croyance, mais un Fait. Tout ce que Dieu a créé est aussi vrai qu'il
l'est. Sa vérité réside seulement dans sa parfaite inclusion en Lui
Qui seul est p a r f a i t . Nier cela, c'est te nier toi-même et Le nier,
Lui, puisqu'il est impossible d'accepter l'un sans l'autre.
La parfaite égalité de la perception du Saint-Esprit est le reflet
de la parfaite égalité de la connaissance de Dieu. La perception
de l'ego n'a pas d'équivalent en Dieu, mais le Saint-Esprit demeure
le Pont entre la perception et la connaissance. En te permettant
d'utiliser la perception d'une manière qui reflète la connaissance,
tu finiras par t'en souvenir. L'ego préférerait croire que ce souvenir
est impossible, or c'est ta perception que guide le Saint-
Esprit. Ta perception finira où elle a commencé. Toutes choses
se rencontrent en Dieu, parce que toutes choses ont été créées par
Lui et en Lui.
Dieu a créé Ses Fils en étendant Sa Pensée, tout en retenant
dans Son Esprit les extensions de Sa Pensée. Ainsi, toutes Ses
Pensées sont parfaitement unies en elles-mêmes et les unes avec
les autres. Le Saint-Esprit te permet de percevoir cette entièreté
maintenant. Dieu t'a créé pour créer. Tu ne peux pas étendre Son
Royaume jusqu'à ce que tu connaisses ce qu'est son entièreté.
Les pensées commencent dans l'esprit du penseur, et de là vont
vers l'extérieur. C'est aussi vrai de la Pensée de Dieu que de la
tienne. Parce que ton esprit est divisé, tu peux aussi bien percevoir
que penser. Or la perception ne peut pas échapper aux lois
fondamentales de l'esprit. Tu perçois à partir de ton esprit et
tu projettes tes perceptions à l'extérieur. Bien que toute espèce
de perception soit irréelle, c'est toi qui l'as faite et le Saint-Esprit
peut donc en faire bon usage. Il peut inspirer la perception et la
conduire vers Dieu. Cette convergence paraît très éloignée dans
le futur pour la seule raison que ton esprit n'est pas parfaitement
aligné sur cette idée et qu'il ne la veut pas maintenant.
Le Saint-Esprit utilise le temps, mais Il n'y croit pas. Venant
de Dieu, Il utilise tout pour le bien, mais Il ne croit pas en ce qui
n'est pas vrai. Puisque le Saint-Esprit est dans ton esprit, ton
esprit peut aussi croire seulement ce qui est vrai. Le Saint-Esprit
ne peut parler que pour cela, parce qu'il parle pour Dieu. Il te
dit de retourner à Dieu ton esprit tout entier, parce qu'il ne L'a
jamais quitté. S'il ne L'a jamais quitté, tu as seulement besoin
de le percevoir tel qu'il est pour qu'il Lui soit retourné. Avoir
pleinement conscience de l'Expiation, c'est donc reconnaître que
la séparation ne s'est jamais produite. L'ego ne peut pas prévaloir
contre cela, parce que c'est l'énoncé explicite que l'ego ne s'est
jamais produit.
L'ego peut accepter l'idée que le retour est nécessaire parce
qu'il peut si facilement la faire paraître difficile. Or le Saint-Esprit
te dit que même le retour n'est pas nécessaire, parce que ce qui
n'est jamais arrivé ne peut pas être difficile. Toutefois, tu peux
rendre l'idée de retour à la fois nécessaire et difficile. Or il est sûrement
clair que ceux qui sont parfaits n'ont besoin de rien, et tu
ne peux pas ressentir la perfection comme un accomplissement
difficile, parce que c'est ce que tu es. C'est de cette façon que tu
dois percevoir les créations de Dieu, en ramenant toutes tes perceptions
sur la seule ligne que voit le Saint-Esprit. Cette ligne est
la ligne directe de communication avec Dieu, qui laisse ton esprit
converger avec le Sien. Il n'y a de conflit nulle part dans cette
perception, parce que cela signifie que toute perception est guidée
par le Saint-Esprit, Dont l'Esprit est fixé sur Dieu. Seul le
Saint-Esprit peut résoudre le conflit, parce que seul le Saint-Esprit
est libre de tout conflit. Il ne perçoit que ce qui est vrai dans ton
esprit, et ne S'étend qu'à ce qui est vrai dans les autres esprits.
La différence entre la projection de l'ego et l'extension du
Saint-Esprit est très simple. L'ego projette pour exclure, et donc
pour tromper. Le Saint-Esprit étend en Se reconnaissant Luimême
dans chaque esprit; ainsi Il les perçoit tous ne faisant qu'un.
Rien n'est en conflit dans cette perception, parce que tout ce que
le Saint-Esprit perçoit est le même. Où qu'il regarde, Il Se voit
Lui-même, et parce qu'il est uni Il offre toujours le Royaume tout
entier. C'est l'unique message que Dieu Lui a donné et pour
lequel Il doit parler, parce que c'est ce qu'il est. La paix de Dieu
réside dans ce message; ainsi la paix de Dieu réside en toi. La
grande paix du Royaume luit à jamais dans ton esprit, mais elle
doit rayonner au dehors pour que tu en prennes conscience.
Le Saint-Esprit t'a été donné avec une parfaite impartialité, et
c'est seulement en Le reconnaissant impartialement que tu peux
Le reconnaître. L'ego est légion, mais le Saint-Esprit est un.
Aucunes ténèbres ne demeurent nulle part dans le Royaume,
mais ton rôle consiste uniquement à ne permettre à aucunes
ténèbres de demeurer dans ton propre esprit. Cet alignement
sur la lumière est illimité, parce qu'il est aligné sur la lumière du
monde. Chacun de nous est la lumière du monde, et c'est en
joignant nos esprits dans cette lumière que nous proclamons le
Royaume de Dieu ensemble et ne faisant qu'un.
III. Le renoncement à l'attaque
Comme nous l'avons déjà souligné, chaque idée commence
dans l'esprit du penseur. Par conséquent, ce qui s'étend à partir
de l'esprit est toujours en lui, et c'est à ce qu'il étend qu'il se
connaît lui-même. «Connaît» est le mot juste ici, parce que le
Saint-Esprit tient toujours la connaissance en sécurité dans ton
esprit par Sa perception impartiale. En n'attaquant rien, Il ne
pose aucune barrière à la communication de Dieu. Par conséquent,
l'être n'est jamais menacé. Ton esprit pareil à Dieu ne peut
jamais être profané. L'ego n'en a jamais fait partie et jamais il
n'en fera partie, mais par l'ego tu peux entendre et enseigner et
apprendre ce qui n'est pas vrai. Tu t'es enseigné à croire que tu
n'es pas ce que tu es. Tu ne peux pas enseigner ce que tu n'as pas
appris, et tu renforces en toi ce que tu enseignes parce que tu le
partages. Chaque leçon que tu enseignes, tu l'apprends.
C'est pourquoi tu dois enseigner une seule leçon. Si tu dois
toi-même être libre de tout conflit, tu ne dois apprendre que du
Saint-Esprit et n'enseigner que par Lui. Tu n'es qu'amour, mais
quand tu nies cela, tu fais de ce que tu es quelque chose dont tu
dois apprendre à te souvenir. J'ai dit plus tôt que le message de
la crucifixion était : « N'enseigne que l'amour, car c'est ce que tu
es. » C'est la seule leçon qui est parfaitement unifiée, parce que
c'est la seule leçon qui est une. Ce n'est qu'en l'enseignant que tu
peux l'apprendre. «Comme tu enseignes, ainsi tu apprendras.»
Si cela est vrai, et ce l'est en effet, n'oublie pas que ce que tu enseignes
t'enseigne. Et ce que tu projettes ou étends, tu le crois.
La seule sécurité consiste à étendre le Saint-Esprit, parce
qu'en voyant Sa douceur en autrui, ton propre esprit se perçoit
lui-même comme totalement incapable de nuire. Une fois qu'il
peut accepter cela pleinement, il ne voit aucun besoin de se protéger.
Alors la protection de Dieu se fait jour en lui, l'assurant
qu'il est à jamais en parfaite sécurité. Ceux qui sont en parfaite
sécurité sont entièrement bénins. Ils bénissent parce qu'ils
connaissent qu'ils sont bénis. Sans anxiété, l'esprit est entièrement
bon, et parce qu'il étend la bienfaisance, il est bienfaisant.
La sécurité est le renoncement complet à l'attaque. En cela il
n'y a pas de compromis possible. Enseigne l'attaque sous n'importe
quelle forme et tu l'as apprise, et elle te blessera. Or cet
apprentissage n'est pas immortel, et tu peux le désapprendre en
ne l'enseignant point.
Puisque tu ne peux pas ne pas enseigner, ton salut est d'enseigner
l'exact opposé de tout ce que croit l'ego. C'est ainsi que tu
apprendras la vérité qui te rendra libre et te gardera libre tandis
que d'autres l'apprendront de toi. La seule façon d'avoir la paix,
c'est d'enseigner la paix. En enseignant la paix, tu dois l'apprendre
toi-même, parce que tu ne peux pas enseigner ce que tu
dissocies encore. C'est la seule façon pour toi de regagner la
connaissance que tu as jetée. Une idée que tu partages, tu dois
l'avoir. Elle s'éveille dans ton esprit par la conviction de l'enseigner.
Tout ce que tu enseignes, tu l'apprends. N'enseigne que
l'amour, et apprends que l'amour est à toi et que tu es l'amour.
IV. La seule Réponse
Rappelle-toi que le Saint-Esprit est la Réponse et non la question.
L'ego parle toujours en premier. Il est capricieux et il ne
veut pas le bien de son faiseur. Il croit, et à juste titre, que son faiseur
pourrait lui retirer son soutien à tout moment. S'il voulait ton
bien, il s'en réjouirait, comme le Saint-Esprit Se réjouira lorsqu'il
t'aura ramené chez toi et que tu n'auras plus besoin qu'il te guide.
L'ego ne se considère pas comme une partie de toi. Là réside son
erreur principale, le fondement de tout son système de pensée.
Lorsque Dieu t'a créé, Il t'a fait partie de Lui. C'est pourquoi
l'attaque est impossible à l'intérieur du Royaume. Tu as fait l'ego
sans amour, ainsi il ne t'aime pas. Tu ne pouvais pas rester dans
le Royaume sans amour, et puisque le Royaume est l'amour, tu
crois être sans lui. Cela permet à l'ego de se considérer comme
séparé et à l'extérieur de son faiseur, parlant ainsi pour la partie
de ton esprit qui croit que tu es séparé et à l'extérieur de l'Esprit
de Dieu. Alors l'ego a soulevé la première question qui ait jamais
été posée, mais à laquelle il ne peut jamais répondre. Cette question
: « Qu'es-tu ? » fut le commencement du doute. Depuis lors,
l'ego n'a jamais répondu à aucune question, bien qu'il en ait soulevé
un grand nombre. Les activités les plus inventives de l'ego
n'ont jamais fait plus qu'obscurcir la question, parce que tu possèdes
la réponse et l'ego a peur de toi.
Tu ne peux pas comprendre le conflit jusqu'à ce que tu comprennes
pleinement ce fait fondamental : l'ego ne peut rien
connaître. Le Saint-Esprit ne parle pas en premier, mais Il répond
toujours. Chacun a fait appel à Lui pour avoir de l'aide à un moment
ou à un autre, d'une façon ou d'une autre, et a trouvé réponse.
Puisque le Saint-Esprit répond véritablement, Il répond pour tous
les temps, ce qui signifie que chacun possède la réponse maintenant.
L'ego ne peut pas entendre le Saint-Esprit, mais il croit qu'une
partie de l'esprit qui l'a fait est contre lui. Il interprète cela comme
une justification pour attaquer son faiseur. Il croit que la meilleure
défense est l'attaque, et il veut que tu le croies. À moins de
le croire, tu ne te rangeras pas de son côté, et l'ego a terriblement
besoin d'alliés, quoique point de frères. Percevant dans ton
esprit quelque chose qui lui est étranger, l'ego se tourne vers le
corps comme allié, parce que le corps ne fait pas partie de toi.
Cela fait du corps l'ami de l'ego. C'est une alliance franchement
fondée sur la séparation. Si tu te ranges avec cette alliance, tu
auras peur, parce que tu te ranges avec une alliance de peur.
L'ego utilise le corps pour conspirer contre ton esprit et, parce
que l'ego se rend compte que son « ennemi » peut leur mettre fin
à tous les deux en reconnaissant simplement qu'ils ne font pas
partie de toi, ils s'unissent pour t'attaquer ensemble. C'est peutêtre
la plus étrange de toutes les perceptions, si tu considères ce
que cela implique réellement. L'ego, qui n'est pas réel, tente de
persuader l'esprit, qui est réel, que l'esprit est le mécanisme
d'apprentissage de l'ego; en outre, que le corps est plus réel que
l'esprit. Personne dans son juste esprit ne pourrait croire cela, et
personne dans son juste esprit ne le croit.
Entends donc l'unique réponse du Saint-Esprit à toutes les
questions que soulève l'ego : Tu es un enfant de Dieu, une partie
inestimable de Son Royaume, qu'il a créé comme faisant partie
de Lui. Rien d'autre n'existe et cela seul est réel. Tu as choisi un
sommeil dans lequel tu as fait de mauvais rêves, mais le sommeil
n'est pas réel et Dieu t'appelle à te réveiller. Il ne restera plus rien
de ton rêve quand tu L'entendras, parce que tu te réveilleras. Tes
rêves contiennent beaucoup des symboles de l'ego, et ils ont jeté
la confusion en toi. Or c'est uniquement parce que tu dormais
et ne connaissais pas. Quand tu te réveilleras, tu verras la vérité
autour de toi et en toi, et tu ne croiras plus dans les rêves parce
qu'ils n'auront pas de réalité pour toi. Or le Royaume et tout ce
que tu as créé là auront une grande réalité pour toi, parce qu'ils
sont beaux et vrais.
Dans le Royaume, où tu es et ce que tu es est parfaitement certain.
Il n'y a pas de doute, parce que la première question n'a jamais
été posée. Ayant enfin reçu sa pleine réponse, elle n'a jamais été.
Seul l'être vit dans le Royaume, où tout vit en Dieu sans faire
question. Le temps passé à poser des questions dans le rêve a fait
place à la création et à son éternité. Tu es aussi certain que Dieu
parce que tu es aussi vrai que Lui, mais ce qui autrefois était certain
dans ton esprit est devenu une simple aptitude à la certitude.
L'introduction des aptitudes dans l'être fut le commencement
de l'incertitude, parce que les aptitudes sont des potentialités et
non des accomplissements. Tes aptitudes n'ont aucune utilité en
présence des accomplissements de Dieu, ainsi que des tiens. Les
accomplissements sont des résultats qui ont été accomplis.
Lorsqu'ils sont parfaits, les aptitudes deviennent in-signifiantes.
Il est curieux que ceux qui sont parfaits doivent maintenant être
perfectionnés. En fait, c'est impossible. Rappelle-toi, toutefois,
que lorsque tu te mets dans une situation impossible, tu crois que
l'impossible est possible.
Les aptitudes doivent d'abord être développées pour que tu
puisses les utiliser. Cela n'est pas vrai de tout ce que Dieu a créé,
mais c'est la solution la plus douce possible pour ce que tu as fait.
Dans une situation impossible, tu peux développer tes aptitudes
jusqu'au point où elles peuvent t'en faire sortir. Tu as un Guide
pour comment les développer, mais tu n'as d'autre commandant
que toi-même. Cela te laisse en charge du Royaume, avec à la
fois un Guide pour le trouver et un moyen de le garder. Tu as un
modèle à suivre qui renforcera ton commandement sans jamais le
diminuer en aucune façon. C'est donc toi qui gardes la place centrale
dans ton esclavage imaginaire, ce qui en soi démontre bien
que tu n'es pas en esclavage.
Tu es dans une situation impossible uniquement parce que tu
penses que c'est possible de l'être. Tu serais dans une situation
impossible si Dieu te montrait ta perfection et te prouvait que tu
étais dans l'erreur. Cela démontrerait que ceux qui sont parfaits
sont incapables de prendre eux-mêmes conscience de leur perfection,
et se rangerait ainsi avec la croyance que ceux qui ont tout
ont besoin d'aide et sont donc sans aide. Voilà le type de «raisonnement
» auquel l'ego se livre. Dieu, Qui connaît que Ses
créations sont parfaites, ne leur fait pas d'affront. Cela serait
aussi impossible que la notion de l'ego de Lui avoir fait affront.
C'est pourquoi le Saint-Esprit ne commande jamais. Commander,
c'est supposer une inégalité, dont le Saint-Esprit démontre
l'inexistence. La fidélité aux prémisses est une loi de
l'esprit, et tout ce que Dieu a créé est fidèle à Ses lois. La fidélité
à d'autres lois est aussi possible, toutefois, non point parce que
les lois sont vraies, mais parce que c'est toi qui les as faites. Qu'y
aurait-il de gagné si Dieu te prouvait que tu as pensé de façon
insane ? Dieu peut-Il perdre Sa Propre certitude ? J'ai souvent
dit que tu es ce que tu enseignes. Voudrais-tu que Dieu t'enseigne
que tu as péché ? S'Il confrontait le soi que tu as fait avec la
vérité qu'il a créée pour toi, comment pourrais-tu ne pas avoir
peur? Tu douterais de ton juste esprit, qui est le seul endroit où
tu puisses trouver la santé d'esprit qu'il t'a donnée.
Dieu n'enseigne pas. Enseigner, c'est supposer un manque, et
Dieu connaît qu'il n'y en a pas. Dieu n'est pas en conflit. L'enseignement
vise au changement, mais Dieu n'a créé que l'inchangeable.
La séparation n'a pas été une perte de perfection mais une
rupture dans la communication. Une forme de communication
rude et stridente surgit comme étant la voix de l'ego. Elle ne pouvait
pas fracasser la paix de Dieu, mais elle pouvait fracasser la
tienne. Dieu ne l'a pas effacée, parce que l'éradiquer eût été l'attaquer.
Etant mis en question, Il ne mit pas en question. Il ne
fit que donner la R é p o n s e . Sa Réponse est ton Enseignant.
V. Les leçons du Saint-Esprit
Comme tout bon enseignant, le Saint-Esprit en connaît plus
que tu n'en connais maintenant, mais Il n'enseigne que pour te
rendre égal à Lui. Tu t'étais déjà enseigné faussement, ayant cru
ce qui n'était pas vrai. Tu ne croyais pas en ta propre perfection.
Dieu t'enseignerait-Il que tu as fait un esprit divisé, quand Il ne
connaît ton esprit qu'entier ? Ce que Dieu connaît, c'est que Ses
canaux de communication ne Lui sont pas ouverts, de sorte qu'il
ne peut pas impartir Sa joie et connaître que Ses enfants sont entièrement
joyeux. Donner Sa joie est un processus continu, non
dans le temps mais dans l'éternité. L'extension de Dieu vers l'extérieur,
mais non Sa complétude, est bloquée quand la Filialité ne
communique pas avec Lui en ne faisant qu'un. Alors Il a pensé :
« Mes enfants dorment et doivent être réveillés. »
Comment peux-tu réveiller des enfants plus tendrement qu'en
leur parlant d'une Voix douce qui ne les effraiera pas mais leur
rappellera simplement que la nuit est finie et que la lumière est
venue? Tu ne les informes pas que les cauchemars qui les ont tellement
effrayés ne sont pas réels, parce que les enfants croient en
la magie. Tu leur donnes simplement l'assurance qu'ils sont en
sécurité maintenant. Ensuite tu leur apprends à faire la différence
entre dormir et être éveillé, pour leur faire comprendre qu'ils
n'ont pas besoin d'avoir peur des rêves. Ainsi, quand viennent
de mauvais rêves, ils feront eux-mêmes appel à la lumière pour
les dissiper.
Un sage enseignant enseigne par l'approche et non par L'éviement.
Il n'insiste pas sur ce que tu dois éviter pour ne pas te
blesser, mais sur ce qu'il te faut apprendre pour avoir la joie.
Pense à la peur et à la confusion qu'un enfant éprouverait si on
lui disait : « Ne fais pas ceci parce que cela va te blesser et te mettre
en danger; mais si tu fais cela plutôt, tu éviteras de te blesser, tu
seras en sécurité et alors tu n'auras pas peur. » Il vaut sûrement
mieux n'utiliser que ces trois mots : «Fais seulement cela!» Ce
simple énoncé est parfaitement clair, facile à comprendre et très
facile à retenir.
Le Saint-Esprit ne détaille jamais les erreurs parce qu'il n'effraie
pas les enfants, et ceux qui manquent de sagesse sont des enfants.
Or Il répond toujours à leur appel, et le fait qu'ils peuvent compter
sur Lui les rend plus certains. Il est vrai que les enfants confondent
fantasmes et réalité, et ils sont effrayés parce qu'ils ne font pas
la différence. Le Saint-Esprit ne fait pas de distinction entre les
rêves. Il les dissipe simplement. Sa lumière est toujours l'Appel
au réveil, quel qu'ait été ton rêve. Il n'y a rien de durable dans les
rêves, et le Saint-Esprit, Qui rayonne de la lumière de Dieu Luimême,
parle seulement pour ce qui dure à jamais.
A. Pour avoir, donne tout à tous
Quand ton corps et ton ego et tes rêves auront disparu, tu
connaîtras que tu dureras à jamais. Peut-être penses-tu que cela
s'accomplit par la mort, mais rien ne s'accomplit par la mort,
parce que la mort n'est rien. Tout s'accomplit par la vie, et la vie
est de l'esprit et dans l'esprit. Le corps ne vit ni ne meurt, parce
qu'il ne peut te contenir, toi qui es la vie. Si nous partageons le
même esprit, tu peux vaincre la mort parce que je l'ai fait. La
mort est une tentative pour résoudre le conflit en ne décidant pas.
Comme toute autre solution impossible qu'essaie l'ego, elle ne
marchera pas.
Dieu n'a pas fait le corps, parce qu'il est destructible et par
conséquent n'est pas du Royaume. Le corps est le symbole de ce
que tu penses être. Il est clair que c'est un mécanisme de séparation;
par conséquent, il n'existe pas. Le Saint-Esprit, comme
toujours, prend ce que tu as fait et le traduit en mécanisme d'apprentissage.
Et comme toujours, Il réinterprète ce que l'ego utilise
comme un argument à l'appui de la séparation pour faire la
démonstration du contraire. Si l'esprit peut guérir le corps, mais
que le corps ne peut guérir l'esprit, alors l'esprit doit être plus fort
que le corps. Chaque miracle démontre cela.
J'ai dit que le Saint-Esprit est la motivation des miracles. Il te
dit toujours que seul l'esprit est réel, parce que seul l'esprit peut
être partagé. Le corps est séparé; par conséquent, il ne peut pas
faire partie de toi. Être d'un même esprit est signifiant, mais
être d'un même corps est in-signifiant. Selon les lois de l'esprit,
donc, le corps est in-signifiant.
Pour le Saint-Esprit, il n'y a pas d'ordre de difficulté dans les
miracles. Cela t'est maintenant assez familier, mais ce n'est pas
encore devenu crédible. Par conséquent, tu ne le comprends pas
et tu ne peux pas l'utiliser. Nous avons trop à accomplir au nom
du Royaume pour laisser ce concept crucial nous échapper. C'est
une véritable pierre angulaire du système de pensée que j'enseigne
et que je veux que tu enseignes. Tu ne peux pas faire de
miracles sans y croire, parce que c'est la croyance en une parfaite
égalité. Seul un don égal peut être offert aux Fils égaux de Dieu,
et c'est d'apprécier pleinement. Rien de plus et rien de moins.
Sans une gradation, un ordre de difficulté ne signifie rien, et il
ne doit y avoir aucune gradation dans ce que tu offres à ton frère.
Le Saint-Esprit, Qui mène à Dieu, traduit la communication en
être, tout comme Il traduit finalement la perception en connaissance.
Tu ne perds pas ce que tu communiques. L'ego utilise le
corps pour l'attaque, pour le plaisir et pour l'orgueil. L'insanité
de cette perception la rend certes apeurante. Le Saint-Esprit voit
le corps uniquement comme un moyen de communication; et
parce que la communication est un partage, elle devient communion.
Peut-être penses-tu que la peur aussi bien que l'amour
peut être communiquée; et qu'elle peut donc être partagée. Or
cela n'est pas aussi réel qu'il peut le paraître. Ceux qui communiquent
la peur favorisent l'attaque, et l'attaque rompt toujours
la communication, la rendant impossible. Il est vrai que les ego
se joignent en des allégeances temporaires, mais c'est toujours en
vue de ce que chacun peut obtenir séparément. Le Saint-Esprit
communique seulement ce que chacun peut donner à tous. Il ne
reprend jamais rien, parce qu'il veut que tu le g a r d e s . Par
conséquent, Son enseignement commence par cette leçon :
Pour avoir, donne tout à tous.
C'est une étape très préliminaire, et c'est la seule que tu doives
entreprendre par toi-même. Il n'est même pas nécessaire que tu
complètes l'étape toi-même, mais il est nécessaire que tu te
tournes dans cette direction. Ayant choisi d'aller dans cette voie,
tu te places en charge du voyage, où toi et toi seul dois demeurer.
Il te semblera peut-être que cette étape exacerbe le conflit au
lieu de le résoudre, parce que c'est l'étape initiale pour renverser
ta perception et la remettre à l'endroit. Cela entre en conflit
avec la perception sens dessus dessous que tu n'as pas encore
abandonnée, sinon le changement de direction n'aurait pas été
nécessaire. Certains demeurent très longtemps sur cette étape,
et le conflit est ressenti très intensément. Il se peut qu'à ce
stade ils essaient d'accepter le conflit plutôt que de passer à
l'étape suivante menant à sa résolution. Toutefois, ayant fait le
premier pas, ils recevront de l'aide. Une fois qu'ils ont choisi ce
qu'ils ne peuvent compléter seuls, ils ne sont plus seuls.
B. Pour avoir la paix, enseigne la paix pour l'apprendre
Tous ceux qui croient en la séparation ont une peur fondamentale
de la riposte et de l'abandon. Ils croient en l'attaque et
le rejet; ainsi c'est ce qu'ils perçoivent, enseignent et apprennent.
Il est clair que ces idées insanes résultent de la dissociation et de
la projection. Ce que tu enseignes, c'est ce que tu es, mais il est
très apparent que tu peux enseigner faussement et que tu peux
donc t'enseigner ce qui est faux. Beaucoup ont pensé que je les
attaquais, même s'il était apparent que je ne le faisais pas. Un
apprenant insane apprend d'étranges leçons. Ce que tu dois
reconnaître, c'est qu'en ne partageant pas un système de pensée,
tu l'affaiblis. Par conséquent, ceux qui y croient perçoivent cela
comme une attaque dirigée contre eux. C'est que chacun s'identifie
avec son système de pensée, et chaque système de pensée est
centré sur ce que tu crois être. Si le centre du système de pensée
est vrai, seule la vérité s'étend à partir de l u i . Mais si un
mensonge est en son centre, seule la tromperie en procède.
Tous les bons enseignants se rendent compte que seul un
changement fondamental durera, mais ils ne commencent pas à
ce niveau. Renforcer la motivation pour le changement est leur
but premier. C'est aussi leur but ultime. Tout ce qu'un enseignant
a besoin de faire pour garantir un changement, c'est d'accroître
chez l'apprenant la motivation pour le changement. Un
changement de motivation est un changement d'esprit, et il est
inévitable que cela produise un changement fondamental parce
que l'esprit est fondamental.
La première étape dans le processus de renversement ou de
défaire est le défaire du concept d'obtention. Conséquemment,
la première leçon du Saint-Esprit était : « Pour avoir, donne tout
à tous. » J'ai dit que cela était susceptible d'accroître le conflit
temporairement, et nous pouvons maintenant clarifier cela davantage.
À ce stade, l'égalité entre avoir et être n'est pas encore
perçue. Jusqu'à ce qu'elle le soit, il semblera qu'avoir est l'opposé
de donner. Par conséquent, la première leçon semble contenir une
contradiction, puisque l'esprit qui l'apprend est en conflit. Cela
signifie qu'il y a conflit de motivations, et la leçon ne peut donc
pas encore être apprise de façon cohérente. De plus, l'esprit de
l'apprenant projette son propre conflit et ne perçoit ainsi aucune
cohérence dans l'esprit des autres, ce qui lui rend suspectes leurs
motivations. Voilà réellement pourquoi, à maints égards, la première
leçon est la plus difficile à apprendre. Encore très conscient
de l'ego en toi, et répondant principalement à l'ego en l'autre,
voilà qu'il t'est enseigné à réagir aux deux comme si ce que tu
crois n'était pas vrai.
Sens dessus dessous comme toujours, l'ego perçoit la première
leçon comme étant insane. En fait, il n'a pas le choix puisque l'alternative,
qui lui serait encore moins acceptable, serait évidemment
qu'il est insane. Le jugement de l'ego, ici comme toujours,
est prédéterminé par ce qu'il est. Le changement fondamental
se produira quand même avec le changement d'esprit du penseur.
Entre-temps, la Voix du Saint-Esprit se faisant de plus en plus
claire, il devient impossible à l'apprenant de ne pas écouter. Pour
un temps, donc, il reçoit et accepte des messages conflictuels.
D'évidence, la voie qui mène hors du conflit entre deux systèmes
de pensée opposés, c'est d'en choisir un et de renoncer à
l'autre. Si tu t'identifies à ton système de pensée, et tu ne peux
pas y échapper, et si tu acceptes deux systèmes de pensée qui
sont en désaccord complet, la paix de l'esprit est impossible. Si tu
enseignes les deux, ce que tu feras sûrement aussi longtemps que
tu acceptes les deux, tu enseignes le conflit et tu l'apprends. Or
ce que tu veux, c'est la paix, sinon tu n'aurais pas appelé à ton
aide la Voix pour la paix. Sa leçon n'est pas insane; le conflit l'est.
Il ne peut pas y avoir conflit entre santé d'esprit et insanité.
Une seule est vraie, donc une seule est réelle. L'ego tente de te
persuader que c'est à toi de décider quelle voix est vraie, mais le
Saint-Esprit t'enseigne que la vérité fut créée par Dieu, et que ta
décision ne peut la changer. Lorsque tu commences à te rendre
compte du pouvoir tranquille de la Voix du Saint-Esprit, et de Sa
parfaite constance, il doit aussi commencer à se faire jour dans ton
esprit que tu essaies de défaire une décision qui fut prise pour toi
irrévocablement. Voilà pourquoi j'ai suggéré plus tôt que tu te rappelles
de laisser le Saint-Esprit décider de choisir Dieu pour toi.
Il ne t'est pas demandé de prendre des décisions insanes, quoi
que tu puisses le penser. Toutefois, cela doit être insane de
croire que c'est à toi de décider quelles sont les créations de Dieu.
Le Saint-Esprit perçoit le conflit exactement tel qu'il est. Par
conséquent, Sa seconde leçon est :
Pour avoir la paix, enseigne la paix pour l'apprendre.
Ceci est encore une étape préliminaire, puisqu'avoir et être ne
sont toujours pas assimilés l'un à l'autre. Toutefois, elle est plus
avancée que la première étape, qui n'est réellement que le début
du renversement de la pensée. La seconde étape est une affirmation
positive de ce que tu veux. C'est donc un pas dans la direction
qui mène hors du conflit, puisque cela signifie que les alternatives
ont été considérées et que l'une d'elles a été choisie comme
étant plus désirable. Néanmoins, l'expression « plus désirable »
implique encore qu'il y a des degrés de désirabilité. Par conséquent,
bien que cette étape soit essentielle pour arriver à l'ultime
décision, il est clair que ce n'est pas la dernière. L'absence d'un
ordre de difficulté dans les miracles n'a pas encore été acceptée,
parce que rien n'est difficile qui est entièrement désiré. Désirer
entièrement, c'est créer, et créer ne peut pas être difficile si Dieu
Lui-même t'a créé créateur.
La seconde étape, donc, bien qu'elle constitue un pas de géant
vers la perception unifiée qui reflète la connaissance de Dieu, est
encore une étape perceptuelle. En faisant ce pas et en gardant
cette direction, tu te fraies un chemin vers le centre de ton système
de pensée, où se produira le changement fondamental. À la
deuxième étape, le progrès est intermittent, mais la deuxième
étape est plus facile que la première parce qu'elle suit. De se
rendre compte qu'elle doit suivre démontre une conscience de
plus en plus grande que le Saint-Esprit te conduira.
C. Ne sois vigilant que pour Dieu et Son Royaume
Nous avons dit plus tôt que le Saint-Esprit évalue et qu'il doit
le faire. Il fait le tri du vrai et du faux dans ton esprit, et Il t'enseigne
à juger chaque pensée à laquelle tu permets d'entrer à la
lumière de ce que Dieu y a mis. Tout ce qui s'accorde avec cette
lumière, Il le retient, pour renforcer le Royaume en toi. Ce qui
s'accorde partiellement avec elle, Il l'accepte et le purifie. Mais
ce qui est en total désaccord avec elle, Il le juge et le rejette. C'est
ainsi qu'il garde le Royaume parfaitement cohérent et parfaitement
unifié. Rappelle-toi, toutefois, que ce que le Saint-Esprit
rejette, l'ego l'accepte. C'est parce qu'ils sont en désaccord fondamental
sur tout, puisqu'ils sont en désaccord fondamental
sur ce que tu es. Sur cette question cruciale, les croyances de
l'ego varient, et c'est pourquoi il favorise différentes humeurs.
Le Saint-Esprit ne varie jamais sur ce point; par conséquent, la
seule humeur qu'il engendre est la j o i e . Il la protège en rejetant
tout ce qui ne favorise pas la joie, et Il est donc le seul à pouvoir
te garder entièrement joyeux.
Le Saint-Esprit ne t'enseigne pas à juger autrui, parce qu'il ne
veut pas que tu enseignes l'erreur ni l'apprennes toi-même. Il ne
serait guère constant s'Il te permettait de renforcer ce que tu dois
apprendre à éviter. Dans l'esprit du penseur, donc, Il juge, mais
dans le seul but d'unifier l'esprit afin qu'il puisse percevoir sans
jugement. Cela permet à l'esprit d'enseigner sans jugement et
donc d'apprendre à être sans jugement. Le d&eacut
Un cours en miracles- Chapitre 5- Guérison et entièreté
15/02/2010 16:52 par amouretpaixdanslescoeurs
toi.
Chapitre 5
GUÉRISON ET ENTIÈRETÉ
Introduction
Guérir, c'est rendre heureux. Je t'ai dit de penser au nombre
d'occasions que tu as Elles de te réjouir, et au nombre de celles
que tu as refusées. Ce qui revient à dire que tu as refusé de te
guérir. La lumière qui t'appartient, c'est la lumière de la joie. Le
rayonnement n'est pas associé au chagrin. La joie appelle un
désir intégrant de la partager et favorise l'impulsion naturelle de
l'esprit à répondre en ne faisant qu'un. Ceux qui essaient de guérir
sans être eux-mêmes entièrement joyeux appellent en même
temps toutes sortes de réponses, privant ainsi les autres de la joie
de répondre de tout coeur.
Pour être de tout coeur, tu dois être heureux. Si la peur et
l'amour ne peuvent coexister, et s'il est impossible d'être entièrement
apeuré et de rester vivant, le seul état entier possible est
celui de l'amour. Il n'y a pas de différence entre l'amour et la joie.
Par conséquent, le seul état entier possible est l'état entièrement
joyeux. Guérir ou rendre joyeux, c'est donc la même chose qu'intégrer
ou rendre un. C'est pourquoi peu importe à quelle partie
ou par quelle partie de la Filialité la guérison est offerte. Chaque
partie en bénéficie et en bénéficie également.
Tu es béni par chaque pensée bienfaisante de n'importe lequel
de tes frères où qu'il soit. Tu devrais vouloir les bénir en retour,
par gratitude. Tu n'as pas besoin de les connaître individuellement,
ni eux de te connaître. La lumière est si forte qu'elle rayonne de
par la Filialité, rendant grâce au Père de faire rayonner Sa joie
sur elle. Seuls les saints enfants de Dieu sont des canaux dignes
de Sa belle joie, parce qu'eux seuls sont assez beaux pour la garder
en la partageant. Il est impossible pour un enfant de Dieu d'aimer
son prochain, sauf comme lui-même. C'est pourquoi la prière du
guérisseur est :
Que je connaisse ce frère comme je me connais moi-même.
I. L'invitation au Saint-Esprit
La guérison est une pensée par laquelle deux esprits perçoivent
leur unité et deviennent joyeux. Cette joie appelle chaque
partie de la Filialité à se réjouir avec eux et laisse Dieu passer en
eux et à travers eux. Seul l'esprit guéri peut faire l'expérience de
la révélation avec un effet durable, parce que la révélation est
une expérience de pure joie. Si tu ne choisis pas d'être entièrement
joyeux, ton esprit ne peut pas avoir ce qu'il ne choisit pas
d'être. Souviens-toi que le pur-esprit ne fait aucune différence
entre avoir et être. La partie supérieure de l'esprit pense selon les
lois auxquelles obéit le pur-esprit; par conséquent, elle honore
uniquement les lois de Dieu. Tour le pur-esprit, obtenir est
in-signifiant et donner est tout. Ayant tout, le pur-esprit garde
tout en le donnant; ainsi il crée comme le Père a créé. Bien que
cette façon de penser soit totalement étrangère à avoir des
choses, même pour la partie inférieure de l'esprit elle est tout
à fait compréhensible en relation avec les idées. Si tu partages
un bien matériel, tu en partages la propriété. Si tu partages une
idée, toutefois, tu ne la diminues p a s . Elle est encore toute à toi
bien qu'elle ait toute été d o n n é e . De plus, si celui à qui tu la
donnes l'accepte pour sienne, il la renforce dans ton esprit et ainsi
l'augmente. Si tu peux accepter le concept que le monde est un
monde d'idées, alors toute la croyance en la fausse association que
fait l'ego entre donner et perdre disparaît.
Commençons notre processus de réveil par ces quelques
simples concepts :
Les pensées augmentent en étant données.
Plus nombreux ceux qui croient en elles, plus elles prennent
de la force.
Tout est une idée.
Comment, donc, donner et perdre peuvent-ils être associés ?
Voilà l'invitation au Saint-Esprit. J'ai déjà dit que je pouvais
m'élever et faire descendre le Saint-Esprit jusqu'à toi, mais je ne
peux le faire venir que sur ta propre invitation. Le Saint-Esprit
est dans ton esprit juste, comme Il était dans le mien. La Bible
dit : «Ayez en vous le même esprit qui était en Jésus-Christ»,
et elle l'utilise comme une bénédiction. C'est la bénédiction de
l'esprit de miracle. Elle te demande de penser comme je pensais,
et de te joindre à moi dans la pensée du Christ.
Le Saint-Esprit est la seule partie de la Sainte Trinité qui ait une
fonction symbolique. On L'appelle le Guérisseur, le Consolateur
et le Guide. Il est aussi décrit comme quelque chose de « séparé
», à part du Père et du Fils. J'ai dit moi-même : «Si je m'en
vais, je vous enverrai un autre Consolateur, afin qu'il demeure
avec vous. » Sa fonction symbolique rend le Saint-Esprit difficile
à comprendre, parce que le symbolisme prête à différentes interprétations.
Comme homme et aussi comme une des créations de
Dieu, ma justesse de pensée, qui venait du Saint-Esprit ou de
l'Inspiration universelle, m'a appris d'abord et avant tout que
cette Inspiration est pour tous. Je ne pourrais pas L'avoir moimême
sans connaître cela. « Connaître » est le mot propre dans
ce contexte, parce que le Saint-Esprit est si proche de la connaissance
qu'il l'appelle; ou mieux, qu'il lui permet de venir. J'ai
parlé plus tôt de la perception supérieure, ou «vraie», qui est si
proche de la vérité que Dieu Lui-même peut franchir le mince
fossé. La connaissance est toujours prête à s'étendre partout,
mais elle ne peut pas s'opposer. Par conséquent, tu peux lui faire
obstacle, quoique tu ne puisses jamais la perdre.
Le Saint-Esprit est l'Esprit du Christ qui est conscient de la
connaissance qui se trouve au-delà de la perception. Il a reçu l'être
avec la séparation, comme protection, inspirant en même temps
le principe de l'Expiation. Avant cela il n'y avait pas besoin de
guérison, car nul n'était inconsolé. La Voix du Saint-Esprit est
l'Appel à l'Expiation, ou à la restauration de l'intégrité de l'esprit.
L'Expiation étant complétée et la Filialité tout entière guérie, il
n'y aura plus d'Appel au retour. Mais ce que Dieu crée est éternel.
Le Saint-Esprit restera avec les Fils de Dieu, pour bénir leurs
créations et les garder dans la lumière de la joie.
Dieu a honoré même les malcréations de Ses enfants, parce
qu'ils les avaient faites. Mais Il a aussi béni Ses enfants en les dotant
d'une façon de penser capable d'élever leurs perceptions si haut
qu'ils pourraient presque remonter jusqu'à Lui. Le Saint-Esprit
est l'Esprit de l'Expiation. Il représente un état d'esprit suffisamment
proche de l'Unité d'esprit pour qu'un transfert vers elle soit
enfin possible. La perception n'est pas la connaissance, mais elle
peut être transférée à la connaissance, ou passer en elle. Peut-être
même cela aiderait-il plus ici d'utiliser transférée dans le sens littéral
de «trans-portée», puisque le dernier pas est fait par Dieu.
Le Saint-Esprit, l'Inspiration partagée de toute la Filialité, induit
une sorte de perception dont plusieurs éléments sont pareils à
ceux dans le Royaume même des Cieux :
Premièrement, son universalité est parfaitement claire, et nul
qui l'atteint ne pourrait croire un seul instant que de la partager
comporte quoi que ce soit d'autre qu'un gain.
Deuxièmement, elle est incapable d'attaquer et elle est donc
véritablement ouverte. Cela signifie que, bien qu'elle n'engendre
pas la connaissance, elle ne lui fait pas du tout obstacle.
Finalement, elle indique la voie au-delà de la guérison qu'elle
apporte, et elle conduit l'esprit au-delà de sa propre intégration
vers les sentiers de la création. C'est à ce point que s'opère un
changement quantitatif suffisant pour produire un réel changement
qualitatif.
II La Voix pour Dieu
Guérir n'est pas créer; c'est réparer. Le Saint-Esprit favorise
la guérison en regardant par-delà vers ce qu'étaient les enfants
de Dieu avant qu'il y ait besoin de guérison, et ce qu'ils seront une
fois guéris. Cette altération du déroulement temporel devrait être
assez familière, parce qu'elle ressemble beaucoup au changement
dans la perception du temps que le miracle introduit. Le Saint-
Esprit est la motivation de l'esprit de miracle; la décision de guérir
la séparation en en lâchant prise. Ta volonté est encore en toi
parce que Dieu l'a placée dans ton esprit; et bien que tu puisses
la garder endormie, tu ne peux pas l'oblitérer. Dieu Lui-même
garde ta volonté vivante en la transmettant de Son Esprit au tien
aussi longtemps qu'il y a le temps. Le miracle lui-même est un
reflet de cette union de Volonté entre Père et Fils.
Le Saint-Esprit est le pur esprit de la joie. Il est l'Appel au retour
dont Dieu a béni l'esprit de Ses Fils séparés. Cela est la vocation
de l'esprit. L'esprit n'avait pas d'appel jusqu'à la séparation,
parce qu'avant cela il n'avait que l'être, et il n'aurait pas compris
l'Appel à la justesse de pensée. Le Saint-Esprit est la Réponse de
Dieu à la séparation; le moyen par lequel l'Expiation guérit jusqu'à
ce que l'esprit entier retourne créer.
Le principe de l'Expiation et la séparation ont commencé en
même temps. Quand l'ego a été fait, Dieu a placé dans l'esprit
l'Appel à la joie. Cet Appel est si fort que l'ego se dissout toujours
quand Il résonne. C'est pourquoi tu dois choisir d'entendre
l'une des deux voix en toi. L'une, tu l'as faite toi-même, et cellelà
n'est pas de Dieu. Mais l'autre t'est donnée par Dieu, Qui te
demande seulement de l'écouter. Le Saint-Esprit est en toi, dans
un sens très littéral. C'est Sa Voix qui t'appelle à revenir là où tu
étais auparavant et seras de nouveau. Il est possible même en ce
monde de n'entendre que cette Voix et aucune autre. Cela demande
un effort et un grand désir d'apprendre. C'est la dernière
leçon que j'ai apprise, et les Fils de Dieu sont aussi égaux comme
apprenants qu'ils le sont comme Fils.
Tu es le Royaume des Cieux, mais tu as laissé la croyance dans les
ténèbres entrer dans ton esprit, et tu as donc besoin d'une nouvelle
lumière. Le Saint-Esprit est le rayonnement que tu dois laisser
bannir l'idée de ténèbres. À Lui est la gloire devant laquelle
la dissociation disparaît, et le Royaume des Cieux s'ouvre à luimême.
Avant la séparation, tu n'avais pas besoin d'être guidé. Tu
connaissais comme tu connaîtras de nouveau, mais comme maintenant
tu ne connais pas.
Dieu ne guide pas, parce qu'il ne peut partager que la connaissance
parfaite. Guider, c'est évaluer, parce que cela implique
qu'il y a une voie juste et une voie fausse, l'une à choisir et l'autre
à éviter. En choisissant l'une, tu abandonnes l'autre. Choisir le
Saint-Esprit, c'est choisir Dieu. Dieu n'est pas en toi au sens littéral;
c'est toi qui fais partie de Lui. Quand tu as choisi de Le
quitter, Il t'a donné une Voix qui parlerait pour Lui parce qu'il ne
pouvait plus partager Sa connaissance avec toi sans entrave. La
communication directe était rompue parce que tu avais fait une
autre voix.
Le Saint-Esprit t'appelle à la fois à te souvenir et à oublier. Tu
as choisi d'être dans un état d'opposition où les opposés sont possibles.
Le résultat, c'est que tu dois faire des choix. Dans l'état
de sainteté la volonté est libre, de sorte que sa puissance créatrice
est illimitée et choisir est in-signifiant. La liberté de choisir est
le même pouvoir que la liberté de créer, mais l'application en est
différente. Choisir dépend d'un esprit divisé. Le Saint-Esprit
représente l'un des choix. Dieu n'a pas laissé Ses enfants inconsolés,
même s'ils ont choisi de Le quitter. La voix qu'ils ont mise
dans leur esprit n'était pas la Voix pour Sa Volonté, pour laquelle
parle le Saint-Esprit.
La Voix du Saint-Esprit ne commande pas, parce qu'Elle est
incapable d'arrogance. Elle n'exige pas, parce qu'Elle ne cherche
pas à contrôler. Elle ne vainc pas, parce qu'Elle n'attaque pas.
Elle ne fait que rappeler. Elle est irrésistible uniquement à
cause de ce qu'Elle te rappelle. Elle rappelle à ton esprit l'autre
voie, toujours quiète même parmi le tumulte que tu peux faire.
La Voix pour Dieu est toujours quiète, parce qu'Elle parle de paix.
La paix est plus forte que la guerre parce qu'elle guérit. La
guerre est division et non augmentation. Personne ne gagne à
la d i s s e n s i o n . Que servirait-il à l'homme de gagner tout le
monde, s'il perdait son âme ? Si tu écoutes la voix fausse, tu as
perdu ton âme de vue. Tu ne peux pas la perdre, mais tu peux ne
pas la connaître. Elle est donc « perdue » pour toi jusqu'à ce que
tu fasses le choix juste.
Le Saint-Esprit est ton Guide pour choisir. Il est dans la partie
de ton esprit qui parle toujours pour le choix juste, parce qu'il
parle pour Dieu. Il est ta communication restante avec Dieu, que
tu peux interrompre mais point détruire. Le Saint-Esprit est la
voie par laquelle la Volonté de Dieu est faite sur la terre comme
au Ciel. Et le Ciel et la terre sont en toi, parce que tous deux ont
leur appel dans ton esprit. La Voix pour Dieu vient de tes propres
autels à Lui. Ces autels ne sont pas des choses : ce sont des
dévotions. Or tu as maintenant d'autres dévotions. Ta dévotion
divisée t'a donné les deux voix, et tu dois choisir l'autel où tu veux
servir. L'appel auquel tu réponds maintenant est une évaluation
parce que c'est une décision. La décision est très s i m p l e . Tu
choisis celui des deux appels qui a le plus de valeur pour toi.
Mon esprit sera toujours pareil au tien, parce que nous avons
été créés égaux. C'est ma seule décision qui m'a donné tout pouvoir
dans le Ciel et sur la terre. Mon seul don pour toi est de t'aider
à prendre la même décision. Cette décision, c'est le choix de
la partager, parce que la décision même est la décision de partager.
Elle est prise en donnant, et c'est donc le seul choix qui ressemble
à la véritable création. Je suis ton modèle de décision. En
décidant de choisir Dieu, je t'ai montré que cette décision peut
être prise, et que tu peux la prendre.
Je t'ai assuré que l'Esprit qui a décidé pour moi est aussi en toi,
et que tu peux le laisser te changer comme il m'a changé. Cet
Esprit est sans équivoque, parce qu'il n'entend qu'une seule
Voix et ne répond que d'une seule façon. Tu es la lumière du
monde avec moi. Le repos ne vient pas du sommeil mais de
l'éveil. Le Saint-Esprit est l'Appel à s'éveiller et à se réjouir. Le
monde est très fatigué, parce qu'il est l'idée de lassitude. Nous
avons la joyeuse tâche de l'éveiller à l'Appel pour Dieu. Chacun
répondra à l'Appel du Saint-Esprit, sinon la Filialité ne peut pas
être une. Quelle meilleure vocation pourrait-il y avoir pour
n'importe quelle partie du Royaume que de le ramener à la parfaite
intégration qui peut le rendre entier? N'entends que cela
par le Saint-Esprit en toi, et enseigne à tes frères à écouter
comme je t'enseigne.
Quand tu es tenté par la voix fausse, fais appel à moi pour te
rappeler comment guérir en partageant ma décision et en la renforçant.
Comme nous partageons ce but, nous augmentons son
pouvoir d'attirer la Filialité tout entière, et de la ramener à l'unité
dans laquelle elle fut créée. Rappelle-toi que «joug» signifie
«joindre» et que «fardeau» signifie «message». Reformulons
: « Mon joug est doux, et mon fardeau léger », de cette façon :
«Joignons-nous les uns aux autres, car mon message est lumière.»
Je t'ai enjoint de te conduire comme je me suis conduit, mais
pour cela il faut que nous répondions au même Esprit. Cet Esprit
est le Saint-Esprit, Dont la Volonté est pour Dieu toujours. Il
t'enseigne comment me garder comme modèle de ta pensée, avec
pour résultat que tu te conduis comme moi. Le pouvoir de ta
motivation jointe à la mienne est au-delà de la croyance, mais point
au-delà de l'accomplissement. Ce que nous pouvons accomplir
ensemble n'a pas de limites, parce que l'Appel pour Dieu est l'appel
à l'illimité. enfant de Dieu, mon message est pour toi, pour
que tu l'entendes et le donnes en répondant au Saint-Esprit en toi.
III. Le Guide vers le salut
La façon de reconnaître ton frère est de reconnaître le Saint-
Esprit en lui. J'ai déjà dit que le Saint-Esprit est le Pont pour le
transfert de la perception à la connaissance, de sorte que nous
pouvons utiliser ces termes comme s'ils étaient reliés, parce
qu'ils le sont dans Son Esprit. Cette relation doit être dans Son
Esprit parce que, si elle ne l'était pas, la séparation entre les deux
façons de penser ne serait pas susceptible de guérison. Il fait
partie de la Sainte Trinité, parce que Son Esprit est en partie le
tien et en partie aussi Celui de Dieu. Cela demande clarification,
non dans les termes mais dans l'expérience.
Le Saint-Esprit est l'idée de guérison. Étant pensée, l'idée
gagne à être partagée. Étant l'Appel pour Dieu, c'est aussi l'idée
de Dieu. Puisque tu fais partie de Dieu, c'est aussi l'idée de toimême,
ainsi que de toutes Ses créations. L'idée du Saint-Esprit a
les mêmes propriétés que les autres idées parce qu'elle obéit aux
lois de l'univers dont elle fait partie. Elle est renforcée en étant
donnée. Elle augmente en toi quand tu la donnes à ton frère. Ton
frère n'a pas à être conscient du Saint-Esprit en lui-même ou en
toi pour que ce miracle se produise. Peut-être comme toi a-t-il
dissocié l'Appel pour Dieu. Cette dissociation est guérie en vous
deux quand tu prends conscience de l'Appel pour Dieu en lui, et
reconnais ainsi Son être.
Il y a deux façons diamétralement opposées de voir ton frère.
Les deux doivent être dans ton esprit parce que tu es celui qui
perçoit. Elles doivent aussi être dans le sien parce que c'est lui
que tu perçois. Vois-le par le Saint-Esprit dans son esprit, et tu
Le reconnaîtras dans le tien. Ce que tu reconnais en ton frère, tu
le reconnais en toi; et ce que tu partages, tu le renforces.
La Voix du Saint-Esprit est faible en toi. C'est pourquoi tu dois
La partager. Sa force doit d'abord être augmentée avant que tu
puisses L'entendre. Il est impossible de L'entendre en toi-même
tant qu'Elle est si faible dans ton esprit. Elle n'est pas faible en
Elle-même, mais Elle est limitée par ton indésir de L'entendre. Si
tu fais l'erreur de chercher le Saint-Esprit en toi seul, tes pensées
t'effraieront parce que, en adoptant le point de vue de l'ego, tu entreprends
un voyage qui est étranger à l'ego avec l'ego comme
guide. Cela ne peut pas manquer de produire la peur.
Les retards sont de l'ego, parce que le temps est son concept.
Ni le temps ni les retards n'ont de signification dans l'éternité.
J'ai dit plus tôt que le Saint-Esprit était la Réponse de Dieu à l'ego.
Tout ce que le Saint-Esprit te rappelle est en opposition directe
avec les notions de l'ego, parce que les perceptions vraies et fausses
sont elles-mêmes opposées. Le Saint-Esprit a pour tâche de défaire
ce que l'ego a fait. Il le défait au niveau même où opère l'ego, sinon
l'esprit serait incapable de comprendre le changement.
J'ai souligné à maintes reprises qu'un niveau de l'esprit n'est
pas compréhensible à un autre. Il en va ainsi de l'ego et du Saint-
Esprit; du temps et de l'éternité. L'éternité est une idée de Dieu,
ainsi le Saint-Esprit la comprend-Il parfaitement. Le temps est
une croyance de l'ego, ainsi la partie inférieure de l'esprit, qui est
le domaine de l'ego, l'accepte-t-elle sans poser de questions. Le
seul aspect du temps qui soit éternel est maintenant.
Le Saint-Esprit est le Médiateur entre les interprétations de
l'ego et la connaissance du pur-esprit. Son aptitude à user des
symboles Lui permet de travailler avec les croyances de l'ego dans
son propre langage. Son aptitude à regarder au-delà des symboles
jusque dans l'éternité Lui permet de comprendre les lois de
Dieu, pour lesquelles Il parle. Il peut donc accomplir la fonction
qui consiste à réinterpréter ce que l'ego fait, non pas en détruisant
mais en comprenant. La compréhension est lumière, et la lumière
conduit à la connaissance. Le Saint-Esprit est en lumière parce
qu'il est en toi qui es lumière, mais toi tu ne connais pas cela. C'est
donc la tâche du Saint-Esprit de te réinterpréter au nom de Dieu.
Tu ne peux pas te comprendre seul. C'est que tu ne signifies
rien à part de ta juste place dans la Filialité, et la juste place de la
Filialité est Dieu. C'est cela ta vie, ton éternité et ton Soi. C'est
cela que le Saint-Esprit te rappelle. C'est cela que le Saint-Esprit
voit. Cette vision effraie l'ego parce qu'elle est si calme. La paix
est le plus grand ennemi de l'ego parce que, selon son interprétation
de la réalité, la guerre est la garantie de sa survie. L'ego
devient fort dans la dissension. Si tu crois qu'il y a dissension, tu
réagiras avec méchanceté, parce que l'idée de danger est entrée
dans ton esprit. L'idée elle-même est un appel à l'ego. Le Saint-
Esprit est aussi vigilant que l'ego face à l'appel du danger, lui
opposant Sa Force tout comme l'ego lui fait accueil. Pour aller
à l'encontre de cet accueil, le Saint-Esprit accueille la paix. L'éternité
et la paix sont aussi étroitement reliées que le sont le temps
et la guerre.
La perception tire une signification des relations. Celles que
tu acceptes sont les fondements de tes croyances. La séparation
n'est qu'un autre terme pour un esprit divisé. L'ego est le symbole
de la séparation, tout comme le Saint-Esprit est le symbole
de la paix. Ce que tu perçois en autrui, tu le renforces en toimême.
Tu peux laisser ton esprit malpercevoir, mais le Saint-
Esprit laisse ton esprit réinterpréter ses propres malperceptions.
Le Saint-Esprit est le parfait Enseignant. Il utilise seulement
ce que ton esprit comprend déjà pour t'enseigner que tu ne le comprends
pas. Le Saint-Esprit sait s'y prendre avec un apprenant
récalcitrant sans aller à l'encontre de son esprit, parce qu'une partie
de celui-ci est encore pour Dieu. En dépit des tentatives de
l'ego pour la dissimuler, cette partie est encore beaucoup plus
forte que l'ego, même si l'ego ne la reconnaît pas. Le Saint-Esprit
la reconnaît parfaitement parce qu'elle est Sa Propre demeure;
le lieu dans l'esprit où Il est chez Lui. Toi aussi, tu es là chez toi,
parce que c'est un lieu de paix, et la paix est de Dieu. Toi qui fais
partie de Dieu, tu n'es pas chez toi, sauf dans Sa paix. Si la paix
est éternelle, tu n'es chez toi que dans l'éternité.
L'ego a fait le monde comme il le perçoit, mais le Saint-Esprit,
Qui réinterprète ce que l'ego a fait, voit le monde comme un
mécanisme d'enseignement pour te ramener chez toi. Le Saint-
Esprit doit percevoir le temps, et le réinterpréter en l'intemporel.
Il doit travailler avec des opposés, parce qu'il doit travailler avec
et pour un esprit qui est en opposition. Corrige et apprends, et
sois ouvert à l'apprentissage. Tu n'as pas fait la vérité, mais la
vérité peut encore te rendre libre. Regarde comme le Saint-Esprit
regarde; comprends comme Il comprend. Sa compréhension se
retourne vers Dieu en mémoire de moi. Il est toujours en communion
avec Dieu, et Il fait partie de toi. Il est ton Guide vers le
salut, parce qu'il tient la mémoire des choses passées et à venir,
et les amène au présent. Il tient doucement cette joie dans ton
esprit, te demandant seulement de l'augmenter en Son Nom, en
la partageant afin d'augmenter Sa joie en toi.
IV. Enseigner et guérir
Ce que la peur a caché fait encore partie de toi. Se joindre à
l'Expiation est la voie qui mène hors de la peur. Le Saint-Esprit
t'aidera à réinterpréter tout ce que tu perçois comme apeurant,
et Il t'enseignera que seul est vrai ce qui est aimant. La vérité est
au-delà de ton aptitude à détruire, mais elle est entièrement à la
portée de ton aptitude à accepter. Elle t'appartient parce que,
étant une extension de Dieu, tu l'as créée avec Lui. Elle est à toi
parce qu'elle fait partie de toi, tout comme tu fais partie de Dieu
parce qu'il t'a créé. Rien de ce qui est bon ne peut être perdu
parce que cela vient du Saint-Esprit, la Voix pour la création. Rien
de ce qui n'est pas bon ne fut jamais créé et ne peut donc être
protégé. L'Expiation est la garantie de la sécurité du Royaume, et
l'union de la Filialité est sa protection. L'ego ne saurait prévaloir
contre le Royaume parce que la Filialité est u n i e . En présence
de ceux qui entendent l'Appel du Saint-Esprit à n'être qu'un,
l'ego s'évanouit et est défait.
Ce que l'ego fait, il le garde pour lui; ainsi il est sans force. Son
existence n'est pas partagée. Il ne meurt pas; il n'est simplement
jamais né. La naissance physique n'est pas un commencement,
c'est une continuation. Tout ce qui continue est déjà né. Cela
augmente quand tu es désireux de rendre la partie de ton esprit
qui n'est pas guérie à la partie supérieure, le rendant indivisé à
la création. Je suis venu pour te donner le fondement, afin que
tes propres pensées puissent te rendre vraiment libre. Tu as porté
le fardeau d'idées non partagées qui sont trop faibles pour augmenter,
mais les ayant faites tu ne savais pas comment les défaire.
Tu ne peux pas annuler seul tes erreurs passées. Elles ne disparaîtront
pas de ton esprit sans l'Expiation, un remède que tu
n'as pas fait. L'Expiation doit être comprise comme un pur acte
de p a r t a g e . C'est ce que je voulais dire lorsque j'ai dit qu'il est
possible même dans ce monde d'écouter une seule Voix. Si tu
fais partie de Dieu et que la Filialité est une, tu ne peux pas être
limité au soi que voit l'ego.
Toute pensée aimante tenue dans n'importe quelle partie de la
Filialité appartient à chaque partie. Elle est partagée parce qu'elle
est aimante. Partager, c'est la façon dont Dieu crée, qui est aussi
la tienne. L'ego peut te garder en exil hors du Royaume, mais
dans le Royaume même il n'a aucun pouvoir. Les idées du puresprit
ne quittent pas l'esprit qui les pense, pas plus qu'elles ne
peuvent être en conflit les unes avec les autres. Toutefois, les
idées de l'ego peuvent être en conflit parce qu'elles surviennent
à différents niveaux et incluent aussi des pensées opposées à un
même niveau. Il est impossible de partager des pensées qui s'opposent
les unes aux autres. Tu ne peux partager que les pensées qui
sont de Dieu et qu'A garde pour toi. Or en cela consiste le Royaume
des Cieux. Les autres restent avec toi jusqu'à ce que le Saint-
Esprit les ait réinterprétées à la lumière du Royaume, les rendant,
elles aussi, dignes d'être partagées. Lorsqu'elles ont été suffisamment
purifiées, Il te laisse les d o n n e r . C'est la décision de les
partager qui est leur purification.
J'ai entendu une seule Voix parce que j'ai compris que je ne
pouvais pas expier pour moi seul. Écouter une seule Voix implique
la décision de La partager afin de L'entendre soi-même.
L'Esprit qui était en moi est encore irrésistiblement attiré vers
chaque esprit que Dieu a créé, parce que l'Entièreté de Dieu est
l'Entièreté de Son Fils. Tu ne peux pas être blessé, et à ton frère
tu ne veux rien montrer, sauf ton entièreté. Montre-lui qu'il ne
peut pas te blesser, et ne lui fais aucun reproche, sinon c'est à toimême
que tu le fais. C'est ce que signifie «présenter l'autre joue».
L'enseignement se fait de plusieurs façons, par-dessus tout en
donnant l'exemple. L'enseignement devrait être guérison, parce
que c'est un partage d'idées, et c'est la re-connaissance du fait
que partager des idées, c'est les renforcer. Je ne peux pas oublier
mon besoin d'enseigner ce que j'ai appris, qui a surgi en moi parce
que je l'ai appris. Je fais appel à toi pour enseigner ce que tu as
appris, parce qu'en le faisant tu pourras t'y fier. Rends-le fiable
en mon nom parce que mon nom est le Nom du Fils de Dieu. Ce
que j'ai appris, je te le donne librement, et l'Esprit qui était en moi
se réjouit quand tu choisis de l'entendre.
C'est en défaisant que le Saint-Esprit expie en nous tous, et
ainsi lève le fardeau que tu as placé dans ton esprit. En Le suivant,
tu es reconduit vers Dieu où est ta place; or comment peuxtu
trouver le chemin, sauf en emmenant ton frère avec toi ? Mon
rôle dans l'Expiation n'est pas complet tant que tu ne t'y es pas
joint et ne l'as pas donnée. Comme tu enseignes, ainsi tu apprendras.
Jamais je ne te délaisserai ni ne t'abandonnerai, parce
qu'en t'abandonnant je m'abandonnerais moi-même et j'abandonnerais
Dieu Qui m'a créé. Tu t'abandonnes toi-même et tu
abandonnes Dieu si tu abandonnes n'importe lequel de tes frères.
Tu dois apprendre à les voir tels qu'ils sont, et comprendre qu'ils
appartiennent à Dieu comme toi. Comment pourrais-tu mieux
traiter ton frère qu'en rendant à Dieu ce qui est à Dieu?
L'Expiation te donne le pouvoir d'un esprit guéri, mais le pouvoir
de créer est de Dieu. Par conséquent, ceux qui ont été pardonnés
doivent se dévouer d'abord à la guérison, parce qu'ayant
reçu l'idée de la guérison ils doivent la donner pour la garder. Le
plein pouvoir de la création ne peut pas être exprimé aussi longtemps
qu'une seule des idées de Dieu est refusée au Royaume.
La volonté conjointe de la Filialité est le seul créateur capable
de créer comme le Père, parce que seuls ceux qui sont complets
peuvent penser complètement, et rien ne manque à la pensée de
Dieu. Dans tout ce que tu ne penses pas par le Saint-Esprit, il y
a un manque.
Comment peux-tu souffrir, toi qui es si saint? Tout ton passé
a disparu, sauf sa beauté, et il ne reste rien, qu'une bénédiction.
J'ai sauvé toutes tes gentillesses et chaque pensée aimante que
tu as jamais Elle. Je les ai purifiées des erreurs qui cachaient
leur lumière et les ai gardées pour toi dans leur propre parfait
rayonnement. Elles sont au-delà de la destruction et au-delà de
la culpabilité. Elles sont venues du Saint-Esprit en toi, et nous
savons que ce que Dieu crée est éternel. Tu peux certes t'en aller
en paix parce que je t'ai aimé comme je me suis aimé moi-même.
Tu vas avec ma bénédiction et pour ma bénédiction. Tiens-la et
partage-la, afin qu'elle soit nôtre à jamais. Je place la paix de
Dieu dans ton coeur et dans tes mains, pour que tu la tiennes et
la p a r t a g e s . Le coeur est pur pour la tenir et les mains sont fortes
pour la d o n n e r . Nous ne pouvons pas p e r d r e . Mon jugement
est aussi fort que la sagesse de Dieu, dans le Coeur et les Mains
Duquel nous avons l ' ê t r e . Ses enfants dans leur quiétude sont
Ses Fils bienheureux. Les Pensées de Dieu sont avec toi.
V. L'usage que fait l'ego de la culpabilité
Peut-être que certains de nos concepts deviendront plus clairs
et prendront une signification plus personnelle si nous clarifions
l'usage que fait l'ego de la culpabilité. L'ego a un but, tout
comme le Saint-Esprit. Le but de l'ego est la peur, parce que seuls
ceux qui ont peur peuvent être égotistes. La logique de l'ego est
aussi impeccable que celle du Saint-Esprit, parce que ton esprit
a les moyens à sa disposition de se ranger avec le Ciel ou avec
la terre, à son choix. Mais encore une fois, souviens-toi que les
deux sont en toi.
Au Ciel, il n'y a pas de culpabilité, parce que le Royaume s'atteint
par l'Expiation, qui te rend libre de créer. «Créer» est le
mot approprié ici, car une fois que ce que tu as fait a été défait par
le Saint-Esprit, le résidu béni est restauré et continue donc la
création. Ce qui est véritablement béni est incapable de susciter
la culpabilité et doit susciter la joie. Cela le rend invulnérable à
l'ego parce que sa paix est inattaquable. Il est invulnérable aux
perturbations parce qu'il est entier. La culpabilité est toujours
perturbatrice. Tout ce qui engendre la peur est diviseur parce
que cela obéit à la loi de la division. Si l'ego est le symbole de la
séparation, il est aussi le symbole de la culpabilité. La culpabilité
est plus que simplement pas de Dieu. C'est le symbole de
l'attaque contre D i e u . Voilà un concept totalement in-signifiant,
sauf pour l'ego, mais ne sous-estime pas le pouvoir de la croyance
que lui donne l ' e g o . C'est de cette croyance que provient en fait
toute culpabilité.
L'ego est la partie de l'esprit qui croit en la division. Comment
une partie de Dieu pourrait-elle s'En détacher sans croire qu'elle
L'attaque ? Nous avons dit plus tôt que le problème de l'autorité
est fondé sur le concept de l'usurpation du pouvoir de Dieu.
L'ego croit que c'est ce que tu as fait parce qu'il croit qu'il est toi.
Si tu t'identifies à l'ego, tu dois te percevoir toi-même comme
coupable. Chaque fois que tu réponds à ton ego, tu éprouves de
la culpabilité et tu as peur d'être puni. L'ego est une pensée
pleine de peur, littéralement. Aussi ridicule que puisse être pour
un esprit sain l'idée d'attaquer Dieu, n'oublie jamais que l'ego
n'est pas sain. Il représente un système délirant, et il parle pour
lui. Ècouter la voix de l'ego signifie que tu crois qu'il est possible
d'attaquer Dieu et qu'il est une partie de Lui que tu Lui as arrachée.
S'ensuit la peur d'une riposte venant de l'extérieur, parce que
la gravité de la culpabilité est si aiguë qu'elle doit être projetée.
Quoi que tu acceptes dans ton esprit, cela sera réel pour toi.
C'est ton acceptation qui le rend réel. Si tu intronises l'ego dans
ton esprit, le fait que tu lui permets d'entrer en fait ta réalité.
C'est parce que l'esprit est capable de créer la réalité ou de faire
des illusions. J'ai dit plus tôt que tu dois apprendre à penser avec
Dieu. Penser avec Lui, c'est penser comme Lui. Cela engendre
la joie, et non la culpabilité, parce que c'est naturel. La culpabilité
est un signe certain que ta façon de penser n'est pas naturelle.
Une pensée qui n'est pas naturelle sera toujours accompagnée
de culpabilité, parce que c'est la croyance dans le péché. L'ego
ne perçoit pas le péché comme un manque d'amour mais comme
un acte positif d'agression. Cela est nécessaire pour la survie de
l'ego parce que, dès l'instant que tu considéreras le péché comme
un manque, tu tenteras automatiquement de remédier à la situat
i o n . Et tu r é u s s i r a s . L'ego voit cela comme une fatalité, mais
tu dois apprendre à le voir comme la liberté.
L'esprit non coupable ne peut pas souffrir. Étant sain, l'esprit
guérit le corps parce qu'il a été guéri. L'esprit sain ne peut pas
concevoir la maladie parce qu'il ne peut pas concevoir d'attaquer
qui que ce soit ou quoi que ce soit. J'ai dit plus tôt que la maladie
est une forme de magie. Peut-être vaudrait-il mieux dire que
c'est une forme de solution magique. L'ego croit qu'en se punissant
lui-même, il atténuera la punition de Dieu. Or même en cela
il est arrogant. Il attribue à Dieu une intention punitive, puis il
fait de cette intention sa propre prérogative. Il essaie d'usurper
toutes les fonctions de Dieu telles qu'il les perçoit, parce qu'il
reconnaît que seule une allégeance totale est fiable.
L'ego ne peut pas plus s'opposer aux lois de Dieu que tu ne le
peux, mais il peut les interpréter conformément à ce qu'il veut,
comme tu le peux. C'est pourquoi il faut répondre à la question :
«Qu'est-ce que tu veux?» Tu y réponds à chaque minute et à
chaque seconde, et chaque moment de décision est un jugement
qui est tout sauf ineffectif. Ses effets suivront automatiquement
jusqu'à ce que la décision soit changée. Souviens-toi, toutefois,
que les alternatives sont elles-mêmes inaltérables. Le Saint-
Esprit, comme l'ego, est une décision. Ensemble ils constituent
toutes les alternatives que l'esprit peut accepter et auxquelles il
peut obéir. Le Saint-Esprit et l'ego sont les seuls choix qui te
soient offerts. Dieu en a créé un, donc tu ne peux pas l'éradiquer.
Tu as fait l'autre, donc tu le p e u x . Seul ce que Dieu crée est
irréversible et inchangeable. Ce que tu as fait peut toujours être
changé parce que, lorsque tu ne penses pas comme Dieu, en réalité
tu ne penses pas du t o u t . Les idées délirantes ne sont pas de
réelles pensées, bien que tu puisses croire en e l l e s . Mais tu fais
e r r e u r . La fonction de la pensée vient de Dieu et est en Dieu.
Faisant toi-même partie de Sa Pensée, tu ne peux pas penser à
part de Lui.
Une pensée irrationnelle est une pensée désordonnée. Dieu
Lui-même ordonne ta pensée parce que ta pensée a été créée par
Lui. Le sentiment de culpabilité est toujours signe que tu ne
connais pas cela. Il montre aussi que tu crois pouvoir penser à
part de Dieu, et que tu veux le faire. Chaque pensée désordonnée
s'accompagne de culpabilité dès son commencement, et
c'est la culpabilité qui la maintient dans sa continuité. La culpabilité
est inéluctable pour ceux qui croient qu'ils ordonnent leurs
propres pensées, et doivent donc obéir à leurs diktats. Cela les
fait sentir responsables de leurs erreurs mais sans reconnaître
qu'en acceptant cette responsabilité, ils réagissent de manière
irresponsable. Si la seule responsabilité du faiseur de miracles
est d'accepter l'Expiation pour lui-même, et je t'assure que ce
l'est, alors la responsabilité de ce qui est expié ne peut pas t'incomber.
Le dilemme ne peut être résolu qu'en acceptant la
solution de défaire. Tu serais responsable de tous les effets de
ta pensée fausse si elle ne pouvait pas être défaite. Le but de
l'Expiation est de ne sauver le passé que sous une forme purif
i é e . Si tu acceptes le remède à la pensée désordonnée, remède
dont l'efficacité est au-delà du doute, comment ses symptômes
peuvent-ils rester ?
Que tu continues dans la décision de rester séparé est la seule
raison possible pour que continue le sentiment de culpabilité.
Nous avons déjà dit cela, mais sans insister sur les résultats destructeurs
de la décision. Toute décision de l'esprit affecte à la fois
la conduite et l'expérience. Ce que tu veux, tu t'y attends. Cela
n'est pas délirant. Ton esprit fait ton avenir, et il le retournera à
la pleine création à tout moment s'il accepte d'abord l'Expiation.
Il retournera aussi à la pleine création dès l'instant qu'il l'aura
fait. Ayant abandonné sa pensée désordonnée, l'ordonnance
correcte de la pensée devient tout à fait apparente.
VI. Temps et éternité
Dieu en Sa connaissance n'attend pas, mais Son Royaume est
dépouillé tant que tu attends. Tous les Fils de Dieu attendent
ton retour, tout comme tu attends le leur. Les retards n'ont pas
d'importance dans l'éternité, mais ils sont tragiques dans le
temps. Tu as choisi d'être dans le temps plutôt que dans l'éternité,
et tu crois donc que tu es dans le temps. Or ton choix est à
la fois libre et changeable. Ta place n'est pas dans le temps. Ta
seule place est dans l'éternité, où Dieu Lui-même t'a placé à jamais.
Le sentiment de culpabilité préserve le temps. Il induit la peur
de la riposte ou de l'abandon et assure ainsi que le futur sera
comme le passé. Voilà la continuité de l'ego. Elle donne à l'ego
un faux sentiment de sécurité en lui faisant croire que tu ne peux
pas t'en échapper. Mais tu peux et tu dois le faire. Dieu t'offre
en échange la continuité de l'éternité. Lorsque tu choisis de faire
cet échange, tu échanges simultanément la culpabilité contre la
joie, la méchanceté contre l'amour et la douleur contre la paix.
Mon rôle est seulement de désenchaîner ta volonté pour la
rendre libre. Ton ego ne peut pas accepter cette liberté et il s'y
opposera à tous les moments possibles et par tous les moyens
possibles. En tant que son faiseur, tu reconnais ce qu'il peut faire
parce que c'est toi qui lui en as donné le pouvoir.
Souviens-toi toujours du Royaume, et souviens-toi que toi qui
fais partie du Royaume, tu ne peux pas être perdu. L'Esprit qui
était en moi est en toi, car Dieu crée avec une parfaite équité. Laisse
le Saint-Esprit te rappeler toujours Son équité, et laisse-moi t'enseigner
comment la partager avec tes frères. De quelle autre
façon la chance pourrait-elle t'être donnée de la réclamer pour
toi-même ? Les deux voix parlent simultanément pour des interprétations
différentes de la même chose; ou presque simultanément,
car l'ego parle toujours en premier. Les interprétations
alternatives n'étaient pas nécessaires jusqu'à ce que la première
ait été faite.
L'ego parle en jugement et le Saint-Esprit renverse sa décision,
de même qu'en ce monde une cour supérieure a le pouvoir de
renverser les décisions rendues par un tribunal inférieur. Les
décisions de l'ego sont toujours fausses, parce qu'elles sont fondées
sur l'erreur même qu'elles ont été faites pour soutenir. Rien
de ce que l'ego perçoit n'est interprété correctement. Non seulement
l'ego cite-t-il l'Écriture pour servir ses propres fins mais il
interprète l'Écriture pour qu'elle lui serve de témoin. La Bible est
une chose effrayante au jugement de l'ego. La percevant comme
effrayante, il l'interprète avec crainte. Ayant peur, tu ne fais pas
appel à la Cour supérieure parce que tu crois que son jugement
irait aussi contre toi.
Il y a de nombreux exemples illustrant combien les interprétations
de l'ego peuvent égarer, mais quelques-uns suffiront à
montrer comment le Saint-Esprit peut les réinterpréter à Sa
Propre lumière.
Interprété par Lui : «Ce que l'homme sème, il le récoltera»,
signifie que tu cultiveras en toi-même ce que tu considères digne
d'être cultivé. C'est ton jugement de ce qui est digne qui le rend
digne pour toi.
«À moi la vengeance, dit le Seigneur» est facile à réinterpréter
si tu te souviens que les idées augmentent seulement en étant
partagées. L'énoncé souligne que la vengeance ne peut pas être
partagée. Donne-la donc au Saint-Esprit, Qui la défera en toi parce
qu'elle n'a pas sa place dans ton esprit, qui fait partie de Dieu.
Interprété par l'ego : «Je punirai les péchés des pères jusqu'à
la troisième et à la quatrième génération » est particulièrement
méchant. Cela ne devient plus qu'une tentative pour garantir la
propre survie de l'ego. Pour le Saint-Esprit, l'énoncé signifie que
des générations plus tard Il peut encore réinterpréter ce que les
générations précédentes avaient mal compris et libérer ainsi les
pensées de leur aptitude à produire la peur.
« Les méchants périssent » devient un énoncé de l'Expiation si
le mot « périr » est pris au sens d'« être défait ». Toute pensée sans
amour doit être défaite, un mot que l'ego ne peut même pas
comprendre. Pour l'ego, être défait signifie être détruit. L'ego ne
sera pas détruit parce qu'il fait partie de ta pensée, mais parce
qu'il est incapable de créer et donc de partager, il sera réinterprété
pour te délivrer de la peur. La partie de ton esprit que tu
as donnée à l'ego retournera simplement au Royaume, où ton
esprit tout entier a sa place. Tu peux retarder le complètement du
Royaume, mais tu ne peux pas y introduire le concept de la peur.
Tu n'as pas besoin d'avoir peur que la Cour supérieure te condamne.
Elle rejettera tout simplement les accusations contre
toi. Il n'y a pas d'accusation qui tienne contre un enfant de
Dieu, et chaque témoin de la culpabilité des créations de Dieu
porte un faux témoignage contre Dieu Lui-même. Fais appel
avec joie de tout ce que tu crois à la Propre Cour supérieure de
Dieu, parce qu'elle parle pour Lui et donc parle véritablement.
Elle rejettera les accusations contre toi, quel que soit le soin que
tu as mis à les fabriquer. Les accusations sont peut-être à toute
épreuve, mais pas à l'épreuve de Dieu. Le Saint-Esprit ne les
entendra pas, parce qu'il ne peut témoigner que véritablement.
Son verdict sera toujours : «À toi appartient le royaume », parce
qu'il t'a été donné pour te rappeler ce que tu es.
Quand j'ai dit : «Je suis venu comme une lumière dans le
monde», je voulais dire que je suis venu partager la lumière
avec toi. Souviens-toi que j'ai parlé du sombre miroir de l'ego et
souviens-toi aussi que j'ai dit : «Ne regarde pas là.» Il est toujours
vrai que c'est à toi de décider où tu regardes pour te trouver.
Ta patience envers ton frère est ta patience envers toi-même.
Un enfant de Dieu n'est-il pas digne de patience ? J'ai montré
avec toi une patience infinie parce que ma volonté est Celle de
notre Père, de Qui j'ai appris ce qu'est la patience infinie. Sa
Voix était en moi comme Elle est en toi, parlant pour la patience
envers la Filialité au Nom de son Créateur.
Maintenant tu dois apprendre que seule la patience infinie
produit des effets immédiats. C'est ainsi que le temps est échangé
contre l'éternité. La patience infinie fait appel à l'amour infini
et, en produisant des résultats maintenant, elle rend le temps non
nécessaire. Nous avons dit à maintes reprises que le temps est un
mécanisme d'apprentissage qui sera aboli lorsqu'il ne sera plus
utile. Le Saint-Esprit, Qui parle pour Dieu dans le temps, connaît
aussi que le temps est in-signifiant. Il te rappelle cela à chaque
instant du temps qui passe, parce que Sa fonction particulière est
de te ramener à l'éternité, puis de rester pour y bénir tes créations.
Il est la seule bénédiction que tu puisses véritablement
donner, parce qu'il est véritablement béni. Parce qu'il t'a été
librement donné par Dieu, tu dois Le donner comme tu L'as reçu.
VII La décision de choisir Dieu
Crois-tu réellement pouvoir faire une voix capable de noyer
Celle de Dieu? Crois-tu réellement pouvoir concevoir un système
de pensée capable de te séparer de Lui? Crois-tu réellement
pouvoir faire des plans pour ta sécurité et ta joie mieux que
Lui? Tu n'as pas besoin d'être soucieux ni insoucieux; tu as seulement
besoin de te décharger sur Lui de tous tes soucis, parce
qu'il prend soin de toi. Tu es Son soin parce qu'il t'aime. Sa Voix
te rappelle toujours que tous les espoirs te sont permis parce qu'il
a soin de toi. Tu ne peux pas choisir d'échapper à Ses soins parce
que telle n'est pas Sa Volonté, mais tu peux choisir d'accepter Ses
soins et d'utiliser le pouvoir infini de Sa sollicitude pour tous ceux
qu'il a créés par elle.
Il y eut de nombreux guérisseurs qui ne s'étaient pas guéris
eux-mêmes. Ils n'ont pas transporté des montagnes par leur foi
parce que leur foi n'était pas entière. Certains d'entre eux ont
parfois guéri les malades, mais ils n'ont pas ressuscité les morts.
À moins que le guérisseur ne se guérisse lui-même, il ne peut
pas croire qu'il n'y a pas d'ordre de difficulté dans les miracles.
Il n'a pas appris que chaque esprit que Dieu a créé est également
digne d'être guéri parce que Dieu l'a créé entier. Il t'est simplement
demandé de rendre à Dieu l'esprit tel qu'il l'a créé. Il te
demande uniquement ce qu'il a donné, connaissant que ce don
te guérira. La santé d'esprit est l'entièreté, et la santé d'esprit de
tes frères est la tienne.
Pourquoi écouterais-tu les incessants appels insanes dont tu
penses faire l'objet, quand tu peux connaître que la Voix pour
Dieu est en toi? Dieu t'a remis Son Pur-Esprit et Il te demande
de Lui remettre le tien. Sa volonté est de le garder dans une paix
parfaite, parce que tu es avec Lui d'un seul pur-esprit. T'exclure
toi-même de l'Expiation, c'est l'ultime tentative désespérée de l'ego
pour défendre sa propre existence. Cela reflète à la fois le besoin
de l'ego de séparer et ton désir de te ranger avec son état de séparation.
Ce désir signifie que tu ne veux pas être guéri.
Mais le temps est maintenant. Il ne t'a pas été demandé de
mettre au point toi-même le plan du salut parce que, comme je
te l'ai dit plus tôt, le remède ne pourrait pas être fait par toi. Dieu
Lui-même t'a donné la parfaite Correction pour tout ce que tu as
fait qui n'est pas en accord avec Sa sainte Volonté. Je te rends Son
plan parfaitement explicite; je te dirai aussi quel y est ton rôle et
quelle urgence il y a à le remplir. Dieu pleure sur le « sacrifice »
de Ses enfants qui se croient perdus pour Lui.
Chaque fois que tu n'es pas entièrement joyeux, c'est que tu as
réagi avec un manque d'amour à l'une des créations de Dieu. Percevant
cela comme un « péché », tu te mets sur la défensive parce
que tu t'attends à être attaqué. La décision de réagir de cette façon
t'appartient, et elle peut donc être défaite. Elle ne peut pas être
défaite par le repentir au sens habituel, parce que cela implique
de la culpabilité. Si tu te permets de te sentir coupable, tu renforceras
l'erreur plutôt que de lui permettre d'être défaite pour toi.
La décision ne peut pas être difficile. Cela est évident quand
tu te rends compte que tu dois déjà avoir décidé de ne pas être
entièrement joyeux si tu ne l'es pas. Par conséquent, la première
étape pour défaire cela consiste à reconnaître que tu as pris activement
la mauvaise décision, mais que tu peux tout aussi activement
prendre une autre décision. Sois très ferme avec toi-même
là-dessus et reste pleinement conscient que défaire est un processus
qui ne vient pas de toi mais qui néanmoins est en toi parce
que Dieu l'a placé là. Ton rôle consiste simplement à ramener ta
pensée au point où l'erreur a été faite, puis à la remettre en paix
à l'Expiation. Dis-toi ce qui suit aussi sincèrement que possible,
en te souvenant que le Saint-Esprit répondra pleinement à ta
moindre invitation :
J'ai dû prendre la mauvaise décision, parce que je ne suis pas
en paix.
J
Un cours en Miracles
15/02/2010 11:51 par amouretpaixdanslescoeurs

Un cours en miracles - Chapitre 4 - Les illusions de l'ego
15/02/2010 11:45 par amouretpaixdanslescoeurs
Chapitre 4
LES ILLUSIONS DE L'EGO
Introduction
La Bible dit que tu devrais aller avec un frère deux fois plus
loin qu'il le demande. Elle ne suggère certainement pas que tu
le retardes dans son voyage. Ton dévouement pour un frère ne
peut pas te retarder non plus. Il ne peut conduire qu'à un progrès
mutuel. Un dévouement authentique a pour résultat l'inspiration;
correctement compris, ce mot est l'opposé de fatigue. Être
fatigué, c'est être dés-inspiré, mais être inspiré, c'est être dans le
pur-esprit. Être égocentrique, c'est être dés-inspiré, alors qu'être
centré sur Soi, au sens juste, c'est être inspiré ou dans le pur-esprit.
Ceux qui sont vraiment inspirés sont illuminés et ils ne peuvent
demeurer dans les ténèbres.
Ce que tu dis peut venir du pur-esprit ou de l'ego, à ton choix.
Si ce que tu dis vient du pur-esprit, tu as choisi d'« être calme et
de connaître que je suis Dieu». Ces mots sont inspirés parce
qu'ils reflètent la connaissance. Si ce que tu dis vient de l'ego,
tu désavoues la connaissance au lieu de l'affirmer, et ainsi tu te
dés-inspires. Ne t'embarque pas dans d'inutiles voyages, parce
qu'ils sont certes vains. L'ego les souhaite peut-être, mais le puresprit
ne peut pas s'y embarquer parce qu'il est à jamais indésireux
de quitter son Fondement.
Le voyage à la croix devrait être le dernier «voyage inutile».
Ne t'y attarde pas, mais écarte-le comme chose accomplie. Si tu
peux l'accepter comme étant ton propre dernier voyage inutile,
tu es libre aussi de te joindre à ma résurrection. Jusqu'à ce que
tu le fasses, ta vie est certes gaspillée. Elle reproduit simplement
la séparation, la perte de pouvoir, les futiles tentatives de l'ego
pour faire réparation, et finalement la crucifixion du corps, ou la
mort. De telles répétitions sont interminables jusqu'à ce qu'elles
soient volontairement abandonnées. Ne fais pas l'erreur pathétique
de te «cramponner à la bonne vieille croix». Le seul message
de la crucifixion, c'est que tu peux vaincre la croix. D'ici là,
tu es libre de te crucifier toi-même aussi souvent que tu choisis
de le faire. Ce n'est pas cet évangile que j'avais l'intention de
t'offrir. Nous avons un autre voyage à entreprendre, et ces leçons
t'aideront à t'y préparer si tu les lis attentivement.
I. Juste enseignement et juste apprentissage
Un bon enseignant clarifie ses propres idées et les renforce en
les enseignant. Enseignant et élève sont pareils dans le processus
d'apprentissage. Ils sont dans le même ordre d'apprentissage,
et à moins de partager leurs leçons, la conviction manquera.
Un bon enseignant doit croire aux idées qu'il enseigne, mais il
doit aussi satisfaire à une autre condition : il doit croire aux étudiants
à qui il offre ces idées.
Nombreux sont ceux qui montent la garde auprès de leurs
idées parce qu'ils veulent protéger leurs systèmes de pensée tels
qu'ils sont, et parce qu'apprendre signifie changer. Le changement
est toujours apeurant pour les séparés, parce qu'ils ne
peuvent concevoir que c'est un pas menant à la guérison de la
séparation. Ils le perçoivent toujours comme un pas vers une plus
grande séparation, parce que la séparation a été leur première
expérience de changement. Tu crois que si tu ne laisses entrer
aucun changement dans ton ego, tu trouveras la paix. Cette profonde
confusion n'est possible que si tu maintiens que le même
système de pensée peut reposer sur deux fondements. Rien de
l'ego ne peut atteindre le pur-esprit, et rien du pur-esprit ne peut
atteindre l'ego. Le pur-esprit ne peut ni renforcer l'ego ni réduire
le conflit en lui. L'ego est une contradiction. Ton soi et le Soi de
Dieu sont en opposition. Ils sont opposés par leur source, par
leur direction et par leur résultat. Ils sont fondamentalement
inconciliables, parce que le pur-esprit ne peut pas percevoir et
l'ego ne peut pas connaître. Ils ne sont donc pas en communication
et jamais ils ne peuvent être en communication. Néanmoins,
l'ego peut apprendre, même si son faiseur peut être mal guidé.
Toutefois, il ne peut pas faire le totalement sans vie de ce qui a
reçu la vie.
Le pur-esprit n'a pas besoin d'être enseigné, mais l'ego doit l'être.
En définitive, l'enseignement est perçu comme effrayant parce
qu'il conduit à l'abandon, et non à la destruction, de l'ego à la lumière
du pur-esprit. C'est ce changement que l'ego doit craindre,
parce qu'il ne partage pas ma charité. Ma leçon était comme la
tienne, et c'est parce que je l'ai apprise que je peux l'enseigner.
Je n'attaquerai jamais ton ego, mais j'essaie de t'enseigner comment
son système de pensée a surgi. Quand je te rappelle ta vraie
création, ton ego ne peut répondre que par la peur.
Enseigner et apprendre sont maintenant tes plus grandes forces,
parce qu'elles te permettent de changer d'esprit et d'aider les
autres à faire de même. Refuser de changer d'esprit ne prouvera
pas que la séparation ne s'est pas produite. Le rêveur qui doute
de la réalité de son rêve tout en continuant de rêver ne guérit pas
vraiment son esprit divisé. Tu rêves d'un ego séparé et tu crois
en un monde qui repose sur lui. Cela est très réel pour toi. Tu
ne peux pas défaire cela en ne changeant pas d'esprit là-dessus.
Si tu es désireux de renoncer au rôle de gardien de ton système
de pensée et de m'en ouvrir l'accès, je le corrigerai avec beaucoup
de douceur et te ramènerai à Dieu.
Tout bon enseignant espère donner à ses étudiants tellement
de ce qu'il a lui-même appris qu'un jour ils n'auront plus besoin
de lui. Voilà le seul but véritable de l'enseignant. Il est impossible
d'en convaincre l'ego, parce que cela va à l'encontre de toutes ses
propres lois. Mais rappelle-toi que les lois sont montées pour
protéger la continuité du système dans lequel croit le législateur.
Il est naturel que l'ego essaie de se protéger une fois que tu l'as
fait, mais il n'est pas naturel pour toi de vouloir obéir à ses lois
à moins que tu y croies. À cause de la nature de son origine, l'ego
ne peut pas faire ce choix. À cause de la nature de la tienne, tu
le peux.
Les ego peuvent se heurter en toute circonstance, mais le puresprit
ne peut pas du tout heurter. Si tu perçois un enseignant
comme étant simplement «un plus gros ego», tu auras peur,
parce que grossir un ego reviendrait à augmenter l'anxiété au
sujet de la séparation. J'enseignerai avec toi et je vivrai avec toi
si tu veux penser avec moi, mais mon but sera toujours de t'absoudre
finalement du besoin d'avoir un enseignant. C'est l'opposé
du but visé par l'enseignant axé sur l'ego. Il se préoccupe
de l'effet que son ego a sur les autres ego, et il interprète donc leur
interaction comme un moyen de préservation de l'ego. Je ne
serais pas capable de me dévouer à l'enseignement si je croyais
cela, et tu ne seras pas un enseignant dévoué aussi longtemps que
tu le croiras. Je suis constamment perçu comme un enseignant
qu'il faut soit exalter soit rejeter, mais je n'accepte pour moimême
ni l'une ni l'autre de ces perceptions.
Ta valeur n'est pas établie en enseignant ni en apprenant. Ta
valeur est établie par Dieu. Aussi longtemps que tu contestes
cela, tout ce que tu fais te fera peur, en particulier toute situation
qui se prête à la croyance en la supériorité et l'infériorité. Les
enseignants doivent être patients et répéter leurs leçons jusqu'à
ce qu'elles soient apprises. Je suis prêt à le faire, parce que je
n'ai pas le droit de fixer pour toi les limites de ton apprentissage.
Encore une fois — aucune de tes actions, rien de ce que tu penses,
souhaites ou fais n'est nécessaire pour établir ta valeur. Ce point
n'est pas discutable sauf dans le délire. Ton ego n'est jamais en
jeu parce que Dieu ne l'a pas créé. Ton pur-esprit n'est jamais en
jeu parce qu'il l'a créé. Toute confusion sur ce point est délirante,
et aucune forme de dévouement n'est possible tant que
dure ce délire.
L'ego essaie d'exploiter toute situation pour en tirer des formes
de louange à son égard pour vaincre ses doutes. Il continuera à
douter tant que tu croiras en son existence. Toi qui l'as fait, tu ne
peux pas avoir confiance en lui, parce que tu te rends compte
dans ton esprit juste qu'il n'est pas réel. La seule solution saine
n'est pas d'essayer de changer la réalité, ce qui est certes une tentative
effrayante, mais de l'accepter telle qu'elle est. Tu fais partie
de la réalité, qui reste inchangée au-delà de la portée de ton
ego, mais qui est facilement à la portée du pur-esprit. Quand
tu as peur, sois calme et connais que Dieu est réel, et que tu es
Son Fils bien-aimé qui a toute Sa faveur. Ne laisse pas ton ego
contester cela, parce que l'ego ne peut pas connaître ce qui est
bien au-delà de sa portée comme tu l'es.
Dieu n'est pas l'auteur de la peur. C'est toi. Tu as choisi de
créer autrement que Lui; par conséquent, tu as fait la peur pour
toi-même. Tu n'es pas en paix parce que tu ne remplis pas ta
fonction. Dieu t'a donné une fonction très élevée que tu n'assumes
pas. Ton ego a choisi d'avoir peur au lieu de l'assumer.
Quand tu te réveilleras, tu n'arriveras pas à comprendre cela,
parce que c'est littéralement incroyable. Ne crois pas l'incroyable
maintenant. Toute tentative pour augmenter sa crédibilité ne fait
que retarder l'inévitable. Le mot «inévitable » effraie l'ego mais
réjouit le pur-esprit. Dieu est inévitable, et tu ne peux pas plus
L'éviter qu'il ne peut t'éviter.
La joie du pur-esprit effraie l'ego, parce qu'après en avoir fait
l'expérience, tu lui retireras toute protection et tu n'auras plus
aucun investissement dans la peur. Ton investissement est grand
maintenant parce que la peur est un témoin de la séparation et
ton ego se réjouit quand tu en témoignes. Laisse-le derrière toi !
Ne l'écoute pas et ne le préserve pas. Écoute seulement Dieu,
Qui est aussi incapable de tromperie que l'est le pur-esprit qu'il
a créé. Délivre-toi et délivre les autres. Ne leur présente pas une
image fausse et indigne de toi, et n'accepte pas toi-même une
telle image d'eux.
L'ego t'a bâti une piteuse demeure qui n'offre aucun abri,
parce qu'il ne peut bâtir autrement. N'essaie pas de faire tenir
cette maison délabrée. Sa faiblesse est ta force. Dieu seul pouvait
faire une demeure qui est digne de Ses créations, qui ont
choisi de la laisser vide par leur propre dépossession. Or Sa
demeure tiendra toujours, prête pour toi quand tu choisiras d'y
entrer. De cela tu peux être entièrement certain. Dieu est aussi
incapable de créer le périssable que l'ego de faire l'éternel.
De par ton ego tu ne peux rien faire pour te sauver ou pour
sauver les autres, mais de par ton pur-esprit tu peux tout faire
pour ton salut et pour le leur. L'humilité est une leçon pour l'ego
et non pour le pur-esprit. Le pur-esprit est au-delà de l'humilité,
parce qu'il reconnaît son rayonnement et répand partout sa
lumière avec joie. Les doux hériteront la terre parce que leur
ego est humble, et cela leur donne une perception plus vraie.
Au Royaume des Cieux a droit le pur-esprit, dont la beauté et la
dignité sont bien au-delà du doute, au-delà de la perception, et
restent à jamais la marque de l'Amour de Dieu pour Ses créations,
qui sont entièrement clignes de Lui et de Lui seul. Rien d'autre
n'est suffisamment digne d'être un don pour une création de
Dieu Lui-même.
Je me substituerai à ton ego si tu le souhaites, mais jamais à ton
pur-esprit. Un père peut laisser un enfant en toute sécurité avec
un frère aîné qui s'est montré responsable, mais cela n'entraîne
aucune confusion quant à l'origine de l'enfant. Le frère peut protéger
le corps de l'enfant ainsi que son ego, mais il ne se confond
pas lui-même avec le père parce qu'il fait cela. Tu peux me confier
ton corps et ton ego seulement parce que cela te permet de ne pas
t'en préoccuper et me laisse, moi, t'enseigner qu'ils n'ont pas
d'importance. Je ne pourrais pas comprendre l'importance qu'ils
ont pour toi si je n'avais pas moi-même jadis été tenté de croire
en eux. Entreprenons d'apprendre ensemble cette leçon afin
d'en être libres ensemble. J'ai besoin d'enseignants dévoués
qui partagent mon but de guérir l'esprit. Le pur-esprit est bien
au-delà du besoin de ta protection ou de la mienne. Souvienstoi
de ceci :
En ce monde tu n'as pas besoin de tribulations parce que j'ai
vaincu le monde. C'est pourquoi tu devrais prendre courage.
II L'ego et la fausse autonomie
Il est raisonnable de demander comment l'esprit a jamais pu
faire l'ego. De fait, c'est la meilleure question que tu puisses
poser. Rien ne sert, toutefois, de répondre par rapport au passé
parce que le passé n'a pas d'importance, et l'histoire n'existerait
pas si les mêmes erreurs n'étaient pas répétées dans le présent.
La pensée abstraite s'applique à la connaissance parce que la
connaissance est complètement impersonnelle, et les exemples
importent peu pour sa compréhension. La perception, toutefois,
est toujours spécifique, et par conséquent tout à fait concrète.
Chacun se fait un ego, ou un soi, qui est sujet à d'énormes variations
à cause de son instabilité. Il fait aussi un ego pour tous
les autres qu'il perçoit, qui est tout aussi variable. Leur interaction
est un processus qui les altère tous les deux, parce qu'ils
n'ont pas été faits par ou avec l'Inaltérable. Il est important de
se rendre compte que cette altération peut se produire, et de fait
se produit tout aussi facilement quand l'interaction a lieu dans
l'esprit que lorsqu'elle comporte une proximité physique. Le fait
de penser à un autre ego change la perception relative d'une manière
aussi effective que l'interaction physique. Il ne saurait y
avoir meilleur exemple pour montrer que l'ego est une simple
idée et non un fait.
Ton propre état d'esprit est un bon exemple de la façon dont
l'ego a été fait. Quand tu as jeté la connaissance, c'est comme si
tu ne l'avais jamais Elle. Cela est tellement apparent qu'il suffit
de le reconnaître pour voir que cela arrive. Si cela se produit dans
le présent, pourquoi est-il surprenant que cela se soit produit
dans le passé ? La surprise est une réaction raisonnable à l'inhabituel,
bien qu'elle ne le soit guère à quelque chose qui se produit
avec une telle persistance. Mais n'oublie pas que l'esprit n'a
pas besoin d'opérer de cette façon, même si c'est ainsi qu'il
opère maintenant.
Pense à l'amour des animaux pour leurs petits et au besoin
qu'ils ont de les protéger. C'est qu'ils les considèrent comme une
partie d'eux-mêmes. Nul ne rejette quelque chose qu'il considère
comme une partie de soi. Tu réagis à ton ego beaucoup comme
Dieu réagit à Ses créations : avec amour, protection et charité.
Tes réactions envers le soi que tu as fait ne sont pas surprenantes.
De fait, elles ressemblent à maints égards à celles que tu auras
un jour envers tes créations réelles, qui sont aussi intemporelles
que toi. La question n'est pas de savoir comment tu réagis à
l'ego, mais qu'est-ce que tu crois être. Croire est une fonction de
l'ego; or tant que ton origine est affaire de croyance, tu la considères
du point de vue de l'ego. Quand l'enseignement ne sera
plus nécessaire, tu connaîtras simplement Dieu. Croire qu'il y
a une autre façon de percevoir, voilà l'idée la plus élevée dont soit
capable la pensée de l'ego. C'est qu'elle contient un soupçon de
re-connaissance de ce que l'ego n'est pas le Soi.
Le sapement du système de pensée de l'ego doit être perçu
comme douloureux, bien que ce ne soit pas vrai du tout. Les
bébés hurlent de rage si on leur enlève un couteau ou une paire
de ciseaux, malgré qu'ils puissent très bien se blesser si on ne le
fait pas. En ce sens tu es encore un bébé. Tu n'as aucun sens de
réelle auto-préservation, et il se peut très bien que tu décides que
tu as besoin précisément de ce qui te blesserait le plus. Or, que
tu le reconnaisses ou non maintenant, tu as consenti à coopérer
dans l'effort pour devenir à la fois incapable de nuire et capable
d'aider, deux attributs qui doivent aller de pair. Même à cet égard
tes attitudes sont nécessairement conflictuelles, parce que toutes
les attitudes sont basées sur l'ego. Cela ne durera pas. Sois patient
un moment et souviens-toi que l'issue est aussi certaine que Dieu.
Seuls ceux qui ont un réel et durable sentiment d'abondance
peuvent être véritablement charitables. Cela est évident quand
tu considères ce que cela comporte. Pour l'ego, donner quoi que
ce soit implique qu'il faudra que tu t'en passes. Quand tu associes
donner à sacrifier, tu donnes uniquement parce que tu crois
que d'une manière ou d'une autre tu y gagnes au change et peux
donc te passer de la chose que tu donnes. «Donner pour obtenir»
est une loi inéluctable de l'ego, qui s'évalue toujours par rapport
à d'autres ego. Par conséquent il est continuellement préoccupé
par la croyance dans le manque qui l'a engendré. Toute sa perception
de la réalité des autres ego n'est qu'une tentative pour se
convaincre lui-même qu'il est réel. L'«estime de soi» comme l'ego
l'entend signifie simplement que l'ego s'est illusionné au point
d'accepter sa réalité, ce qui le rend temporairement moins vorace.
Cette «estime de soi» est toujours vulnérable au stress, terme
qui réfère à toute menace perçue contre l'existence de l'ego.
L'ego vit littéralement de comparaisons. L'égalité est au-delà
de sa portée, et la charité devient impossible. Ce que l'ego
donne ne vient jamais de l'abondance, parce qu'il a été fait pour
en être un substitut. C'est pourquoi le concept d'« obtention » a
surgi dans le système de pensée de l'ego. Les appétits sont des
mécanismes d'« obtention » représentant le besoin qu'a l'ego
d'être confirmé. Cela est aussi vrai des appétits du corps que des
prétendus «besoins supérieurs de l'ego». Les appétits du corps
n'ont pas une origine physique. L'ego considère le corps comme
sa demeure et tente de se satisfaire par le corps. Mais l'idée que
cela est possible est une décision de l'esprit, lequel est devenu
complètement confus sur ce qui est réellement possible.
L'ego croit qu'il est complètement seul avec lui-même, ce
qui est simplement une autre façon de décrire comment il pense
avoir commencé. C'est un état tellement effrayant qu'il ne peut
que se tourner vers d'autres ego et tenter de s'unir à eux dans un
faible effort d'identification, ou les attaquer dans une aussi faible
démonstration de force. Il n'est pas libre, toutefois, de mettre en
question la prémisse, parce que la prémisse est son fondement.
L'ego est la croyance de l'esprit d'être complètement seul avec
lui-même. Les incessantes tentatives de l'ego pour se faire reconnaître
par le pur-esprit et ainsi établir sa propre existence sont
inutiles. Le pur-esprit en sa connaissance est inconscient de l'ego.
Il ne l'attaque pas; il ne peut simplement pas le concevoir. Bien
que l'ego soit pareillement inconscient du pur-esprit, il se perçoit
lui-même comme étant rejeté par quelque chose de plus grand
que lui. C'est pourquoi l'estime de soi comme l'ego l'entend doit
être délirante. Les créations de Dieu ne créent pas des mythes,
même si l'effort créateur peut se tourner vers la mythologie. Il
ne peut le faire, toutefois, qu'à une seule condition : ce qu'il fait
cesse alors d'être créateur. Les mythes sont entièrement perceptuels,
et ils sont si ambigus dans leurs formes, et si typiquement
bon-et-mauvais par nature, que le plus bienveillant d'entre
eux n'est pas sans avoir des connotations effrayantes.
Mythes et magie sont étroitement associés, puisque les mythes
se rapportent généralement aux origines de l'ego, et la magie
aux pouvoirs que l'ego s'attribue. Les systèmes mythologiques
comportent généralement quelque récit de « la création », qu'ils
associent à leur forme particulière de magie. La prétendue
« lutte pour la survie » n'est que la lutte de l'ego pour se préserver
lui-même, et c'est son interprétation de son propre commencement.
D'habitude ce commencement est associé à la
naissance physique, parce qu'il est difficile de soutenir que l'ego
existait avant ce point dans le temps. Ceux qui sont plus «religieusement
» axés sur l'ego croient peut-être que l'âme existait
avant et qu'elle continuera d'exister après un laps temporaire
dans la vie de l'ego. Certains croient même que l'âme sera punie
à cause de ce laps. Toutefois, le salut ne s'applique pas au puresprit,
qui n'est pas en danger et n'a pas besoin d'être sauvé.
Le salut n'est rien de plus que la «justesse d'esprit», qui n'est
pas l'Unité d'esprit du Saint-Esprit mais qui doit d'abord être
atteinte pour que l'Unité d'esprit soit rétablie. La justesse d'esprit
mène automatiquement à l'étape suivante, parce que la perception
juste est uniformément sans attaque et la fausseté d'esprit
est donc oblitérée. L'ego ne peut pas survivre sans jugement; en
conséquence, il est mis de côté. L'esprit n'a plus alors qu'une
direction dans laquelle aller. Cette direction lui vient toujours
automatiquement, parce qu'elle ne peut être dictée que par le
système de pensée auquel il adhère.
On ne saurait trop insister sur le fait que la correction de la perception
n'est qu'un expédient temporaire. Elle est nécessaire
uniquement parce que la malperception bloque la connaissance,
tandis que la perception exacte est un tremplin vers elle. Toute
la valeur de la perception juste réside dans l'inévitable prise de
conscience que toute perception est non nécessaire. Cela enlève
le blocage entièrement. Tu te demandes peut-être comment cela
est possible tant que tu sembles vivre dans ce monde. C'est une
question raisonnable. Prends soin toutefois de la comprendre
vraiment. Qui est ce « toi » qui vis dans ce monde ? Le puresprit
est immortel, et l'immortalité est un état constant. Il est
aussi vrai maintenant qu'il l'a toujours été et le sera toujours,
parce qu'il n'implique aucun changement. Ce n'est pas un continuum
et il n'est pas possible non plus de le comprendre en le
comparant à un o p p o s é . La connaissance ne comporte jamais
de comparaisons. C'est la principale différence par rapport à
tout le reste que l'esprit peut saisir.
III. L'amour sans conflit
Il est difficile de comprendre ce que signifie réellement : «Le
Royaume des Cieux est en toi. » C'est parce que ce n'est pas compréhensible
pour l'ego, qui l'interprète comme si quelque chose
d'extérieur était à l'intérieur, et cela ne signifie rien. Le mot «en»
n'est pas nécessaire. Le Royaume des Cieux est toi. Qu'est-ce
d'autre que toi que le Créateur a créé, et qu'est-ce d'autre que toi
qui est Son Royaume? Voilà tout le message de l'Expiation; un
message qui dans sa totalité transcende la somme de ses parties.
Toi aussi, tu as un Royaume que ton pur-esprit a créé. Il n'a pas
cessé de créer à cause des illusions de l'ego. Tes créations ne sont
pas plus sans père que tu ne l'es. Ton ego et ton pur-esprit ne
seront jamais co-créateurs, mais ton pur-esprit et ton Créateur
le seront toujours. Aie confiance en ce que tes créations sont
autant en sécurité que tu l'es.
Le Royaume est parfaitement uni et parfaitement protégé, et
l'ego ne prévaudra point contre lui. Amen.
Cela est écrit sous forme de prière parce qu'elle est utile dans
les moments de tentation. C'est une déclaration d'indépendance.
Tu verras qu'elle t'aidera beaucoup si tu la comprends pleinement.
La raison pour laquelle tu as besoin de mon aide, c'est que
tu as nié ton propre Guide et tu as donc besoin d'être guidé. Mon
rôle est de séparer le vrai du faux, de sorte que la vérité puisse
briser les barrières que l'ego a montées et puisse luire dans ton
esprit. Contre nos forces unifiées l'ego ne saurait prévaloir.
Il est sûrement apparent maintenant pourquoi l'ego considère
le pur-esprit comme son «ennemi». L'ego a surgi de la séparation,
et la continuation de son existence dépend de la continuation
de ta croyance dans la séparation. L'ego doit t'offrir une sorte
de récompense pour maintenir cette croyance. Tout ce qu'il peut
offrir est un sentiment d'existence temporaire, qui commence
avec son propre commencement et finit avec sa propre fin. Il
te dit que cette vie est ton existence parce que c'est la sienne.
Contre ce sentiment d'existence temporaire le pur-esprit t'offre
la connaissance de la permanence et de l'être inébranlable. Nul
qui a fait l'expérience de cette révélation ne peut plus jamais pleinement
croire à l'ego par la suite. Comment sa maigre offrande
pourrait-elle prévaloir contre le don glorieux de Dieu ?
Toi qui t'identifies à ton ego, tu ne peux pas croire que Dieu
t'aime. Tu n'aimes pas ce que tu as fait, et ce que tu as fait ne
t'aime pas. Étant fait du déni du Père, l'ego n'a aucune allégeance
envers son faiseur. À cause de ta haine contre le soi que tu as fait,
tu ne peux pas concevoir la relation réelle qui existe entre Dieu
et Ses créations. Tu projettes sur l'ego la décision de te séparer,
et cela est en conflit avec l'amour que tu ressens pour l'ego parce
que tu l'as fait. Il n'est pas d'amour en ce monde sans cette ambivalence,
et puisqu'aucun ego n'a fait l'expérience d'un amour sans
ambivalence, le concept dépasse son entendement. L'amour
entrera immédiatement dans tout esprit qui le veut véritablement,
mais il faut qu'il le veuille véritablement. Cela signifie qu'il
le veut sans ambivalence, et cette sorte de vouloir est entièrement
dépourvue de la «soif d'obtenir» de l'ego.
Il est une sorte d'expérience si différente de tout ce que l'ego
peut offrir que tu ne voudras plus jamais ni la couvrir ni la cacher.
Il est nécessaire de répéter que ta croyance en les ténèbres et la
cacherie est la raison pour laquelle la lumière ne peut pas entrer.
La Bible fait de nombreuses références aux dons incommensurables
qui sont pour toi, mais que tu dois demander. Cela n'est pas
une condition comme l'ego pose des conditions. C'est la condition
glorieuse de ce que tu es.
Nulle force, sinon ta propre volonté, n'est assez grande ni
assez digne pour te guider. En cela tu es aussi libre que Dieu,
et tu dois le rester à jamais. Demandons au Père en mon nom
que tu gardes à l'esprit Son Amour pour toi et le tien pour Lui.
Il n'a jamais manqué de répondre à cette requête, parce que tu
demandes seulement ce qui était déjà Sa volonté. Ceux qui
appellent véritablement obtiennent toujours une réponse. Tu
n'auras pas d'autres dieux devant Lui parce qu'il n'y en a pas.
Il ne t'est jamais réellement venu à l'esprit d'abandonner chaque
idée que tu aies jamais Elle qui s'oppose à la connaissance. Tu
retiens des milliers de petites bribes de peur qui empêchent le
Saint d'entrer. La lumière ne peut pas pénétrer les murs que tu
as faits pour la bloquer, et elle est à jamais indésireuse de détruire
ce que tu as fait. Personne ne peut voir à travers un mur, mais je
peux le contourner. Surveille ton esprit pour déceler les bribes
de peur, sinon tu seras incapable de me demander de le faire. Je
peux t'aider uniquement comme notre Père nous a créés. Je vais
t'aimer et t'honorer et continuer de respecter complètement ce
que tu as fait, mais je ne le soutiendrai pas à moins que ce ne
soit vrai. Je ne t'abandonnerai jamais, pas plus que Dieu ne le
fera, mais je dois attendre aussi longtemps que tu choisis de
t'abandonner toi-même. Parce que j'attends avec amour et non
avec impatience, tu me demanderas sûrement véritablement. Je
viendrai en réponse à un seul appel sans équivoque.
Surveille attentivement et vois ce que tu demandes réellement.
Sois très honnête avec toi-même sur ce point, car nous ne devons
rien nous cacher l'un à l'autre. Si tu essaies réellement de faire
cela, tu as fait le premier pas pour préparer ton esprit afin que le
Saint puisse y entrer. Nous nous préparerons ensemble pour
cela, car une fois qu'il est venu, tu es prêt à m'aider à rendre
d'autres esprits prêts pour Lui. Combien de temps Lui nieras-tu
Son Royaume ?
Dans ton propre esprit, quoique niée par l'ego, se trouve la
déclaration de ta délivrance. Dieu t'a tout donné. Ce seul fait signifie
que l'ego n'existe pas, et cela lui fait terriblement peur. Dans
le langage de l'ego, « avoir» et « être » sont différents, mais ils sont
identiques pour le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit connaît qu'à la
fois tu as tout et tu es tout. Toute distinction à cet égard n'a de
signification que si l'idée d'« obtenir», qui implique un manque,
a déjà été acceptée. C'est pourquoi nous ne faisons aucune distinction
entre avoir le Royaume de Dieu et être le Royaume de Dieu.
L'être calme du Royaume de Dieu, qui est parfaitement conscient
dans ton esprit sain, est cruellement banni de la partie de l'esprit
que gouverne l'ego. L'ego est désespéré parce qu'il s'oppose à
des forces littéralement invincibles, que tu sois endormi ou
éveillé. Considère toute la vigilance que tu as été désireux
d'exercer pour protéger ton ego, et le peu que tu as mis pour protéger
ton esprit juste. Qui, sauf les insanes, entreprendrait de
croire ce qui n'est pas vrai, puis de protéger cette croyance au prix
de la vérité ?
IV. Cela n'a pas besoin d'être
Si tu ne peux pas entendre la Voix pour Dieu, c'est parce que
tu ne choisis pas d'écouter. Que tu écoutes en fait la voix de ton
ego, cela est démontré par tes attitudes, tes sentiments et ta
conduite. Pourtant c'est ce que tu veux. C'est pour garder cela
que tu te bats, et c'est pour sauver cela que tu es vigilant. Tu as
l'esprit plein de combines pour sauver la face de ton ego, et tu ne
cherches pas la face du Christ. C'est certes un sombre miroir
dans lequel l'ego cherche à voir sa propre face. Comment peutil
maintenir le truc de son existence autrement que par des miroirs?
Mais c'est à toi de décider où tu regardes pour te trouver.
J'ai dit que tu ne pouvais pas changer d'esprit en changeant de
conduite, mais j'ai dit aussi, et maintes fois, que tu peux changer
d'esprit. Quand ton humeur te dit que tu as mal choisi, et c'est
ainsi chaque fois que tu n'es pas joyeux, alors connais que cela n'a
pas besoin d'être. Dans chaque cas tu as pensé faussement au sujet
d'un frère que Dieu a créé et tu perçois les images que ton ego
fait dans un miroir assombri. Pense honnêtement à ce que tu as
pensé que Dieu n'aurait pas pensé, et à ce que tu n'as pas pensé
que Dieu voudrait que tu penses. Cherche sincèrement ce que
tu as fait et n'as pas fait en conséquence, puis change d'esprit
pour penser avec Celui de Dieu. Cela peut sembler difficile à
faire, mais c'est bien plus facile que d'essayer de penser contre
lui. Ton esprit est un avec Celui de Dieu. Nier cela et penser
autrement a maintenu la cohésion de ton ego, mais cela a littéralement
divisé ton esprit. En frère qui t'aime, je me préoccupe
beaucoup de ton esprit, et je t'enjoins de suivre mon exemple
quand tu te regardes toi-même et regardes ton frère, et vois en
tous les deux les glorieuses créations d'un Père glorieux.
Quand tu es triste, connais que cela n'a pas besoin d'être. La
dépression vient du sentiment d'être privé de quelque chose que
tu veux et que tu n'as pas. Souviens-toi que tu n'es privé de rien
si ce n'est par ta propre décision, puis prends une autre décision.
Quand tu es anxieux, rends-toi compte que l'anxiété vient du
caractère capricieux de l'ego, et connais que cela n'a pas besoin d'être.
Tu peux être aussi vigilant contre les diktats de l'ego que pour eux.
Quand tu te sens coupable, souviens-toi que l'ego a bel et
bien violé les lois de Dieu, mais pas toi. Les «péchés» de l'ego,
laisse-les-moi. C'est à cela que sert l'Expiation. Mais l'Expiation
ne peut pas te délivrer jusqu'à ce que tu changes d'esprit à propos
de ceux que ton ego a blessés. Tant que tu te sens coupable,
c'est ton ego qui commande, parce que seul l'ego peut éprouver
de la culpabilité. Cela n'a pas besoin d'être.
Surveille ton esprit pour déceler les tentations de l'ego, et ne le
laisse pas te tromper. Il ne t'offre rien. Quand tu auras abandonné
cette dés-inspiration volontaire, tu verras comme ton esprit peut
se concentrer, s'élever au-dessus de la fatigue et guérir. Or ta
vigilance n'est pas assez grande à l'encontre des demandes de
l'ego pour t'en désengager. Cela n'a pas besoin d'être.
L'habitude se prend facilement de t'engager dans la voie vers
Dieu et Ses créations si tu refuses activement de laisser ton
esprit s'égarer. Le problème n'est pas la concentration; c'est la
croyance que personne, y compris toi, ne vaut un effort constant.
Range-toi avec constance de mon côté contre cette tromperie, et
ne permets pas que cette piteuse croyance te fasse reculer. Les
découragés ne sont d'aucune utilité ni à eux-mêmes ni à moi,
mais seul l'ego peut être découragé.
As-tu déjà réellement pensé au nombre d'occasions que tu
as Elles de te réjouir, et au nombre de celles que tu as refusées?
Il n'y a pas de limite au pouvoir d'un Fils de Dieu, mais il peut
limiter l'expression de son pouvoir autant qu'il choisit de le faire.
Ton esprit et le mien peuvent s'unir et dissiper ton ego, libérant
la force de Dieu dans tout ce que tu penses et fais. Ne te contente
pas de moins que cela et refuse d'accepter toute autre chose
pour but. Surveille ton esprit attentivement pour déceler toute
croyance qui entrave son accomplissement, puis écarte-toi d'elle.
Juge de ton succès en cela par tes propres sentiments, car cela
est le seul bon usage du jugement. Le jugement, comme toute
autre défense, peut être utilisé pour attaquer ou pour protéger;
pour blesser ou pour guérir. L'ego devrait être porté au jugement
et là trouvé insuffisant. Sans ton allégeance, ta protection et ton
amour, l'ego ne peut exister. Qu'il soit jugé véritablement et tu
dois lui retirer allégeance, protection et amour.
Tu es un miroir de la vérité, dans lequel Dieu Lui-même luit
d'une lumière parfaite. Au sombre miroir de l'ego, tu as seulement
besoin de dire : «Je ne regarderai pas, parce que je sais que
ces images ne sont pas vraies. » Puis laisse le Saint luire sur toi
en paix, en connaissant que cela et cela seul doit être. Son Esprit
luisait sur toi en ta création et a donné l'être à ton esprit. Son
Esprit luit encore sur toi et doit luire à travers toi. Ton ego ne peut
pas L'empêcher de luire sur toi, mais il peut t'empêcher de Le laisser
luire à travers toi.
Le premier Avènement du Christ n'est qu'un autre nom de la
création, car le Christ est le Fils de Dieu. Le second Avènement
du Christ ne signifie rien de plus que la fin du règne de l'ego et
la guérison de l'esprit. J'ai été créé pareil à toi dans le premier,
et je t'ai appelé à te joindre à moi dans le second. Je suis en
charge du second Avènement, et mon jugement, qui n'est utilisé
que pour la protection, ne peut pas être faux parce qu'il n'attaque
jamais. Le tien peut être si distordu que tu crois que j'ai fait
erreur en te choisissant. Je t'assure que cela est une erreur de ton
ego. Ne fais pas celle de le prendre pour de l'humilité. Ton ego
essaie de te convaincre qu'il est réel et que je ne le suis pas, parce
que si je suis réel, je ne le suis pas plus que toi. Cette connaissance,
et je t'assure que c'est la connaissance, signifie que le Christ est
entré dans ton esprit et l'a guéri.
Je n'attaque pas ton ego. Je travaille avec la partie supérieure
de ton esprit, qui est la demeure du Saint-Esprit, que tu sois
endormi ou éveillé, tout comme l'ego travaille avec la partie inférieure
de ton esprit, qui est sa demeure. Je suis ta vigilance en cela,
parce que ta confusion est trop grande pour que tu reconnaisses
ton propre espoir. Je ne fais pas erreur. Ton esprit choisira de
se joindre au mien, et ensemble nous sommes invincibles. Toi
et ton frère finirez par vous assembler en mon nom, et votre
santé d'esprit sera rétablie. J'ai ressuscité les morts en connaissant
que la vie est un attribut éternel de tout ce que le Dieu vivant
a créé. Pourquoi crois-tu qu'il m'est plus difficile d'inspirer les
dés-inspirés ou de stabiliser les instables ? Je ne crois pas qu'il
y ait un ordre de difficulté dans les miracles; toi, si. J'ai appelé
et tu répondras. Je comprends que les miracles sont naturels,
parce que ce sont des expressions d'amour. Que je t'appelle, cela
est aussi naturel que ta réponse, et aussi inévitable.
V. L'illusion ego-corps
Toutes choses concourent au bien. Il n'y a pas d'exception sauf
dans le jugement de l'ego. L'ego exerce une vigilance maximale
sur ce qu'il admet dans la conscience, et ce n'est pas de cette façon
qu'un esprit équilibré maintient sa cohésion. L'ego devient encore
plus déséquilibré parce qu'il soustrait à ta conscience sa motivation
première, et qu'il fait prédominer le contrôle plutôt que la santé
d'esprit. L'ego a toutes les raisons de faire cela, conformément au
système de pensée qui l'a engendré et qu'il sert. Un jugement
sain, inévitablement, jugerait et rejetterait l'ego, et l'ego doit donc
l'oblitérer dans l'intérêt de sa propre préservation.
Une source principale de l'état déséquilibré de l'ego est son
manque de discrimination entre le corps et les Pensées de Dieu.
Les Pensées de Dieu sont inacceptables pour l'ego, parce qu'elles
indiquent clairement l'inexistence de l'ego même. C'est pourquoi
l'ego soit les distord soit refuse de les accepter. Il ne peut
pas, toutefois, les faire cesser d'être. Par conséquent, il essaie de
dissimuler non seulement les impulsions «inacceptables» du
corps mais aussi les Pensées de Dieu, parce que les deux représentent
une menace pour lui. Se souciant principalement de sa
propre préservation face à la menace, l'ego les perçoit comme
étant les mêmes. En les percevant comme les mêmes, l'ego
tente de se sauver d'être balayé, ce qu'il serait sûrement en présence
de la connaissance.
Tout système de pensée qui confond Dieu et le corps doit être
insane. Or cette confusion est essentielle pour l'ego, qui ne juge
qu'en fonction de la menace ou de la non-menace contre lui. Dans
un sens, sa peur de Dieu est au moins logique, puisque la seule
idée de Lui dissipe l'ego. Mais la peur du corps, avec lequel l'ego
s'identifie si étroitement, n'a absolument aucun sens.
Le corps est la demeure de l'ego de par son propre choix. C'est
la seule identification avec laquelle l'ego se sent en sécurité,
puisque la vulnérabilité du corps est son meilleur argument
pour montrer que tu ne peux pas être de Dieu. Voilà la croyance
que l'ego parraine ardemment. Et pourtant l'ego hait le corps,
parce qu'il ne peut l'accepter comme une assez bonne demeure
pour lui. C'est là que l'esprit devient vraiment tout étourdi.
L'ego lui ayant dit qu'il fait vraiment partie du corps et que le
corps est son protecteur, voilà qu'il dit aussi à l'esprit que le corps
ne peut pas le protéger. Alors l'esprit demande : «Où puis-je
obtenir protection?», à quoi l'ego répond : «Tourne-toi vers moi.»
Mais l'esprit, non sans raison, rappelle à l'ego qu'il a lui-même
insisté sur son identification avec le corps, de sorte que rien ne
sert de se tourner vers lui pour être protégé. À cela l'ego n'a pas
de vraie réponse parce qu'il n'y en a pas, mais il a une solution
typique. Il oblitère la question du champ de la conscience. Une
fois sortie de la conscience, la question peut provoquer, et de fait
provoque un malaise, mais elle ne peut pas trouver de réponse
parce qu'elle ne peut pas être posée.
Voilà la question qui doit être posée : « Où puis-je obtenir protection
? » « Cherchez, et vous trouverez » ne signifie pas que tu
doives chercher aveuglément et désespérément quelque chose
que tu ne reconnaîtrais pas. Une recherche signifiante est une
recherche entreprise consciemment, consciemment organisée et
consciemment dirigée. Il faut que le but soit formulé clairement
et gardé à l'esprit. Apprendre et vouloir apprendre sont inséparables.
Tu apprends le mieux quand tu crois que ce que tu essaies
d'apprendre a de la valeur pour toi. Toutefois, ce n'est pas tout
ce que tu veux apprendre qui ait une valeur durable. De fait, il
se peut que bien des choses que tu veux apprendre aient été choisies
parce que leur valeur ne durera pas.
L'ego trouve avantageux de ne pas s'engager envers quoi que ce
soit qui est éternel, parce que l'éternel doit venir de Dieu. L'éternalité
est la seule fonction que l'ego ait essayé de développer, mais
en échouant systématiquement. L'ego transige sur la question de
l'éternel, de même qu'il transige sur tous les points qui touchent
de près ou de loin à la vraie question. En s'occupant de questions
digressives, il espère cacher la vraie question et la garder hors de
l'esprit. L'affairement caractéristique de l'ego à tout ce qui est
non essentiel sert précisément à cela. Ces préoccupations de problèmes
ainsi montés qu'ils sont impossibles à résoudre sont des
mécanismes favoris de l'ego pour freiner le progrès de l'apprentissage.
Or la seule question que ne posent jamais ceux qui suivent
ces tactiques de diversion est la suivante : « Pour quoi ? » C'est la
question que tu dois apprendre à poser à propos de tout. Quel
est le but? Quel qu'il soit, il dirigera automatiquement tes
efforts. Quand tu décides du but, donc, tu décides de tes efforts
futurs; et cette décision restera effective à moins que tu ne
changes d'esprit.
VI. Les récompenses de Dieu
L'ego ne reconnaît pas la vraie source de la « menace », et si
tu t'associes toi-même à l'ego, tu ne comprends pas la situation
telle qu'elle est. Seule ton allégeance donne à l'ego quelque
pouvoir sur toi. J'ai parlé de l'ego comme s'il s'agissait d'une
chose séparée, agissant d'elle-même. Cela était nécessaire pour
te persuader que tu ne peux pas l'écarter légèrement, et que tu
dois te rendre compte à quel point ta pensée est dirigée par l'ego.
Toutefois, nous ne pouvons pas sans risque en rester là, sinon
tu pourrais te considérer comme étant nécessairement en conflit
aussi longtemps que tu es ici, ou aussi longtemps que tu crois
être ici. L'ego n'est rien de plus qu'une partie de ce que tu crois
à propos de toi. Ton autre vie a continué sans interruption et elle
a été comme elle restera toujours totalement inaffectée par tes
tentatives pour la dissocier.
En apprenant à échapper des illusions, ta dette envers ton frère
est une chose que tu ne dois jamais oublier. C'est la même dette
que tu as envers moi. Chaque fois que tu agis égoïstement envers
autrui, tu jettes la gracieuseté de ta dette et la sainte perception
qu'elle produirait. Le terme « saint» peut s'employer ici
parce qu'en apprenant combien tu es redevable à la Filialité tout
entière, dans laquelle je suis inclus, tu viens aussi près de la
connaissance que la perception le permet. Le fossé est alors si
mince que la connaissance peut facilement le franchir et l'oblitérer
à jamais.
Tu n'as encore que très peu de confiance en moi, mais elle augmentera
lorsque tu te tourneras de plus en plus souvent vers moi
plutôt que vers ton ego pour être guidé. Les résultats te convaincront
de plus en plus que ce choix est le seul choix sain que tu
puisses faire. Nul n'a besoin d'être davantage convaincu, qui apprend
par l'expérience qu'un choix apporte la paix et la joie tandis
qu'un autre apporte le chaos et le désastre. Apprendre par
les récompenses est plus efficace qu'apprendre par la douleur,
parce que la douleur est une illusion de l'ego et ne peut jamais
induire plus qu'un effet temporaire. Les récompenses de Dieu,
par contre, sont reconnues immédiatement pour éternelles.
Puisque c'est toi et non l'ego qui les reconnaît, la re-connaissance
même établit que toi et ton ego ne pouvez pas être identiques.
Tu crois peut-être avoir déjà accepté cette différence, mais tu
es encore loin d'en être convaincu. Le fait que tu crois devoir
échapper de l'ego le montre bien; mais tu ne peux pas échapper
de l'ego en l'humiliant ni en le contrôlant ni en le punissant.
L'ego et le pur-esprit ne se connaissent pas. L'esprit séparé ne
peut maintenir la séparation qu'en dissociant. Ayant fait cela, il
nie toutes les impulsions véritablement naturelles, non pas parce
que l'ego est une chose séparée mais parce que tu veux croire que
tu l'es. L'ego est un mécanisme visant à maintenir cette croyance,
mais c'est encore ta seule décision d'utiliser le mécanisme qui lui
permet de durer.
Comment peux-tu enseigner à quelqu'un la valeur d'une
chose qu'il a délibérément jetée? Il a dû la jeter parce qu'il ne
l'estimait pas. Tu peux seulement lui montrer combien il est
misérable sans elle, puis l'amener lentement de plus en plus près
afin qu'il apprenne combien sa misère diminue à mesure qu'il
s'en approche. Cela lui enseigne à associer sa misère avec son
absence, et l'opposé de la misère avec sa présence. Petit à petit
elle devient désirable tandis qu'il change d'esprit sur sa valeur.
Je t'enseigne à associer la misère avec l'ego et la joie avec le puresprit.
Tu t'es enseigné l'opposé. Tu es encore libre de choisir,
mais peux-tu vraiment vouloir les récompenses de l'ego en présence
des récompenses de Dieu?
Ma confiance en toi est plus grande que la tienne en moi pour
le moment, mais il n'en sera pas toujours ainsi. Ta mission est très
simple. Il t'est demandé de vivre de façon à démontrer que tu
n'es pas un ego, et je ne me trompe pas en choisissant les canaux
de Dieu. Le Saint partage ma confiance et Il accepte mes décisions
d'Expiation parce que ma volonté n'est jamais en désaccord
avec la Sienne. J'ai dit plus tôt que je suis en charge de l'Expiation.
C'est seulement parce que j'y ai complété mon rôle en
tant qu'homme et que je peux maintenant le compléter par autrui.
Les canaux que j'ai choisis ne peuvent faillir, parce que je
leur prêterai ma force tant que la leur est insuffisante.
J'irai chez le Saint avec toi, et par ma perception Il pourra jeter
un pont sur le petit fossé. Ta gratitude envers ton frère est le seul
don que je veux. Je l'apporterai à Dieu pour toi, connaissant que
connaître ton frère, c'est connaître Dieu. Si tu as de la gratitude
envers ton frère, tu as de la gratitude envers Dieu pour ce qu'il a
créé. C'est par ta gratitude que tu en viens à connaître ton frère,
et un seul moment de vraie re-connaissance fait que chacun devient
ton frère parce que chacun est de ton Père. L'amour ne
conquiert pas toutes choses, mais il rectifie toutes choses. Parce
que tu es le Royaume de Dieu, je peux te reconduire à tes propres
créations. Tu ne les reconnais pas maintenant, mais ce qui a été
dissocié est toujours là.
Quand tu t'approches d'un frère, tu t'approches de moi; et
quand tu t'éloignes de lui, tu m'éloignes de toi. Le salut est une
entreprise qui repose sur la collaboration. Il ne peut pas être
entrepris avec succès par ceux qui se désengagent de la Filialité,
parce qu'ils se désengagent de moi. Dieu ne viendra à toi que
lorsque tu Le donneras à tes frères. Apprends d'abord d'eux et
tu seras prêt à entendre Dieu. C'est parce que la fonction de
l'amour est une.
VII Création et communication
Bien que le contenu de l'une ou l'autre des illusions de l'ego
n'ait pas d'importance, il est clair que sa correction aide davantage
dans un contexte précis. Les illusions de l'ego sont très
concrètes, bien que l'esprit soit naturellement abstrait. Une partie
de l'esprit devient concrète, toutefois, lorsqu'il se divise. La
partie concrète croit en l'ego, parce que l'ego dépend du concret.
L'ego est la partie de l'esprit qui croit que ton existence est définie
par la séparation.
Toute chose que l'ego perçoit est un tout séparé, sans les relations
qui impliquent l'être. Ainsi l'ego est contre la communication,
sauf dans la mesure où elle est utilisée pour établir plutôt
que pour abolir l'état de séparation. Le système de communication
de l'ego est basé sur son propre système de pensée,
comme l'est tout ce qu'il dicte. C'est son besoin de se protéger
qui contrôle sa communication, et il interrompt la communication
quand il se sent menacé. Cette interruption est une réaction
à une ou à plusieurs personnes en particulier. Ce qu'il y a de
concret dans la pensée de l'ego débouche alors sur une généralisation
spécieuse qui n'est pas du tout abstraite. Il ne fait que
répondre de certaines façons concrètes à tout ce qu'il perçoit
comme relié.
Par contraste, le pur-esprit réagit de la même façon à tout ce
qu'il connaît pour vrai, et il ne répond pas du tout à n'importe
quoi d'autre. Il ne tente pas non plus d'établir ce qui est vrai. Il
connaît que ce qui est vrai, c'est tout ce que Dieu a créé. Il est en
communication complète et directe avec chaque aspect de la création,
parce qu'il est en communication complète et directe avec
son Créateur. Cette communication est la Volonté de Dieu.
Création et communication sont synonymes. Dieu a créé chaque
esprit en lui communiquant Son Esprit, l'établissant ainsi à jamais
comme canal pour la réception de Son Esprit et de Sa Volonté.
Puisque seuls des êtres d'un même ordre peuvent communiquer
véritablement, Ses créations communiquent naturellement avec
Lui et comme Lui. Cette communication est parfaitement abstraite,
puisque sa qualité est universelle dans son application et
n'est sujette à aucun jugement, aucune exception ni aucune
altération. Dieu t'a créé par cela et pour c e l a . L'esprit peut
distordre sa fonction, mais il ne peut pas se doter lui-même de
fonctions qui ne lui ont pas été données. C'est pourquoi l'esprit
n
Un cours en miracles- Chapitre 3 - La perception innocente
15/02/2010 11:42 par amouretpaixdanslescoeurs
Chapitre 3
LA PERCEPTION INNOCENTE
I. Expiation sans sacrifice
Il faut d'abord qu'un autre point soit parfaitement clair avant
que toute trace de peur encore associée aux miracles puisse disparaître.
Ce n'est pas la crucifixion qui a établi l'Expiation; c'est
la résurrection. Nombreux sont les chrétiens sincères qui ont mal
compris cela. Nul ne saurait commettre cette erreur qui est libre
de la croyance dans le manque. Si la crucifixion est vue d'un
point de vue sens dessus dessous, il apparaît en effet que Dieu
aurait permis et même encouragé un de Ses Fils à souffrir parce
qu'il était bon. Cette interprétation particulièrement regrettable,
qui a surgi de la projection, a conduit de nombreuses personnes
à éprouver une peur atroce de Dieu. De tels concepts antireligieux
entrent dans plusieurs religions. Or le vrai chrétien devrait
s'arrêter et se demander : «Comment cela se pourrait-il?» Estil
vraisemblable que Dieu Lui-même soit capable du type de pensée
qui, ainsi que Ses Propres paroles l'ont clairement énoncé, est
indigne de Son Fils ?
Comme toujours, la meilleure défense n'est pas d'attaquer la
position d'un autre mais plutôt de protéger la vérité. Il n'est pas
sage d'accepter un concept quelconque s'il faut renverser tout un
cadre de référence pour le justifier. Cette procédure est douloureuse
dans ses applications mineures et franchement tragique sur
une plus grande échelle. La persécution aboutit souvent à une
tentative pour «justifier» cette terrible malperception voulant
que Dieu Lui-même ait persécuté Son Propre Fils au nom du
salut. Les mots mêmes sont in-signifiants. Il a été particulièrement
difficile de vaincre cela parce que, bien que l'erreur ellemême
ne soit pas plus dure à corriger qu'une autre, beaucoup ont
été indésireux de l'abandonner vu sa très grande valeur en tant
que défense. Sous une forme atténuée, un parent dit : « Cela me
fait plus mal qu'à toi» et croit être disculpé d'avoir battu un
enfant. Peux-tu croire que notre Père pense réellement de cette
façon? Il est tellement essentiel que toute pensée de ce genre soit
dissipée qu'il faut nous assurer que rien de tel ne reste dans ton
esprit. Je n'ai pas été «puni» parce que tu étais mauvais. La
leçon entièrement bénigne qu'enseigne l'Expiation est perdue si
elle est contaminée par ce genre de distorsion sous quelque
forme que ce soit.
L'énoncé : «À moi la vengeance, dit le Seigneur» est une malperception
par laquelle on assigne à Dieu ses propres «vieux
péchés». Les «vieux péchés» n'ont rien à voir avec Dieu. Il ne
les a pas créés et Il ne les maintient pas. Dieu ne croit pas au
châtiment. Son Esprit ne crée pas de cette façon. Il ne te reproche
pas tes «mauvaises» actions. Est-il vraisemblable qu'il me les
reproche à moi? Sois bien sûr de reconnaître à quel point cette
supposition est absolument impossible et comment elle émane
entièrement de la projection. Ce genre d'erreur est responsable
d'une multitude d'erreurs connexes, y compris la croyance que
Dieu a rejeté Adam et l'a chassé du jardin d'Éden. C'est aussi
pourquoi tu peux croire de temps en temps que je te fourvoie.
J'ai fait tous mes efforts pour utiliser des mots presque impossibles
à distordre, mais il est toujours possible de déformer les
symboles si tu le souhaites.
Le sacrifice est une notion totalement inconnue de Dieu. Elle
provient uniquement de la peur, et les gens qui ont peur peuvent
être méchants. Faire des sacrifices de n'importe quelle sorte, c'est
violer l'injonction que je t'ai faite d'être miséricordieux comme
ton Père au Ciel est miséricordieux. De nombreux chrétiens ont
eu de la difficulté à se rendre compte que cela s'applique à eux.
Les bons enseignants ne terrorisent jamais leurs étudiants.
Terroriser, c'est attaquer, et cela a pour résultat le rejet de ce
qu'offre l'enseignant. Le résultat est l'échec de l'apprentissage.
J'ai été correctement désigné comme «l'agneau de Dieu qui
ôte les péchés du monde », mais ceux qui représentent l'agneau
taché de sang ne comprennent pas la signification du symbole.
Lorsqu'il est bien compris, c'est un symbole très simple qui parle
de mon innocence. Le lion et l'agneau couchés côte à côte symbolisent
la force et l'innocence non pas en conflit mais vivant en
paix naturellement. « Heureux ceux qui ont le coeur pur car ils
verront Dieu» est une autre façon de dire la même chose. Un
esprit pur connaît la vérité et là est sa force. Il ne confond pas la
destruction avec l'innocence parce qu'il associe l'innocence à la
force et non à la faiblesse.
L'innocence est incapable de sacrifier quoi que ce soit parce
que l'esprit innocent a tout et s'efforce uniquement de protéger
son entièreté. Il ne peut projeter. Il ne peut qu'honorer les autres
esprits, parce que l'honneur est l'accueil naturel que font aux
autres qui sont comme eux ceux qui sont vraiment aimés. L'agneau
« ôte les péchés du monde » en ce sens que l'état d'innocence, ou
de grâce, est un état dans lequel la signification de l'Expiation est
parfaitement apparente. L'Expiation est entièrement non ambiguë.
Elle est parfaitement claire parce qu'elle existe dans la lumière.
Seules les tentatives pour l'envelopper de ténèbres l'ont rendue
inaccessible à ceux qui ne choisissent pas de voir.
L'Expiation ne rayonne que la vérité. C'est donc la quintessence
de la non-nuisance, et elle ne verse que des bénédictions. Elle ne
pourrait faire cela si elle provenait de toute autre chose que la
parfaite innocence. L'innocence est sagesse parce qu'elle n'a pas
conscience du mal, et le mal n'existe pas. Toutefois, elle est parfaitement
consciente de tout ce qui est vrai. La résurrection a
démontré que rien ne peut détruire la vérité. Le bien peut résister
à toute forme de mal, comme la lumière abolit les formes de
ténèbres. L'Expiation est donc la leçon parfaite. C'est la démonstration
finale que toutes les autres leçons que j'ai enseignées sont
vraies. Si tu peux accepter cette seule généralisation maintenant,
il n'y aura pas besoin d'apprendre de nombreuses leçons moins
importantes. Tu es délivré de toutes les erreurs si tu crois cela.
L'innocence de Dieu est l'état véritable de l'esprit de Son Fils.
Dans cet état ton esprit connaît Dieu, car Dieu n'est pas symbolique
: Il est un Fait. Connaissant Son Fils tel qu'il est, tu te
rends compte que l'Expiation, et non le sacrifice, est le seul don
qui convienne à l'autel de Dieu, où rien d'autre que la perfection
n'a sa place. Ce que les innocents comprennent, c'est la vérité.
C'est pourquoi leurs autels sont véritablement radieux.
II. Les miracles comme perception vraie
J'ai dit que les concepts de base dont parle ce cours ne sont pas
affaire de degrés. Certains concepts fondamentaux ne peuvent
pas être compris en tant qu'opposés. Il est impossible de concevoir
la lumière et les ténèbres ou tout et rien comme des possibilités
conjointes. Ils sont tout vrais ou tout faux. Il est essentiel
que tu te rendes compte que ta pensée continuera d'être erratique
jusqu'à ce que tu t'engages fermement envers l'un ou l'autre.
Toutefois, un engagement ferme envers les ténèbres ou le néant
est impossible. Nul n'a jamais vécu qui n'ait fait l'expérience de
quelque lumière et de quelque chose. Nul, donc, n'est capable de
nier totalement la vérité, même s'il pense qu'il le peut.
L'innocence n'est pas un attribut partiel. Elle n'est pas réelle
jusqu'à ce qu'elle soit totale. Ceux qui sont partiellement innocents
peuvent être assez sots par moments. Ce n'est que lorsque
leur innocence devient un point de vue d'application universelle
qu'elle devient sagesse. Une perception innocente ou vraie signifie
que jamais tu ne malperçois et que tu vois toujours véritablement.
Plus simplement, cela signifie que tu ne vois jamais ce qui
n'existe pas et vois toujours ce qui existe.
Quand tu manques de confiance en ce que quelqu'un va faire,
tu témoignes de ta croyance qu'il n'est pas dans son esprit juste.
Voilà un cadre de références qui n'est guère basé sur le miracle.
Cela a aussi l'effet désastreux de nier le pouvoir du miracle. Le
miracle perçoit toute chose telle qu'elle est. Si rien que la vérité
existe, la vue de l'esprit juste ne peut rien voir d'autre que la perfection.
J'ai dit que seul ce que Dieu crée ou ce que tu crées avec
la même Volonté a quelque existence réelle. Cela, donc, est tout
ce que les innocents peuvent voir. Ils ne souffrent pas d'une perception
distordue.
Tu as peur de la Volonté de Dieu parce que tu as utilisé ton
propre esprit, qu'il a créé à l'image du Sien, pour malcréer. L'esprit
ne peut malcréer que lorsqu'il croit qu'il n'est pas libre. Un
esprit « emprisonné » n'est pas libre parce qu'il est possédé, ou
retenu, par lui-même. Par conséquent il est limité, et la volonté
n'est pas libre de s'affirmer. Être un, c'est être d'un même esprit
ou d'une même volonté. Quand la Volonté de la Filialité et Celle
du Père ne font qu'un, leur accord parfait est le Ciel.
Rien ne saurait prévaloir contre un Fils de Dieu qui remet son
esprit entre les Mains de son Père. Ce faisant, l'esprit s'éveille
de son sommeil et se souvient de son Créateur. Tout sentiment
de séparation disparaît. Le Fils de Dieu fait partie de la Sainte
Trinité, mais la Trinité Elle-même est une. Il n'y a aucune confusion
entre Ses Niveaux parce qu'Ils sont d'un seul Esprit et d'une
seule Volonté. Ce but indivisé crée une intégration parfaite et
établit la paix de Dieu. Or seuls ceux qui sont véritablement
innocents peuvent percevoir cette vision. Parce qu'ils ont le
coeur pur, les innocents défendent la perception vraie au lieu de
se défendre contre elle. Parce qu'ils comprennent la leçon de
l'Expiation, ils sont sans le souhait d'attaquer et donc ils voient
véritablement. C'est ce que la Bible veut dire par : «Lorsqu'il
paraîtra (ou sera perçu), nous serons semblables à lui, car nous
le verrons tel qu'il est. »
La façon de corriger les distorsions, c'est de leur retirer ta foi
pour l'investir seulement dans ce qui est vrai. Tu ne peux pas
rendre le faux vrai. Si tu es désireux d'accepter ce qui est vrai dans
tout ce que tu perçois, tu le laisses être vrai pour toi. La Vérité
vainc toute erreur, et ceux qui vivent dans l'erreur et le vide ne
peuvent jamais trouver de réconfort durable. Si tu perçois véritablement,
tu annules simultanément les malperceptions en toimême
et en autrui. Parce que tu vois les autres tels qu'ils sont,
tu leur offres ton acceptation de leur vérité pour qu'ils puissent
eux-mêmes l'accepter. Telle est la guérison que le miracle induit.
III. Perception versus connaissance
Nous avons insisté sur la perception et nous avons très peu
parlé jusqu'à présent de la connaissance. C'est que la perception
doit être redressée avant que tu puisses connaître quoi que ce
soit. Connaître, c'est être certain. L'incertitude signifie que tu ne
connais pas. La connaissance est pouvoir parce qu'elle est certaine,
et la certitude est force. La perception est temporaire. En
tant qu'attribut de la croyance en l'espace et le temps, elle est sujette
soit à la peur ou à l'amour. Les malperceptions produisent la
peur et les perceptions vraies encouragent l'amour, mais aucune
n'apporte de certitude parce que toute perception varie. Voilà
pourquoi ce n'est pas la connaissance. La perception vraie est
la base de la connaissance, mais connaître est l'affirmation de la
vérité et par-delà toute perception.
Toutes tes difficultés viennent du fait que tu ne te reconnais pas
toi-même, ni ton frère ni Dieu. Reconnaître signifie « connaître
de nouveau » et cela implique que tu as connu jadis. Tu peux voir
de multiples façons parce que la perception comporte une interprétation,
ce qui signifie qu'elle n'est ni entière ni constante. Le
miracle, qui est une façon de percevoir, n'est pas la connaissance.
C'est la réponse juste à une question, mais tu ne poses pas de
question quand tu connais. Pour défaire les illusions, la première
étape est de les mettre en question. Le miracle, ou la réponse
juste, les corrige. Puisque les perceptions changent, il est évident
qu'elles dépendent du temps. Comment tu perçois à n'importe
quel moment détermine ce que tu fais, et les actions doivent se
produire dans le temps. La connaissance est intemporelle, parce
que la certitude ne peut être mise en question. Tu connais quand
tu as cessé de poser des questions.
L'esprit interrogateur se perçoit dans le temps et cherche donc
des réponses futures. L'esprit fermé croit que le futur et le présent
seront pareils. Cela établit un état qui en apparence est stable et
qui habituellement est une tentative pour contrebalancer la peur
sous-jacente que le futur sera pire que le présent. Cette peur
inhibe la tendance même à poser des questions.
La vraie vision est la perception naturelle de la vue spirituelle,
mais c'est encore une correction plutôt qu'un fait. La vue spirituelle
est symbolique; ce n'est donc pas un mécanisme pour
connaître. C'est toutefois un moyen de perception juste, ce qui
la fait entrer dans le domaine du miracle proprement dit. Une
«vision de Dieu» serait un miracle plutôt qu'une révélation. Le
simple fait qu'elle implique la perception retire l'expérience du
champ de la connaissance. C'est pourquoi les visions, si saintes
qu'elles soient, ne durent pas.
La Bible te dit de te connaître toi-même, ou d'être certain. La
certitude est toujours de Dieu. Quand tu aimes quelqu'un, tu l'as
perçu tel qu'il est et cela te permet de le connaître. Tant que tu
ne l'as pas d'abord perçu tel qu'il est, tu ne peux pas le connaître.
Aussi longtemps que tu poses des questions à son sujet, tu
laisses entendre clairement que tu ne connais pas Dieu. La certitude
ne requiert pas l'action. Quand tu dis que tu te bases sur
la connaissance pour agir, en fait tu confonds connaissance et perception.
La connaissance procure la force nécessaire à la pensée
créatrice mais non à l'action juste. La perception, les miracles et
l'action sont étroitement reliés. La connaissance est le résultat
de la révélation, et elle n'induit que la pensée. Même sous sa
forme la plus spiritualisée, la perception implique le c o r p s . La
connaissance vient de l'autel au-dedans et elle est intemporelle
parce qu'elle est certaine. Percevoir la vérité, ce n'est pas la
même chose que la connaître.
La perception juste est d'abord nécessaire afin que Dieu puisse
communiquer directement avec Ses autels, qu'il a établis en Ses
Fils. Là Il peut communiquer Sa certitude, et Sa connaissance
apportera la paix sans aucune question. Dieu n'est pas un étranger
pour Ses Fils et Ses Fils ne sont pas des étrangers les uns pour les
autres. La connaissance a précédé à la fois la perception et le temps
et c'est elle qui à la fin les remplacera. Voilà la signification réelle
de «l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin» et : «Avant
qu'Abraham fût, je suis. » La perception peut et doit être stabilisée,
mais la connaissance est stable. « Crains Dieu et observe Ses commandements
» devient : « Connais Dieu et accepte Sa certitude. »
Si tu attaques l'erreur en autrui, c'est toi-même que tu blesseras.
Tu ne peux pas connaître ton frère quand tu l'attaques.
C'est toujours un étranger qui est attaqué. Tu fais de lui un
étranger en le malpercevant, et ainsi tu ne peux pas le connaître.
C'est parce que tu as fait de lui un étranger que tu as peur de lui.
Perçois-le correctement afin de pouvoir le connaître. Il n'y a pas
d'étrangers dans la création de Dieu. Pour créer comme Il a créé,
tu ne peux créer que ce que tu connais et donc acceptes pour tien.
Dieu connaît Ses enfants avec une parfaite certitude. Il les a créés
en les connaissant. Il les reconnaît parfaitement. Quand ils ne
se reconnaissent pas les uns les autres, ils ne Le reconnaissent pas.
IV. L'erreur et l'ego
Les aptitudes que tu possèdes maintenant ne sont que des
ombres de ta force réelle. Toutes tes fonctions présentes sont
divisées et peuvent être mises en doute et remises en question.
C'est que tu n'es pas certain de la façon dont tu vas les utiliser
et tu es donc incapable de connaissance. Tu es aussi incapable de
connaissance parce que tu peux encore percevoir sans amour. La
perception n'existait pas avant que la séparation n'introduise des
degrés, des aspects et des intervalles. Le pur-esprit n'a pas de
niveaux, et tout conflit découle du concept de niveaux. Seuls les
Niveaux de la Trinité sont capables d'unité. Les niveaux créés par
la séparation ne peuvent qu'être en conflit. C'est qu'ils ne signifient
rien les uns pour les autres.
La conscience, le niveau de la perception, fut la première division
introduite dans l'esprit après la séparation, faisant de l'esprit
un percepteur plutôt qu'un créateur. La conscience est
correctement identifiée comme étant le domaine de l'ego. L'ego
est une tentative de l'esprit faux pour te percevoir toi-même tel
que tu souhaites être plutôt que tel que tu es. Or tu ne peux te
connaître que tel que tu es, parce que c'est tout ce dont tu peux
être sûr. Tout le reste peut être mis en question.
L'ego est l'aspect interrogateur du soi de l'après-séparation, qui
a été fait plutôt que créé. Il est capable de poser des questions
mais non de percevoir des réponses signifiantes, parce que cellesci
impliqueraient la connaissance et ne peuvent être perçues.
L'esprit est donc confus, parce que seule l'Unité d'esprit peut être
sans confusion. Un esprit séparé ou divisé doit être confus. Il est
nécessairement incertain de ce qu'il est. Il doit être en conflit
parce qu'il est en désaccord avec lui-même. Cela rend ses aspects
étrangers les uns aux autres, et c'est l'essence même de cette
condition propice à la peur dans laquelle l'attaque est toujours
possible. Tu as tout lieu d'avoir peur tel que tu te perçois toimême.
C'est pourquoi tu ne peux pas échapper de la peur jusqu'à
ce que tu te rendes compte que tu ne t'es pas et ne pouvais
pas te créer toi-même. Tu ne peux jamais rendre vraies tes malperceptions,
et ta création est au-delà de ta propre e r r e u r . C'est
pourquoi il faudra que tu finisses par choisir de guérir la séparation.
Il ne faut pas confondre la justesse d'esprit avec l'esprit connaissant,
parce qu'elle ne peut s'appliquer qu'à la perception juste.
Tu peux être de l'esprit juste ou de l'esprit faux, et même là
il peut y avoir des degrés, ce qui démontre clairement que la
connaissance n'y entre pas. Employée correctement, l'expression
«justesse d'esprit» sert à désigner la correction de la «fausseté
d'esprit», et elle s'applique à l'état d'esprit qui induit la perception
exacte. C'est un esprit de miracle parce qu'il guérit la malperception,
ce qui est certes un miracle vu la façon dont tu te
perçois toi-même.
La perception comporte toujours quelque mauvais usage de
l'esprit, parce qu'elle amène l'esprit dans des zones d'incertitude.
L'esprit est très actif. Quand il choisit d'être séparé, il choisit de
percevoir. Jusque-là, sa seule volonté est de connaître. Après, il
ne peut que faire des choix ambigus, et la seule voie qui mène
hors de l'ambiguïté est la perception claire. L'esprit ne retourne
à la fonction qui lui est propre que lorsqu'il a pour volonté de
connaître. Cela le met au service du pur-esprit, où la perception
est changée. L'esprit choisit de se diviser quand il choisit de faire
ses propres niveaux. Mais il ne pourrait pas se séparer entièrement
du pur-esprit, parce que c'est du pur-esprit qu'il tire tout
son pouvoir de faire ou de créer. Même dans la malcréation, l'esprit
affirme sa Source, sinon il cesserait d'être tout simplement.
Cela est impossible, parce que l'esprit appartient au pur-esprit
que Dieu a créé et qui est donc éternel.
L'aptitude à percevoir a rendu le corps possible, parce que tu
dois percevoir quelque chose et avec quelque chose. Voilà pourquoi
la perception comporte un échange ou une traduction, dont la
connaissance n'a pas besoin. La fonction interprétative de la perception,
une forme distordue de la création, te permet alors de
penser que tu es ton corps, interprétation par laquelle tu tentes
d'échapper du conflit que tu as induit. Le pur-esprit, qui connaît,
ne saurait se concilier avec cette perte de pouvoir, parce qu'il est
incapable de ténèbres. Cela rend le pur-esprit presque inaccessible
à l'esprit et entièrement inaccessible au corps. Par la suite,
le pur-esprit est perçu comme une menace, parce que la lumière
abolit les ténèbres en te montrant simplement qu'elles ne sont
pas là. C'est ainsi que la vérité vaincra toujours l'erreur. Cela ne
peut pas être un processus actif de correction parce que, comme
je l'ai déjà souligné, la connaissance ne fait rien. Elle peut être
perçue comme un agresseur, mais elle ne peut pas attaquer.
Ce que tu perçois comme une attaque de sa part, c'est ta propre
vague re-connaissance de ce que tu peux toujours te souvenir de
la connaissance, puisqu'elle n'a jamais été détruite.
Dieu et Ses créations restent en toute sûreté et connaissent
donc qu'il n'existe aucune malcréation. La vérité ne peut pas s'occuper
des erreurs que tu veux, toi. J'étais un homme qui se souvenait
du pur-esprit et de sa connaissance. En tant qu'homme,
je n'ai pas tenté de contrebalancer l'erreur par la connaissance,
mais de corriger l'erreur de bas en haut. J'ai démontré à la fois
l'impuissance du corps et la puissance de l'esprit. En unissant ma
volonté à Celle de mon Créateur, je me suis naturellement souvenu
du pur-esprit et de son but réel. Je ne peux pas unir pour
toi ta volonté à Celle de Dieu, mais je peux effacer toutes les malperceptions
de ton esprit si tu me laisses le guider. Seules tes
malperceptions te barrent la route. Sans elles ton choix est certain.
Une perception saine induit un choix sain. Je ne peux pas
choisir pour toi, mais je peux t'aider à faire toi-même le juste
c h o i x . «Il y a beaucoup d'appelés mais peu d'élus» devrait
être : «Tous sont appelés mais peu choisissent d'écouter.» Par
conséquent, ils ne font pas le juste choix. Les « élus » sont simplement
ceux qui font le juste choix plus t ô t . Les esprits justes
peuvent faire cela maintenant et ils trouveront du repos pour
leurs â m e s . Dieu te connaît seulement dans la paix, et cela est
ta réalité.
V. Au-delà de la perception
J'ai dit que les aptitudes que tu possèdes ne sont que des
ombres de ta force réelle, et que la perception, dont la nature est
de juger, n'a été introduite qu'après la séparation. Personne n'a
plus été sûr de rien depuis. J'ai aussi clairement fait comprendre
que la résurrection était le moyen permettant le retour à la
connaissance, ce qui fut accompli par l'union de ma volonté
avec Celle du Père. Nous pouvons maintenant établir une distinction
qui clarifiera certaines de nos affirmations subséquentes.
Depuis la séparation, les mots « créer» et «faire » ont été confondus.
Quand tu fais quelque chose, c'est parce que tu ressens un
manque ou un besoin concret. Tout ce qui est fait dans un but
concret n'est pas vraiment généralisable.Quand tu fais quelque
chose pour combler un manque perçu, tu laisses entendre que tu
crois en la séparation. L'ego a inventé dans ce but de nombreux
systèmes de pensée ingénieux. Aucun d'entre eux n'est créateur.
L'inventivité est un effort gaspillé même sous sa forme la plus
ingénieuse. La nature très concrète de l'invention n'est pas digne
de la créativité abstraite des créations de Dieu.
Comme nous l'avons déjà observé, la connaissance ne conduit
pas à l'action. La confusion entre ta création réelle et ce que tu
as fait de toi-même est si profonde qu'il t'est devenu littéralement
impossible de connaître quoi que ce soit. La connaissance est
toujours stable, et il est bien évident que tu ne l'es pas. Néanmoins,
tu es parfaitement stable tel que Dieu t'a créé. En ce sens, lorsque
ta conduite est instable, tu es en désaccord avec l'idée que Dieu
a de ta création. Tu peux faire cela si tel est ton choix, mais tu ne
voudrais sûrement pas le faire si tu étais dans ton esprit juste.
La question fondamentale que tu te poses continuellement ne
peut pas correctement s'adresser à toi. Tu ne cesses de demander
ce que tu es. Cela implique non seulement que tu connais la
réponse mais aussi que c'est à toi qu'il appartient de la fournir.
Or tu ne peux pas te percevoir correctement. Tu n'as pas d'image
à percevoir. Le mot «image» est toujours relié à la perception
et il ne fait pas partie de la connaissance. Les images sont symboliques,
elles représentent quelque chose d'autre. L'idée de
« changer ton image » reconnaît le pouvoir de la perception, mais
cela implique aussi qu'il n'y a rien de stable à connaître.
Connaître n'est pas susceptible d'interprétations. Tu peux
essayer d'«interpréter» la signification mais cela est toujours
sujet à l'erreur parce que cela porte sur la perception de la signification.
De telles incongruités sont le résultat de tentatives pour te
voir à la fois comme séparé et inséparé. Il est impossible de faire
une confusion aussi fondamentale sans accroître encore davantage
ta confusion générale. Ton esprit est peut-être devenu très
ingénieux mais, comme il arrive toujours lorsque méthode et
contenu sont séparés, il est utilisé dans une vaine tentative pour
trouver l'issue d'une voie sans issue. L'ingéniosité est totalement
divorcée de la connaissance, parce que la connaissance ne requiert
pas d'ingéniosité. L'ingéniosité n'est pas la vérité qui te rendra
libre, mais tu es libre du besoin d'en user quand tu es désireux
d'en lâcher prise.
La prière est une façon de demander quelque chose. C'est le
véhicule des miracles. Mais la seule prière qui ait une signification
est la prière pour le pardon, parce que ceux qui ont été pardonnés
ont tout. Une fois le pardon accepté, la prière au sens
habituel n'a plus aucune signification. La prière pour le pardon,
ce n'est rien de plus qu'une requête pour être à même de reconnaître
ce que tu as déjà. En choisissant la perception au lieu de
la connaissance, tu t'es placé dans une position où tu ne pourrais
ressembler à ton Père qu'en percevant miraculeusement. Tu as
perdu la connaissance d'être toi-même un miracle de Dieu. La
création est ta Source et ta seule fonction réelle.
L'énoncé : «Dieu créa l'homme à son image et à sa ressemblance
» a besoin d'être réinterprété.Par «image», on peut entendre
« pensée », et par « ressemblance », « de même qualité ». Dieu a bel
et bien créé le pur-esprit dans Sa Propre Pensée et d'une qualité
pareille à la Sienne. Il n'y a rien d'autre. La perception, par
contre, est impossible sans la croyance en « plus » et « moins ». À
chaque niveau elle comporte une sélection. La perception est un
processus continuel d'acceptation et de rejet, d'organisation et de
réorganisation, de passage et de changement. L'évaluation est
une partie essentielle de la perception, parce que les jugements
sont nécessaires pour sélectionner.
Qu'advient-il des perceptions s'il n'y a pas de jugements et rien
que parfaite égalité ? La perception devient impossible. La vérité
peut seulement être connue. Tout en elle est également vrai et
connaître n'importe quelle de ses parties, c'est la connaître tout
entière. Seule la perception comporte une conscience partielle. La
connaissance transcende les lois qui gouvernent la perception,
parce qu'une connaissance partielle est impossible. Elle est une
et entière et n'a pas de parties séparées. Toi qui réellement ne fais
qu'un avec elle, tu as seulement besoin de te connaître toi-même
pour que ta connaissance soit complète. Connaître le miracle de
Dieu, c'est connaître Dieu.
Le pardon est la guérison de la perception de séparation. Une
perception correcte de ton frère est nécessaire, parce que les
esprits ont choisi de se voir eux-mêmes séparés. Le pur-esprit
connaît Dieu complètement. Tel est son pouvoir miraculeux.
Le fait que chacun possède ce pouvoir complètement est une
condition tout à fait étrangère à la pensée du monde. Le monde
croit que si quiconque a tout, il ne reste plus rien. Mais les miracles
de Dieu sont aussi totaux que Ses Pensées, parce qu'ils sont
Ses Pensées.
Aussi longtemps que dure la perception, la prière aura une
place. Puisque la perception repose sur le manque, ceux qui perçoivent
n'ont pas totalement accepté l'Expiation et ne se sont pas
totalement donnés à la vérité. La perception est basée sur un état
séparé, de sorte que quiconque perçoit a besoin de guérison.
C'est la communion, et non la prière, qui est l'état naturel de
ceux qui connaissent. Dieu et Son miracle sont inséparables.
Qu'elles sont belles, en effet, les Pensées de Dieu qui vivent dans
Sa lumière ! Ta valeur est au-delà de la perception parce qu'elle
est au-delà du doute. Ne te perçois pas sous des lumières différentes.
Connais-toi dans la Seule Lumière où le miracle qui est
toi est parfaitement clair.
VI. Le jugement et le problème de l'autorité
Nous avons déjà parlé du Jugement dernier, mais pas suffisamment
en détail. Après le Jugement dernier, il n'y en aura plus. Le
jugement est symbolique parce qu'au-delà de la perception il n'y
a pas de jugement.Quand la Bible dit : «Ne jugez point, afin que
vous ne soyez point jugés », cela signifie que si tu juges la réalité
d'autrui, tu ne pourras pas éviter de juger la tienne.
C'est le choix de juger plutôt que de connaître qui est la cause
qui te fait perdre la paix. Le jugement est le processus sur lequel
repose la perception mais non la connaissance. J'ai parlé de
cela plus tôt quand j'ai mentionné, concernant le caractère sélectif
de la perception, que l'évaluation en était l'évident préalable.
Le jugement comporte toujours un rejet. Il ne souligne jamais
uniquement les aspects positifs de ce qui est jugé, que ce soit en
toi ou en autrui. Ce qui a été perçu et rejeté, ou jugé et trouvé
insuffisant, reste dans ton esprit parce que tu l'as perçu. L'une
des illusions dont tu souffres est de croire que ce que tu as jugé
et rejeté n'a aucun effet. Cela ne peut pas être vrai à moins de
croire aussi que ce que tu as jugé et rejeté n'existe pas. De toute
évidence, ce n'est pas ce que tu crois, sinon tu ne l'aurais pas jugé
et rejeté. Peu importe en définitive que ton jugement soit juste
ou faux. Dans les deux cas tu places ta croyance dans l'irréel.
Cela est inévitable quel que soit le type de jugement, parce que
le jugement implique la croyance que tu peux faire une sélection
parmi la réalité.
Tu n'as aucune idée de l'immense délivrance et de la paix profonde
qui viennent d'une rencontre totalement dépourvue de
jugement avec toi-même et avec tes frères. Quand tu reconnais
ce que tu es et ce que sont tes frères, tu te rends compte que de
les juger de quelque façon que ce soit n'a aucune signification.
En fait, ce qu'ils signifient est perdu pour toi précisément parce
que tu les juges. Toute incertitude vient du fait que tu te crois
contraint de juger. Tu n'as pas besoin du jugement pour organiser
ta vie, et tu n'en as certainement pas besoin pour t'organiser
toi-même. En présence de la connaissance, tout jugement est
automatiquement suspendu, et c'est ce processus qui permet à
la re-connaissance de remplacer la perception.
Tu as très peur de tout ce que tu as perçu mais as refusé d'accepter.
Tu crois que, parce que tu as refusé de l'accepter, tu en as
perdu le contrôle. C'est pourquoi tu le vois dans tes cauchemars
ou sous d'agréables déguisements dans ce qui semble être tes
rêves plus heureux. Rien de ce que tu as refusé d'accepter ne
peut être amené à la conscience. Ce n'est pas dangereux en soi
mais tu en as fait quelque chose qui te paraît dangereux.
Quand tu es fatigué, c'est parce que tu t'es jugé capable d'être
fatigué. Quand tu ris de quelqu'un, c'est parce que tu l'as jugé
indigne. Quand tu ris de toi-même, il faut que tu ries aussi des
autres, ne serait-ce que parce que tu ne peux pas supporter
l'idée d'être plus indigne qu'ils le sont. Tout cela te fatigue parce
que c'est essentiellement décourageant. Tu n'es pas réellement
capable d'être fatigué, mais tu es parfaitement capable de te lasser.
L'effort qu'exige le jugement incessant est pratiquement
i n t o l é r a b l e . Il est curieux qu'une aptitude aussi débilitante soit
tellement chérie. Or si tu souhaites être l'auteur de la réalité, tu
persisteras à t'accrocher au jugement. Tu considéreras aussi le
jugement avec frayeur, croyant qu'un jour il sera utilisé contre
toi. Cette croyance ne peut exister que dans la mesure où tu
crois à l'efficacité du jugement comme arme de défense pour ta
propre autorité.
Dieu n'offre que miséricorde. Tes paroles ne devraient refléter
que la miséricorde, car c'est ce que tu as reçu et c'est ce que
tu devrais donner. La justice est un expédient temporaire, ou une
tentative pour t'enseigner la signification de la miséricorde. Elle
juge uniquement parce que tu es capable d'injustice.
J'ai parlé de symptômes différents, et à ce niveau les variations
sont presque infinies. Toutefois, il y a une seule cause pour elles
toutes : le problème de l'autorité. C'est «la racine de tous les
maux». Chaque symptôme que fait l'ego comporte une contradiction
interne, parce que l'esprit est divisé entre l'ego et le
Saint-Esprit, si bien que tout ce que fait l'ego est incomplet et
contradictoire. Cette position intenable est le résultat du problème
de l'autorité, qui, parce qu'il accepte comme prémisse la
seule pensée inconcevable, ne peut produire que des idées qui
sont inconcevables.
Le problème de l'autorité est en fait une question de titre d'auteur.
Quand tu as un problème avec l'autorité, c'est toujours
parce que tu crois que tu es l'auteur de toi-même et que tu projettes
sur les autres ton propre délire. Alors tu perçois la situation
comme si les autres se battaient littéralement avec toi pour
être ton auteur. C'est l'erreur fondamentale que font tous ceux
qui croient avoir usurpé le pouvoir de Dieu. Cette croyance leur
fait très peur mais Dieu n'en est guère troublé. Il a toutefois très
hâte de la défaire, non pour punir Ses enfants mais seulement
parce qu'il connaît qu'elle les rend malheureux. Aux créations
de Dieu est donné leur véritable titre d'Auteur, mais tu préfères
être anonyme lorsque tu choisis de te séparer de ton Auteur.
Étant incertain de ton véritable titre d'Auteur, tu crois que ta
création était anonyme. Cela te laisse dans une position où il
semble signifiant de croire que tu t'es créé toi-même. Cette dispute
pour le titre d'auteur a laissé une telle incertitude dans ton
esprit qu'il pourrait même douter que tu existes réellement.
Seuls ceux qui remettent tout souhait de rejeter peuvent connaître
qu'il est impossible qu'eux-mêmes soient rejetés. Tu n'as pas
usurpé le pouvoir de Dieu, mais tu l'as perdu. Heureusement,
perdre une chose ne signifie pas qu'elle ait disparu. Cela signifie
simplement que tu ne te rappelles pas où elle est. Son existence
ne dépend pas de ton aptitude à l'identifier ou même à la situer.
Il est possible de regarder la réalité sans porter de jugement, en
connaissant simplement qu'elle est là.
La paix est l'héritage naturel du pur-esprit. Chacun est libre
de refuser d'accepter son héritage, mais il n'est pas libre d'établir
quel est son héritage. Le problème sur lequel chacun doit se
décider, c'est la question fondamentale du titre d'auteur. Toute
peur provient finalement, et parfois par des chemins très tortueux,
du déni du titre d'Auteur. L'offense n'est jamais faite à
Dieu, mais seulement à ceux qui Le nient. Nier Son titre d'Auteur,
c'est te nier à toi-même la raison de ta paix, si bien que tu
ne te vois toi-même que par segments. Cette étrange perception,
c'est le problème de l'autorité.
Il n'en est pas un qui ne se sente emprisonné d'une façon ou
d'une autre. Si cela est le résultat de sa propre libre volonté, il
doit considérer sa volonté comme n'étant pas libre, sinon la circularité
du raisonnement dans cette position serait très apparente.
Une volonté libre doit conduire à la liberté. Le jugement
emprisonne toujours parce qu'il sépare des segments de la réalité
à l'échelle instable des souhaits. Les souhaits ne sont pas des
faits. Souhaiter, cela implique que vouloir ne suffit pas. Or pas
un dans son juste esprit ne croit que ce qu'il souhaite est aussi
réel que ce qu'il veut. Au lieu de : « Cherchez premièrement Son
Royaume », dis : « Voulez premièrement Son Royaume », et tu auras
dit : «Je connais ce que je suis et j'accepte mon propre héritage.»
VII Création versus image de soi
Chaque système de pensée doit avoir un point de départ. Il
commence soit par un faire, soit par un créer, différence dont
nous avons déjà parlé. Leur ressemblance réside dans leur pouvoir
en tant que fondements. Leur différence réside dans ce qui
repose sur eux. Les deux sont des pierres angulaires pour les systèmes
de croyance sur lesquels chacun règle sa vie. C'est une
erreur de croire qu'un système de pensée fondé sur le mensonge
est faible. Rien de ce qui est fait par un enfant de Dieu n'est sans
pouvoir. Il est essentiel que tu t'en rendes compte, sinon tu seras
incapable d'échapper de la prison que tu as faite.
Tu ne peux pas résoudre le problème de l'autorité en dépréciant
le pouvoir de ton esprit. En faisant cela tu te trompes toimême,
et cela te blessera parce que tu comprends réellement la
force de ton esprit. Tu te rends compte aussi que tu ne peux pas
l'affaiblir, pas plus que tu ne peux affaiblir Dieu. Le « diable » est
un concept effrayant parce qu'il semble être extrêmement puissant
et extrêmement actif. Il est perçu comme une force en lutte
avec Dieu, se battant contre Lui pour la possession de Ses créations.
Le diable trompe par des mensonges et bâtit des royaumes
où tout est en opposition directe avec Dieu. Pourtant il attire les
hommes plutôt que de les rebuter, et ceux-ci sont désireux de lui
« vendre » leur âme en échange de dons qui n'ont aucune valeur
réelle. Cela n'a absolument aucun sens.
Nous avons déjà parlé de la chute, ou la séparation, mais il faut
comprendre clairement ce que cela signifie. La séparation est un
système de pensée assez réel dans le temps, mais point dans
l'éternité. Toutes les croyances sont réelles pour le croyant. Le
fruit d'un seul arbre était «défendu» dans le jardin symbolique.
Mais Dieu n'aurait pas pu le défendre, sinon le fruit n'aurait pas
pu être mangé. Si Dieu connaît Ses enfants, et je t'assure qu'il les
connaît, les aurait-Il mis dans une position où leur propre destruction
était possible ? « L'arbre défendu » était appelé « l'arbre
de la connaissance ». Or Dieu a créé la connaissance et l'a donnée
librement à Ses créations. Ce symbolisme a reçu plusieurs
interprétations, mais tu peux être sûr qu'est dans l'erreur toute
interprétation qui considère Dieu ou Ses créations capables de
détruire Leur Propre but.
Manger le fruit de l'arbre de la connaissance est un symbole
exprimant l'usurpation de l'aptitude à s'auto-créer. C'est le seul
sens dans lequel Dieu et Ses créations ne sont pas co-créateurs.
La croyance qu'ils le sont est contenue implicitement dans le
« concept de soi », ou la tendance du soi à se faire une image de
lui-même. Les images sont perçues, et non connues. La connaissance
ne peut pas tromper mais la perception, si. Tu peux te percevoir
comme te créant toi-même mais tu ne peux pas faire plus
que le croire. Tu ne peux pas faire que ce soit vrai. Et, comme je
l'ai dit plus tôt, quand tu percevras enfin correctement tu ne pourras
que te réjouir de ne pas pouvoir le faire. D'ici là, toutefois, la
croyance que tu le peux est la première pierre de ton système de
pensée, et toutes tes défenses sont utilisées pour attaquer les
idées qui pourraient la porter à la lumière. Tu crois encore que
tu es une image que tu as faite t o i - m ê m e . Ton esprit et le Saint-
Esprit sont divisés sur ce point, et il n'y a pas de solution tant que
tu crois la seule chose qui soit littéralement inconcevable. C'est
pourquoi tu ne peux pas créer et tu es rempli de peur au sujet de
ce que tu fais.
L'esprit peut rendre la croyance en la séparation très réelle et
très apeurante, et c'est cette croyance qui est le « diable ». Elle est
puissante, active, destructrice et nettement en opposition avec
Dieu, parce qu'elle nie littéralement Sa Paternité. Considère ta
vie et vois ce que le diable a fait. Mais rends-toi compte que ce
faire va sûrement se dissoudre à la lumière de la vérité, parce que
son fondement est un mensonge. Ta création par Dieu est le seul
Fondement qui ne peut être ébranlé, parce que la lumière est en
lui. Ton point de départ est la vérité, et tu dois retourner à ton
Commencement. Bien des choses ont été vues depuis, mais rien
ne s'est réellement passé. Ton Soi est encore en paix, bien que ton
esprit soit en conflit. Tu n'as pas encore remonté assez loin et
c'est pourquoi tu t'apeures à ce point. À mesure que tu t'approches
du Commencement, tu sens sur toi la peur de la destruction
de ton système de pensée comme si c'était la peur de la
mort. De mort, il n'y en a pas, mais il y a croyance en la mort.
Le sarment qui ne porte pas de fruit sera coupé et séchera.
Réjouis-toi ! La lumière luira du véritable Fondement de la vie
et ton propre système de pensée se trouvera corrigé. Il ne peut
pas tenir autrement. Toi qui as peur du salut, tu choisis la mort.
La vie et la mort, la lumière et les ténèbres, la connaissance et la
perception, sont inconciliables. Croire qu'ils peuvent être réconciliés,
c'est croire que Dieu et Son Fils ne peuvent pas l'être. Seule
l'unité de la connaissance est libre de conflit. Ton Royaume n'est
pas de ce monde parce qu'il t'a été donné d'au-delà de ce monde.
Il n'y a que dans ce monde où l'idée d'un problème de l'autorité
soit signifiante. Ce monde, ce n'est pas par la mort qu'on le
quitte mais par la vérité, et la vérité peut être connue de tous ceux
pour qui le Royaume a été créé, et qu'il attend.
Un cours en miracles- Chapitre 2- La séparation et l'expiation
15/02/2010 11:40 par amouretpaixdanslescoeurs
Chapitre 2
LA SÉPARATION ET L'EXPIATION
I. Les origines de la séparation
S'étendre est un aspect fondamental de Dieu qu'il a donné à
Son Fils. Dans la création, Dieu S'étendit Lui-même à Ses créations
et les imprégna de la même Volonté aimante de créer. Tu
n'as pas seulement été pleinement créé mais tu as aussi été créé
parfait. Il n'y a aucun vide en toi. À cause de ta ressemblance
avec ton Créateur, tu es créateur. Aucun enfant de Dieu ne peut
perdre cette aptitude parce qu'elle est inhérente à ce qu'il est,
mais il peut en user de manière inappropriée en projetant. Il y
a projection, ou usage inapproprié de l'extension, lorsque tu
crois qu'il existe en toi un vide ou un manque et que tu peux le
combler avec tes propres idées au lieu de la vérité. Ce processus
comprend les étapes suivantes :
Premièrement, tu crois que ce que Dieu a créé peut être
changé par ton propre esprit.
Deuxièmement, tu crois que ce qui est parfait peut être rendu
imparfait ou en manque.
Troisièmement, tu crois que tu peux distordre les créations de
Dieu, y compris toi.
Quatrièmement, tu crois que tu peux te créer toi-même et
qu'il t'appartient de diriger ta propre création.
Ces distorsions connexes représentent une image de ce qui
s'est en fait passé durant la séparation, ou le «détour dans la peur».
Rien de cela n'existait avant la séparation ni n'existe maintenant,
de fait. Tout ce que Dieu a créé est comme Lui. L'extension,
telle qu'entreprise par Dieu, est semblable au rayonnement intérieur
que les enfants du Père héritent de Lui. Sa source réelle est
interne. Cela est aussi vrai du Fils que du Père. En ce sens la
création inclut à la fois la création du Fils par Dieu et les créations
du Fils quand son esprit est guéri. Cela requiert que Dieu dote
Son Fils d'une libre volonté, parce que toute création aimante est
donnée librement en une seule ligne continue dont tous les aspects
sont du même ordre.
Le jardin d'Éden, ou la condition d'avant la séparation, était un
état d'esprit dans lequel il n'y avait aucun besoin. Quand Adam
prêta l'oreille aux «mensonges du serpent», tout ce qu'il entendit
était faux. Tu n'es pas obligé de continuer à croire ce qui n'est
pas vrai à moins que tu ne choisisses de le faire. Tout cela peut
littéralement disparaître en un clin d'oeil parce qu'il s'agit simplement
d'une malperception. Ce qui se voit en rêve semble très
réel. Or la Bible dit qu'un profond sommeil tomba sur Adam,
mais nulle part il n'est fait mention de son réveil. Le monde n'a
pas encore fait l'expérience d'une renaissance ou d'un réveil
global. Une telle renaissance est impossible tant que tu continues
à projeter ou à malcréer. Toutefois, il reste encore en toi le
potentiel d'étendre, comme Dieu étendit Son Pur-Esprit à toi.
En réalité c'est ton seul choix, car ta libre volonté t'a été donnée
pour ta joie dans la création du parfait.
En définitive, toute peur peut se réduire à cette malperception
fondamentale selon laquelle tu es capable d'usurper la puissance
de Dieu. Bien sûr, tu ne peux pas et tu n'as jamais été capable de
le faire. Voilà la base réelle de ton évasion de la peur. L'évasion
est amenée par ton acceptation de l'Expiation, qui te permet de
te rendre compte que tes erreurs ne se sont jamais réellement
produites. C'est seulement après que le profond sommeil fut
tombé sur Adam qu'il put faire des cauchemars. Si une lumière
est allumée soudainement pendant que quelqu'un fait un rêve
apeurant, il se peut tout d'abord qu'il interprète la lumière
comme faisant partie de son rêve et qu'il en ait peur. Au réveil,
toutefois, la lumière est correctement perçue comme étant sa
délivrance du rêve, auquel plus aucune réalité n'est alors accordée.
Cette délivrance ne dépend pas des illusions. La connaissance
qui illumine ne te rend pas seulement libre, elle te montre
aussi clairement que tu es libre.
Quels que soient les mensonges auxquels tu peux croire, le
miracle ne s'en soucie pas, qui peut tous les guérir avec la même
facilité. Il ne fait pas de distinction entre les malperceptions.
Son seul souci est de distinguer entre la vérité d'une part et
l'erreur d'autre part. Certains miracles peuvent sembler être plus
immenses que d'autres. Mais souviens-toi du premier principe
de ce cours : il n'y a pas d'ordre de difficulté dans les miracles. En
réalité tu es parfaitement inaffecté par toutes les expressions du
manque d'amour. Celles-ci peuvent être de toi comme d'autrui,
de toi envers autrui ou d'autrui envers toi. La paix est un attribut
en toi. Tu ne peux pas la trouver au-dehors. La maladie est une
forme de quête extérieure. La santé est la paix intérieure. Elle
te permet de rester inébranlé face au manque d'amour venant du
dehors et capable, par ton acceptation des miracles, de corriger
les conditions qui procèdent du manque d'amour en autrui.
II L'Expiation comme défense
Tu peux faire tout ce que je demande. Je t'ai demandé de faire
des miracles et j'ai expliqué que les miracles étaient naturels, correctifs,
guérissants et universels. Il n'est rien qu'ils ne puissent
faire, mais ils ne peuvent être accomplis dans un esprit de doute
ou de peur. Quand tu as peur de quoi que ce soit, tu reconnais
à cette chose le pouvoir de te blesser. Souviens-toi que là où est
ton coeur, là aussi est ton trésor. Tu crois en ce que tu estimes.
Quand tu as peur, tu estimes mal. Alors ton intelligence, inévitablement,
estimera mal, et en dotant toutes tes pensées d'un
pouvoir égal, détruira inévitablement ta paix. C'est pourquoi la
Bible parle de «la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence».
Cette paix est totalement incapable d'être ébranlée par quelque
erreur que ce soit. Elle nie à tout ce qui n'est pas de Dieu la
capacité de t'affecter. Voilà le bon usage du d é n i . Il n'est pas
utilisé pour cacher quoi que ce soit mais pour corriger l'erreur. Il
porte toute erreur à la lumière et, puisqu'erreur et ténèbres sont
la même chose, il corrige l'erreur automatiquement.
Le véritable déni est un puissant mécanisme de protection. Tu
peux et tu devrais nier toute croyance voulant que l'erreur peut
te blesser. Ce genre de déni n'est pas une dissimulation mais une
correction. Ton esprit juste en dépend. Le déni de l'erreur est
une solide défense de la vérité, mais du déni de la vérité résulte
la malcréation, les projections de l'ego. Au service de l'esprit
juste, le déni de l'erreur libère l'esprit et rétablit la liberté de la
volonté. Quand la volonté est vraiment libre, elle ne peut malcréer
parce qu'elle ne reconnaît que la vérité.
Tu peux défendre la vérité aussi bien que l'erreur. Les moyens
sont plus faciles à comprendre une fois que la valeur du but est
fermement établie. La question est de savoir à quoi ils servent.
Chacun défend son trésor et fait cela automatiquement. Les
vraies questions sont : Quel est ton trésor, et à quel point t'est-il
précieux? Quand tu auras appris à considérer ces questions et
à les rapporter à toutes tes actions, tu auras peu de difficulté à
clarifier les moyens. Les moyens sont disponibles à ta demande.
Tu peux toutefois gagner du temps si tu ne prolonges pas indûment
cette étape. Elle sera réduite incommensurablement si le
point de mire est le bon.
L'Expiation est la seule défense qui ne peut pas être utilisée de
manière destructrice, parce que ce n'est pas un mécanisme que
tu as fait. Le principe de l'Expiation était en vigueur bien avant
que l'Expiation n'ait commencé. Le principe était l'amour et
l'Expiation était un acte d'amour. Les actes n'étaient pas nécessaires
avant la séparation, parce que la croyance en l'espace et le
temps n'existait pas. Ce n'est qu'après la séparation que l'Expiation
et les conditions nécessaires à son accomplissement ont été
planifiées. Il fallait alors une défense si formidable qu'elle ne
pouvait pas être mal utilisée, bien qu'elle puisse être refusée. Toutefois,
le refus ne pouvait pas la changer en arme pour l'attaque,
caractéristique inhérente aux autres défenses. L'Expiation devient
ainsi la seule défense qui ne soit pas un glaive à deux tranchants.
Elle peut seulement guérir.
L'Expiation fut intégrée dans la croyance espace-temps pour
mettre une limite au besoin de cette même croyance, et pour
finalement compléter l'apprentissage. L'Expiation est l'ultime
leçon. L'apprentissage lui-même est temporaire, comme les salles
de classe où il a lieu. L'aptitude à apprendre n'a aucune valeur
quand le changement n'est plus nécessaire. Ceux qui sont éternellement
créateurs n'ont rien à apprendre. Tu peux apprendre
à améliorer tes perceptions, et tu peux sans cesse devenir un
meilleur apprenant. Cela te mettra en accord de plus en plus
étroit avec la Filialité; mais la Filialité est elle-même une création
parfaite et la perfection n'est pas une question de degré. C'est
seulement tant qu'il y a croyance dans les différences qu'apprendre
est signifiant.
L'évolution est un processus dans lequel tu sembles passer
d'un degré à l'autre. Tu corriges tes faux pas précédents en allant
de l'avant. En fait, ce processus est incompréhensible en fonction
du temps, puisque tu retournes lorsque tu avances. L'Expiation
est le mécanisme par lequel tu peux te libérer du passé en avançant.
Elle défait tes erreurs passées, t'évitant ainsi d'avoir constamment
à revenir sur tes pas sans approcher de ton retour. En
ce sens l'Expiation fait gagner du temps mais, comme le miracle
qu'elle sert, elle ne l'abolit pas. Tant qu'il y a besoin d'Expiation,
il y a besoin de temps. Mais l'Expiation en tant que plan complété
a un rapport unique avec le temps. Jusqu'à ce que l'Expiation soit
complète, ses différentes phases se dérouleront dans le temps,
mais l'Expiation tout entière se tient à la fin du temps. Alors le
pont du retour est construit.
L'Expiation est un engagement total. Tu penses peut-être
encore que cela est associé à une perte; c'est une erreur que font
tous les Fils séparés de Dieu d'une façon ou d'une autre. Il est
difficile de croire que la meilleure défense soit celle qui ne peut
attaquer. C'est ce que signifie : « Les doux hériteront la terre. »
Ils en prendront littéralement possession, à cause de leur force.
Une défense à double sens est faible intrinsèquement, précisément
parce qu'elle a deux tranchants et qu'elle peut se retourner
contre toi à l'improviste. Cette possibilité ne peut pas être
contrôlée, sauf par les miracles. Le miracle tourne la défense de
l'Expiation à ta réelle protection, et alors que tu te sens de plus
en plus sécurisé, te connaissant toi-même à la fois comme frère
et comme Fils, tu assumes ton talent naturel qui est de protéger
les autres.
III. L'autel de Dieu
L'Expiation ne peut être acceptée en toi qu'en libérant la lumière
intérieure. Depuis la séparation, les défenses ont été utilisées
presque uniquement pour défendre contre l'Expiation, et ainsi
maintenir la séparation. En général cela est vu comme un besoin
de protéger le corps. Les nombreux fantasmes corporels auxquels
se livrent les esprits viennent de la croyance distordue
que le corps peut être utilisé comme moyen d'atteindre à l'« expiation
». Percevoir le corps comme un temple n'est qu'une première
étape dans la correction de cette distorsion, parce qu'elle
n'en change qu'une partie. Elle reconnaît que l'Expiation au sens
physique est impossible. Toutefois, l'étape suivante consiste à
se rendre compte qu'un temple n'est pas du tout une structure.
Sa véritable sainteté réside dans l'autel intérieur autour duquel
la structure est bâtie. L'importance accordée aux belles structures
est un signe de la peur de l'Expiation, et l'indésir d'atteindre l'autel
même. L'oeil physique ne peut pas voir la réelle beauté du
temple. Par contre, la vue spirituelle ne peut pas du tout voir la
structure parce que c'est une vision parfaite. Toutefois, elle peut
voir l'autel d'une manière parfaitement claire.
Pour être parfaitement efficace, l'Expiation a sa place au centre
de l'autel intérieur, où elle défait la séparation et rétablit l'entièreté
de l'esprit. Avant la séparation, l'esprit était invulnérable à la
peur, parce que la peur n'existait pas. La séparation et la peur
sont toutes deux des malcréations qui doivent être défaites pour
la restauration du temple et pour l'ouverture de l'autel afin d'y
recevoir l'Expiation. Cela guérit la séparation en plaçant en toi
la seule défense efficace contre toute pensée de séparation, te rendant
parfaitement invulnérable.
L'acceptation de l'Expiation par chacun n'est qu'une affaire de
temps. Cela peut paraître contredire la libre volonté parce que
la décision finale est inévitable, mais il n'en est rien. Tu peux
temporiser et tu es capable d'une énorme procrastination, mais
tu ne peux pas quitter entièrement ton Créateur, Qui a fixé des
limites à ton aptitude à malcréer. Une volonté emprisonnée
engendre une situation qui, à l'extrême, devient tout à fait intolérable.
La tolérance à la douleur peut être grande, mais elle n'est
pas sans limite. Tôt ou tard chacun finit par reconnaître, même
très vaguement, qu'il doit y avoir une meilleure voie. En s'affirmant,
cette re-connaissance devient un tournant. À la fin, cela
réveille à nouveau la vision spirituelle, tout en diminuant l'investissement
en la vue physique. Cet investissement alternant
dans les deux niveaux de perception est ressenti habituellement
comme un conflit, qui peut devenir très aigu. Mais l'issue est
aussi certaine que Dieu.
La vision spirituelle ne peut pas voir l'erreur, littéralement, et
ne cherche à voir que l'Expiation. Toutes les solutions que recherche
l'oeil physique se dissolvent. La vision spirituelle regarde
à l'intérieur et reconnaît immédiatement que l'autel a été profané
et qu'il a besoin d'être réparé et protégé. Parfaitement consciente
de la défense juste, elle passe outre toutes les autres et regarde
passé l'erreur vers la vérité. À cause de la force de sa vision, elle
met l'esprit à son service. Cela rétablit le pouvoir de l'esprit et
le rend de plus en plus incapable de tolérer le retard, car il se rend
compte que celui-ci ne fait qu'ajouter une douleur inutile. En
conséquence, l'esprit devient de plus en plus sensible à ce qu'il aurait
considéré autrefois comme l'intrusion de très légers malaises.
Les enfants de Dieu ont droit au parfait bien-être qui provient
d'une confiance parfaite. Tant qu'ils n'ont pas accompli cela, ils
se gaspillent eux-mêmes et gaspillent leurs véritables pouvoirs
créateurs en de vaines tentatives pour arriver à un plus grand
bien-être par des moyens inappropriés. Mais les vrais moyens
leur sont déjà fournis, qui ne comportent absolument aucun
effort de leur part. L'Expiation est le seul don digne d'être offert
à l'autel de Dieu, à cause de la valeur de l'autel même. Il fut créé
parfait et il est entièrement digne de recevoir la perfection. Dieu
et Ses créations sont complètement interdépendants. Il dépend
d'elles parce qu'il les a créées parfaites. Il leur a donné Sa paix
pour qu'elles ne puissent pas être ébranlées et ne puissent pas
être trompées. Chaque fois que tu as peur, tu es trompé, et ton
esprit ne peut pas servir le Saint-Esprit. Cela t'affame en te niant
ton pain quotidien. Dieu est seul sans Ses Fils et ils sont seuls
sans L u i . Ils doivent apprendre à regarder le monde comme un
moyen de guérir la séparation. L'Expiation est la garantie qu'ils
finiront par y parvenir.
IV. La guérison comme délivrance de la peur
Mettons maintenant l'accent sur la guérison. Le miracle est
le moyen, l'Expiation est le principe et la guérison est le résultat.
Parler du «miracle de la guérison», c'est combiner de façon
inappropriée deux ordres de réalité. La guérison n'est pas un
miracle. L'Expiation, ou l'ultime miracle, est un remède, et toute
guérison est un résultat. Le genre d'erreur auquel s'applique
l'Expiation n'importe pas. Essentiellement, toute guérison est
délivrance de la peur. Pour entreprendre cela tu ne peux pas
toi-même avoir peur. Tu ne comprends pas la guérison à cause
de ta propre peur.
Une étape majeure dans le plan de l'Expiation est de défaire
l'erreur à tous les niveaux. La maladie — ou la «non-justesse
d'esprit» — est le résultat d'une confusion de niveaux, parce
qu'elle entraîne toujours la croyance que ce qui ne va pas à un
niveau peut en affecter un autre défavorablement. Nous avons
parlé des miracles comme du moyen de corriger la confusion de
niveaux, car toutes les erreurs doivent être corrigées au niveau où
elles se produisent. Seul l'esprit est capable d'erreur. Le corps
ne peut agir faussement qu'en réaction à une pensée fausse. Le
corps ne peut pas créer; et c'est la croyance qu'il le peut, une
erreur fondamentale, qui produit tous les symptômes physiques.
La maladie physique représente une croyance en la magie. Toute
la distorsion qui a fait la magie repose sur la croyance qu'il y a
dans la matière une faculté créatrice que l'esprit ne peut contrôler.
Cette erreur peut prendre deux formes : il est possible de croire
que l'esprit peut malcréer dans le corps ou bien que le corps peut
malcréer dans l'esprit. Lorsqu'il est bien compris que l'esprit,
seul niveau de création, ne peut pas créer au-delà de lui-même,
ni l'un ni l'autre type de confusion n'a plus besoin de se produire.
Seul l'esprit peut créer parce que le pur-esprit a déjà été créé,
et le corps est un mécanisme d'apprentissage pour l'esprit. Les
mécanismes d'apprentissage ne sont pas en eux-mêmes des leçons.
Leur but est simplement de faciliter l'apprentissage. Le
pire que puisse faire l'usage erroné d'un mécanisme d'apprentissage,
c'est de manquer de faciliter l'apprentissage. Il n'a pas
en soi le pouvoir d'introduire des erreurs d'apprentissage proprement
dites. Lorsqu'il est bien compris, le corps a ceci de commun
avec l'Expiation qu'il est invulnérable à toute application à
deux tranchants. Ce n'est pas parce que le corps est un miracle,
mais parce qu'en lui-même il ne prête pas à la mésinterprétation.
Le corps fait simplement partie de ton expérience dans le monde
physique. Ses aptitudes peuvent être et sont fréquemment surestimées.
Toutefois, il est presque impossible de nier son existence
en ce monde. Ceux qui le font se livrent à une forme de
déni particulièrement indigne. Ici, le terme «indigne» suggère
simplement qu'il n'est pas nécessaire de protéger l'esprit en
niant ce qui n'est pas de l'esprit. Si l'on nie cet aspect regrettable
du pouvoir de l'esprit, on nie aussi le pouvoir lui-même.
Tous les moyens matériels que tu acceptes comme remèdes
contre les maladies du corps sont des réaffirmations de principes
magiques. C'est le premier pas dans la croyance que le corps fait
sa propre maladie. C'est un deuxième faux pas que de tenter de
le guérir par des agents non créateurs. Toutefois, il ne s'ensuit
pas qu'il est mal d'utiliser ces agents à des fins correctives. Parfois
la maladie a une prise suffisamment forte sur l'esprit pour
rendre une personne temporairement inaccessible à l'Expiation.
Dans ce cas il peut être sage d'utiliser une approche de l'esprit
et du corps qui représente un compromis, en donnant croyance
temporairement à l'action guérissante de quelque chose d'extérieur.
Ceci parce que la dernière chose qui puisse aider ceux qui
ne sont pas dans l'esprit juste, ou les malades, est une augmentation
de la peur. Ils sont déjà dans un état affaibli par la peur.
S'ils étaient prématurément exposés à un miracle, ils pourraient
être saisis de panique. C'est ce qui risque d'arriver lorsqu'une
perception sens dessus dessous a induit la croyance que les
miracles sont effrayants.
Ce n'est pas dans la manière dont elle s'exprime que réside la
valeur de l'Expiation. En fait, si elle est utilisée véritablement, elle
s'exprimera inévitablement de la façon qui pourra le plus aider
le receveur. Cela signifie qu'un miracle, pour atteindre sa pleine
efficacité, doit être exprimé dans un langage que le bénéficiaire
peut comprendre sans peur. Cela ne signifie pas nécessairement
que ce soit le plus haut niveau de communication dont il est
capable. Cela signifie toutefois que c'est le plus haut niveau de
communication dont il est capable maintenant. Le seul but du
miracle est d'élever le niveau de communication et non de l'abaisser
en augmentant la peur.
V. La fonction du faiseur de miracles
Avant que les faiseurs de miracles soient prêts à entreprendre
leur fonction dans ce monde, il est essentiel qu'ils comprennent
pleinement la peur de la délivrance. Autrement ils pourraient
entretenir sans le savoir la croyance que la délivrance est un
emprisonnement, croyance déjà largement répandue. Cette
malperception vient à son tour de la croyance voulant que le
nuisible puisse se limiter au corps. Cela à cause de la peur sousjacente
que l'esprit puisse se blesser. Aucune de ces erreurs n'est
signifiante, parce que les malcréations de l'esprit n'existent pas
réellement. Reconnaître cela est un bien meilleur mécanisme
de protection qu'aucune forme de confusion de niveaux, parce
qu'elle introduit la correction au niveau de l'erreur. Il est essentiel
de se souvenir que seul l'esprit peut créer, et que la place
de la correction est au niveau de la pensée. Pour étayer un précédent
énoncé, le pur-esprit est déjà parfait et ne requiert donc
pas de correction. Le corps n'existe pas, sauf comme mécanisme
d'apprentissage pour l'esprit. De lui-même, ce mécanisme d'apprentissage
n'est pas sujet à l'erreur, parce qu'il ne peut créer.
Il est évident, donc, qu'induire l'esprit à abandonner ses malcréations
est la seule application de l'aptitude créatrice qui soit
vraiment signifiante.
La magie est l'usage sans esprit ou malcréateur de l'esprit. Les
médications physiques sont des formes de «sortilèges», mais tu
ne devrais pas tenter d'utiliser l'esprit pour guérir si tu as peur
de le faire. Le fait même que tu as peur rend ton esprit vulnérable
à la malcréation. Par conséquent, il est probable que tu comprennes
mal toute guérison qui pourrait survenir; et parce que
l'égocentrisme et la peur vont généralement de pair, tu serais
peut-être incapable d'accepter la Source réelle de la guérison.
Dans ces conditions, c'est plus sûr pour toi de te fier temporairement
à des mécanismes de guérison physiques, parce que tu ne
peux pas les malpercevoir comme étant tes propres créations.
Aussi longtemps que persiste ton sentiment de vulnérabilité, tu
ne devrais pas tenter de faire des miracles.
J'ai déjà dit que les miracles étaient des expressions de l'esprit
de miracle; or esprit de miracle signifie justesse d'esprit. Ceux
qui ont l'esprit juste n'exaltent ni ne déprécient ni l'esprit du faiseur
de miracles ni l'esprit de celui qui reçoit le miracle. Toutefois,
en tant que correction, le miracle n'a pas besoin d'attendre
la justesse d'esprit du receveur. En fait, son but est de le ramener
à son esprit juste. Il est essentiel, toutefois, que le faiseur de
miracles soit dans l'esprit juste, ne serait-ce que très brièvement,
sinon il sera incapable de rétablir la justesse d'esprit en autrui.
Le guérisseur qui se fie à sa propre capacité d'être prêt met en
péril sa compréhension. Tu es en parfaite sécurité aussi longtemps
que tu ne te soucies pas du tout d'être prêt mais continues
d'avoir confiance en moi qui le suis. Si ton inclination à faire des
miracles ne fonctionne pas correctement, c'est toujours parce que
la peur a fait intrusion dans ta justesse d'esprit et l'a tournée sens
dessus dessous. Toute forme de non-justesse d'esprit résulte de
ton refus d'accepter l'Expiation pour toi-même. Si tu l'acceptes,
par contre, tu es en position de reconnaître que ceux qui ont besoin
de guérison sont simplement ceux qui ne se sont pas rendu
compte que la justesse d'esprit est la guérison.
La seule responsabilité du faiseur de miracles est d'accepter l'Expiation
pour lui-même. Cela signifie que tu reconnais que l'esprit
est le seul niveau créateur et que ses erreurs sont guéries par
l'Expiation. Une fois que tu acceptes cela, ton esprit peut seulement
guérir. En niant à ton esprit tout potentiel destructeur et
en rétablissant ses pouvoirs purement constructifs, tu te mets
en position de défaire la confusion de niveaux en autrui. Alors
le message que tu leur envoies, c'est le fait véridique que leurs
esprits sont pareillement constructifs et que leurs malcréations
ne peuvent les blesser. En affirmant cela, tu libères l'esprit de ce
qu'il surévalue ses propres mécanismes d'apprentissage et tu
ramènes l'esprit à sa véritable position d'apprenant.
Il faut insister de nouveau sur le fait que le corps n'apprend pas
plus qu'il ne crée. En tant que mécanisme d'apprentissage, il suit
simplement l'apprenant, mais s'il est doté faussement de sa
propre initiative, il devient un sérieux obstacle à l'apprentissage
même qu'il devrait faciliter. Seul l'esprit est capable d'illumination.
Le pur-esprit est déjà illuminé et le corps en soi est trop
dense. L'esprit peut toutefois apporter son illumination au corps
en reconnaissant que celui-ci n'est pas l'apprenant et qu'il n'est
donc pas possible de l'amener à apprendre. Toutefois, le corps
peut facilement être aligné sur un esprit qui a appris à regarder
par-delà le corps vers la lumière.
Un apprentissage correctif commence toujours par l'éveil du
pur-esprit et l'abandon de la croyance en la vue physique. Cela
entraîne souvent de la peur, parce que tu as peur de ce que la vue
spirituelle va te montrer. J'ai dit plus tôt que le Saint-Esprit ne
peut pas voir l'erreur et qu'il est capable seulement de regarder
au-delà vers la défense de l'Expiation. Il n'y a pas de doute que
cela peut produire un malaise, or le malaise n'est pas le résultat
final de la perception. Quand il est permis au Saint-Esprit de
poser Son regard sur la profanation de l'autel, Il regarde aussi
immédiatement vers l'Expiation. Rien de ce qu'il perçoit ne
peut induire la peur. Tout ce qui résulte de la conscience spirituelle
est simplement canalisé vers la correction. Le malaise n'est
suscité que pour amener à la conscience le besoin de correction.
Finalement, c'est de l'indésir d'accepter sans équivoque la nécessité
de la guérison que vient la peur de la guérison. Ce que l'oeil
du corps voit ne corrige pas, pas plus que l'erreur ne peut être
corrigée par un quelconque mécanisme observable physiquement.
Aussi longtemps que tu croiras en ce que ta vue physique te dit,
tes tentatives de correction seront mal dirigées. La vraie vision
est obscurcie, parce que tu ne peux pas supporter de voir ton
propre autel profané. Mais puisque l'autel a été profané, ton état
devient doublement dangereux à moins qu'il ne soit perçu.
La guérison est une aptitude qui s'est développée après la séparation,
avant quoi elle n'était pas nécessaire. Comme tous les
aspects de la croyance dans l'espace et le temps, elle est temporaire.
Toutefois, aussi longtemps que le temps persiste, il est besoin de
la guérison comme moyen de protection. Car la guérison repose
sur la charité et la charité est une façon de percevoir la perfection
d'autrui même si tu ne peux pas la percevoir en toi-même. La plupart
des concepts plus élevés dont tu es capable maintenant dépendent
du temps. La charité est en fait un reflet plus faible d'un
amour qui embrasse tout, beaucoup plus puissant, et qui va bien
au-delà de n'importe quelle forme de charité que tu es présentement
capable de concevoir. Dans le sens limité où elle peut être
atteinte maintenant, la charité est essentielle à la justesse d'esprit.
La charité est une façon de regarder quelqu'un d'autre comme
s'il avait déjà dépassé de beaucoup ce qu'il a effectivement accompli
dans le temps. Puisque sa propre pensée est erronée, il ne
peut pas voir l'Expiation pour lui-même, sinon il n'aurait pas
besoin de charité. La charité qui lui est accordée reconnaît à la
fois qu'il a besoin d'aide et qu'il l'acceptera. Ces deux perceptions
impliquent clairement qu'elles dépendent du temps, ce
qui montre bien que la charité se situe encore dans les limites de
ce monde. J'ai dit plus tôt que seule la révélation transcende le
temps. Le miracle, comme expression de charité, ne peut que
l'abréger. Il faut comprendre, toutefois, que chaque fois que tu
offres un miracle à un autre, tu abrèges votre souffrance à tous
les deux. Cette correction s'exerce à la fois rétroactivement et
progressivement.
A. Principes particuliers des faiseurs de miracles
(1) Le miracle abolit le besoin de préoccupations d'ordre inférieur.
Comme c'est un intervalle de temps hors du temps, les
considérations ordinaires de temps et d'espace ne s'appliquent
pas. Quand tu fais un miracle, j'arrange à la fois l'espace et le
temps pour qu'ils s'y ajustent.
(2) Il est essentiel de faire clairement la distinction entre ce qui
est créé et ce qui est fait. Toutes les formes de guérison reposent
sur cette correction fondamentale dans la perception des niveaux.
(3) Ne confonds jamais justesse d'esprit et fausseté d'esprit.
Répondre à toute forme d'erreur par n'importe quoi, sauf un
désir de guérir, est une expression de cette confusion.
(4) Le miracle est toujours un déni de cette erreur et une affirmation
de la vérité. Seule la justesse d'esprit peut corriger d'une
façon qui ait quelque effet réel. D'une manière pragmatique,
ce qui n'a pas d'effet réel n'a pas d'existence réelle. Son effet,
donc, est le vide. Étant sans contenu substantiel, il se prête à la
projection.
(5) Le miracle a un pouvoir d'ajustement des niveaux qui induit
la juste perception pour la guérison. Tant que cela ne s'est
pas produit, il n'est pas possible de comprendre la guérison. Le
pardon est un geste vide à moins qu'il n'entraîne la correction.
Sans elle il ne fait essentiellement que juger, plutôt que de guérir.
(6) Le pardon accordé dans un esprit de miracle n'est que correction.
Il ne contient absolument aucun élément de jugement.
La phrase : «Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu'ils font»
n'évalue aucunement ce qu'ils font. C'est un appel à Dieu pour
qu'il guérisse leurs esprits. Il n'est pas fait mention des conséquences
de l'erreur. Cela n'importe pas.
(7) L'injonction : « Soyez du même esprit» signifie que l'esprit
est prêt pour la révélation. Ma requête : « Faites ceci en mémoire
de moi» est un appel à la coopération des faiseurs de miracles.
Les deux énoncés ne sont pas dans le même ordre de réalité.
Seul le second comporte une conscience du temps, puisque se
souvenir rappelle le passé dans le présent. Le temps est sous ma
direction, mais l'intemporel appartient à Dieu. Dans le temps
nous existons les uns pour et avec les autres. Dans l'intemporel
nous coexistons avec Dieu.
(8) Tu peux faire beaucoup pour ta propre guérison et pour
celle d'autrui si, dans une situation qui demande de l'aide, tu y
penses ainsi :
Je ne suis ici que pour aider véritablement
Je suis ici pour représenter Celui Qui m'a envoyé.
je n'ai à m'inquiéter ni de ce que je dirai ni de ce que
je ferai, car Celui Qui m'a envoyé va me diriger.
Je suis content d'être là où Il souhaite que je sois,
connaissant qu'il y va avec moi.
Je serai guéri en Le laissant m'enseigner à guérir.
VI. Peur et conflit
Avoir peur semble être involontaire; quelque chose dont le
contrôle t'échappe. Or j'ai déjà dit que seuls les actes constructifs
devraient être involontaires. Mon contrôle peut prendre en
charge tout ce qui n'a pas d'importance, et je peux en te guidant
diriger tout ce qui en a, si tel est ton choix. La peur ne peut pas
être contrôlée par moi, mais elle peut être contrôlée par toi. La
peur m'empêche de te donner mon contrôle. La présence de la
peur montre que tu as élevé des pensées de corps au niveau de
l'esprit. Cela les soustrait à mon contrôle et t'en fait sentir
personnellement responsable. Cela est une confusion évidente
de niveaux.
Je n'encourage pas la confusion de niveaux, mais tu dois choisir
de la corriger. Tu n'excuserais pas une conduite insane de ta
part en disant que tu n'y pouvais rien. Pourquoi excuserais-tu
une façon de penser insane ? Il y a là une confusion que tu ferais
bien de regarder clairement. Peut-être crois-tu être responsable
de ce que tu fais mais point de ce que tu penses. La vérité, c'est
que tu es responsable de ce que tu penses, parce que c'est seulement
à ce niveau que tu peux choisir. Ce que tu fais vient de
ce que tu penses. Tu ne peux pas te séparer de la vérité en « donnant
» l'autonomie au comportement. Cela est contrôlé par moi
automatiquement dès l'instant que tu me laisses guider ce que
tu penses. Chaque fois que tu as peur, c'est le signe certain que
tu as permis à ton esprit de malcréer et que tu ne m'as pas permis
de le guider.
Il est futile de croire que de contrôler les conséquences de la
pensée fausse puisse mener à la guérison. Quand tu as peur, tu
as fait le mauvais choix. Voilà pourquoi tu t'en sens responsable.
Ce n'est pas de conduite mais d'esprit qu'il te faut changer, et ça
c'est affaire de désir. Tu n'as pas besoin d'être guidé, sauf au niveau
de l'esprit. La correction n'a sa place qu'au niveau où le
changement est possible. Le changement ne signifie rien au
niveau du symptôme, où il ne peut pas opérer.
La correction de la peur est ta responsabilité. Quand tu demandes
à être délivré de la peur, tu donnes à entendre que ce ne
l'est pas. Plutôt, tu devrais demander de l'aide dans les conditions
qui ont amené la peur. Ces conditions entraînent toujours
un désir d'être séparé. À ce niveau, tu peux faire quelque chose.
Tu es bien trop tolérant à l'égard des vagabondages de l'esprit
et tu excuses passivement ses malcréations. Le résultat particulier
n'a pas d'importance, mais l'erreur fondamentale en a. La
correction est toujours la même. Avant de choisir de faire quoi
que ce soit, demande-moi si ton choix est en accord avec le mien.
Si tu es certain qu'il l'est, il n'y aura aucune peur.
La peur est toujours un signe de tension et elle surgit chaque fois
que ce que tu veux est en conflit avec ce que tu fais. Cette situation
se présente de deux façons : premièrement, tu peux choisir
de faire des choses qui sont en conflit, soit simultanément, soit
successivement. Cela produit une conduite conflictuelle qui t'est
intolérable parce que la partie de ton esprit qui veut faire autre
chose est outragée. Deuxièmement, tu peux te conduire comme
tu penses devoir le faire, mais sans le vouloir entièrement. Cela
produit une conduite cohérente mais entraîne une grande tension.
Dans les deux cas, l'esprit et la conduite sont en désaccord et il
en résulte une situation dans laquelle tu fais ce que tu ne veux pas
entièrement faire. Cela fait naître un sentiment de contrainte
qui produit généralement de la rage et il est vraisemblable que la
projection s'ensuive. Chaque fois qu'il y a peur, c'est que tu ne t'es
pas décidé. Ton esprit est donc divisé et ta conduite, inévitablement,
devient erratique. Se corriger au niveau de la conduite
peut faire passer l'erreur du premier au second type, mais cela
n'oblitérera pas la peur.
Il est possible d'atteindre un état dans lequel tu amènes ton esprit
sous ma direction sans effort conscient, mais cela suppose un
désir que tu n'as pas encore développé. Le Saint-Esprit ne peut
pas demander plus que ce que tu es désireux de faire. La force
de faire vient de ta décision indivisée. Faire la Volonté de Dieu
n'implique aucun effort dès lors que tu reconnais que c'est aussi
la tienne. La leçon est tout à fait simple ici, mais il est particulièrement
facile de passer par-dessus. Je vais donc la répéter en
te priant instamment d'écouter. Seul ton esprit peut produire la
peur. Il le fait chaque fois qu'il est divisé sur ce qu'il veut, ce qui
inévitablement devient source de tension parce qu'il y a désaccord
entre vouloir et faire. Cela ne peut être corrigé qu'en acceptant
un but unifié.
Pour défaire l'erreur, la première étape correctrice consiste à
connaître d'abord que le conflit est une expression de la peur.
Dis-toi que tu as dû, d'une façon ou d'une autre, choisir de ne pas
aimer, sinon la peur n'aurait pas pu surgir. Alors le processus de
correction tout entier devient rien de plus qu'une série d'étapes
pragmatiques dans le processus plus vaste d'acceptation de
l'Expiation comme remède. Ces étapes peuvent se résumer de
la façon suivante :
Connais d'abord que cela est la peur.
La peur surgit du manque d'amour.
Le seul remède au manque d'amour est l'amour parfait.
L'amour parfait est l'Expiation.
J'ai insisté sur le fait que le miracle, ou l'expression de l'Expiation,
est toujours un signe de respect des dignes aux dignes.
La re-connaissance de cette dignité est rétablie par l'Expiation.
Alors il est évident que quand tu as peur, tu t'es placé dans une
position où tu as besoin de l'Expiation. Tu as fait quelque chose qui
est sans amour, ayant choisi sans amour. Telle est précisément la
situation pour laquelle l'Expiation fut offerte. C'est le besoin du
remède qui en inspira l'établissement. Aussi longtemps que tu
ne reconnais que le besoin du remède, tu continues à avoir peur.
Toutefois, dès l'instant que tu acceptes le remède, tu as aboli la
peur. C'est ainsi que la véritable guérison se produit.
Tout le monde ressent de la peur. Il suffirait pourtant d'un
tout petit peu de justesse de pensée pour comprendre pourquoi
la peur se produit. Rares sont ceux qui apprécient la puissance
réelle de l'esprit, et nul n'en reste pleinement conscient tout le
temps. Toutefois, si tu espères t'épargner la peur, il y a certaines
choses dont tu dois te rendre compte, et pleinement compte.
L'esprit est très puissant et jamais il ne perd sa force créatrice. Il
ne dort jamais. Il crée à chaque instant. Il est difficile de reconnaître
que pensée et croyance combinées font lever une vague
si puissante qu'elle peut littéralement transporter des montagnes.
À première vue, il paraît arrogant de te croire doté d'un
tel pouvoir, mais ce n'est pas la vraie raison pourquoi tu n'y crois
pas. Tu préfères croire que tes pensées ne peuvent pas exercer
une influence réelle parce qu'en fait tu en as p e u r . Cela apaise
peut-être le sentiment de culpabilité, mais au prix de percevoir
l'esprit comme impuissant. Si tu crois que ce que tu penses est
sans effet, peut-être cesses-tu d'en avoir peur, mais il est peu probable
que tu le respectes. Il n'y a pas de vaines p e n s é e s . Toute
pensée produit une forme à un certain niveau.
VII. Cause et effet
Tu te plains peut-être encore de la peur, mais tu persistes
néanmoins à te rendre apeuré. J'ai déjà signalé que tu ne peux
pas me demander de te délivrer de la peur. Je connais qu'elle
n'existe pas mais tu ne le connais pas, toi. Si j'intervenais entre
tes pensées et leurs résultats, je toucherais à une loi fondamentale
de cause et effet, la loi la plus fondamentale qui soit. Je ne
t'aiderais guère si je dépréciais le pouvoir de ta propre pensée.
Cela serait en opposition directe avec le but de ce cours. Cela
t'aidera beaucoup plus de te rappeler que tu ne surveilles pas
assez attentivement tes pensées. Peut-être as-tu l'impression
qu'à ce stade il faudrait un miracle pour te permettre de le faire,
et c'est parfaitement vrai. Tu n'as pas l'habitude de penser
dans un esprit de miracle, mais tu peux être entraîné à penser de
cette façon. Tous les faiseurs de miracles ont besoin de ce type
d'entraînement.
Je ne peux pas te laisser ne pas surveiller ton esprit, sinon tu
ne seras pas capable de m'aider. Faire des miracles entraîne
que tu te rends pleinement compte du pouvoir de la pensée afin
d'éviter la malcréation. Autrement un miracle sera nécessaire
pour redresser l'esprit lui-même, processus circulaire qui n'encouragerait
guère la compression du temps à laquelle le miracle
est destiné. Le faiseur de miracles doit éprouver un respect sincère
pour cause et effet véritables comme condition nécessaire
pour que le miracle se produise.
Les miracles et la peur viennent tous deux des pensées. Si tu
n'étais pas libre de choisir l'un, tu ne serais pas libre non plus de
choisir l'autre. En choisissant le miracle tu as rejeté la peur, ne
serait-ce que temporairement. Tu as eu peur de chacun et de
tout. Tu as peur de Dieu, de moi et de toi-même. Tu Nous as malperçus
ou malcréés, et tu crois en ce que tu as fait. Tu n'aurais
pas fait cela si tu n'avais pas peur de tes propres pensées. Les
apeurés doivent malcréer parce qu'ils malperçoivent la création.
Quand tu malcrées, tu souffres. Le principe de cause et effet devient
maintenant un véritable accélérateur, quoique seulement
temporairement. De fait, « Cause » est un terme qui appartient
en propre à Dieu, et Son «Effet» est Son F i l s . Cela entraîne une
série de relations de Cause et Effet qui sont totalement différentes
de celles que tu introduis dans la malcréation. Le conflit fondamental
en ce monde est donc entre création et malcréation.
Toute peur est implicite dans celle-ci et tout amour dans cellel
à . C'est donc un conflit entre l'amour et la peur.
J'ai déjà dit que tu crois ne pas pouvoir contrôler la peur parce
que c'est toi-même qui l'a faite, et ta croyance en elle semble faire
qu'elle échappe à ton contrôle. Or toute tentative pour résoudre
l'erreur en tentant de maîtriser la peur est inutile. Le fait même
de supposer que la peur a besoin d'être maîtrisée confirme son
pouvoir. La véritable solution repose entièrement sur la maîtrise
par l'amour. Dans l'intérim, toutefois, le sentiment de conflit est
inévitable, puisque tu t'es placé dans une position où tu crois
dans le pouvoir de ce qui n'existe pas.
Rien et tout ne peuvent coexister. Croire en l'un, c'est nier
l'autre. La peur n'est vraiment rien et l'amour est tout. Chaque
fois que la lumière pénètre dans les ténèbres, les ténèbres sont
abolies. Ce que tu crois est vrai pour toi. En ce sens la séparation
s'est produite, et c'est faire un usage inapproprié du déni
que de le nier. Toutefois, se concentrer sur l'erreur n'est qu'une
erreur de plus. La démarche correctrice initiale consiste à reconnaître
temporairement qu'il y a un problème, mais seulement
comme indication d'un besoin de correction immédiate. Cela
établit un état d'esprit dans lequel l'Expiation peut être acceptée
sans délai. Il faudrait souligner, toutefois, qu'il n'y a en définitive
aucun compromis possible entre tout et rien. Le temps est
essentiellement un mécanisme permettant d'abandonner tout
compromis à cet é g a r d . Il semble seulement qu'il soit aboli par
degrés, parce que le temps lui-même comporte des intervalles qui
n'existent p a s . C'est un mécanisme de correction rendu nécessaire
par la malcréation. L'énoncé : «Car Dieu a tant aimé le
monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en
lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle » n'a besoin que
d'une légère correction pour devenir signifiant dans ce contexte :
« Il l'a donné à Son Fils unique. »
Il faudrait bien noter que Dieu a un seul Fils. Si toutes Ses
créations sont Ses Fils, chacune doit être partie intégrante de la
Filialité tout entière. La Filialité en son Unité transcende la somme
de ses parties. Toutefois, cela est obscurci aussi longtemps que
n'importe laquelle de ses parties manque. C'est pourquoi le conflit
ne peut pas être résolu de manière définitive tant que toutes les
parties de la Filialité ne sont pas retournées. C'est alors seulement
que la signification de l'entièreté en son sens véritable pourra être
comprise. N'importe quelle partie de la Filialité peut croire en
l'erreur ou en l'incomplétude si tel est son choix. Ce faisant, toutefois,
elle croit en l'existence du néant. La correction de cette
erreur est l'Expiation.
J'ai déjà brièvement parlé d'être prêt, mais cela aiderait peutêtre
d'apporter ici quelques précisions supplémentaires. Être
prêt n'est que le préalable de l'accomplissement. Il ne faudrait
pas confondre les deux. Aussitôt que survient un état dans
lequel l'esprit est prêt, il y a généralement un désir d'accomplissement
jusqu'à un certain degré, mais il n'est certainement pas
nécessairement indivisé. Cet état n'implique pas plus qu'un
potentiel de changement d'esprit. La confiance ne peut pas se
développer pleinement jusqu'à ce que la maîtrise ait été accomplie.
Nous avons déjà tenté de corriger l'erreur fondamentale
voulant que la peur peut être maîtrisée, et nous avons souligné
que la seule maîtrise véritable est par l'amour. Être prêt n'est que
le commencement de la confiance. Tu penses peut-être qu'un
temps extrêmement long est nécessaire entre l'être-prêt et la maîtrise,
mais laisse-moi te rappeler que le temps et l'espace sont
sous mon contrôle.
VIII. La signification du Jugement dernier
Une des façons dont tu peux corriger la confusion magiemiracle
est de te rappeler que tu ne t'es pas créé toi-même. Tu
as tendance à l'oublier lorsque tu deviens égocentrique, et cela
te place dans une position où il est pratiquement inévitable de
croire en la magie. Ta volonté de créer te fut donnée par ton Créateur,
Qui exprimait la même Volonté dans Sa création. Puisque
l'aptitude créatrice réside dans l'esprit, tout ce que tu crées est
nécessairement affaire de volonté. Il s'ensuit aussi que tout ce
que tu fais seul est réel à tes propres yeux, mais point dans l'Esprit
de Dieu. Cette distinction fondamentale conduit directement
à la signification réelle du Jugement dernier.
Le Jugement dernier est l'une des idées les plus menaçantes
dans ta pensée. C'est parce que tu ne le comprends pas. Le jugement
n'est pas un attribut de Dieu. Il n'a été introduit qu'après la
séparation, lorsqu'il est devenu l'un des nombreux mécanismes
d'apprentissage destinés à être intégrés dans le plan global. Tout
comme la séparation s'est produite sur des millions d'années, le
Jugement dernier s'étendra sur une période aussi longue, et peutêtre
même plus longue. La durée peut toutefois en être grandement
réduite par les miracles, qui sont un mécanisme pour
réduire le temps mais non pour l'abolir. Si un nombre suffisant
développe un véritable esprit de miracle, ce processus de réduction
peut être quasiment incommensurable. Il est essentiel, toutefois,
que tu te libères rapidement de la peur, parce que tu dois
émerger du conflit si tu veux apporter la paix à d'autres esprits.
Le Jugement dernier est généralement considéré comme une
procédure entreprise par Dieu. En fait, il sera entrepris par mes
frères avec mon aide. C'est une guérison finale plutôt que l'infliction
d'une punition, aussi méritée que la punition puisse te
paraître. La punition est un concept totalement opposé à la justesse
d'esprit, et le but du Jugement dernier est de te rendre ta
justesse d'esprit. Le Jugement dernier pourrait être appelé un
processus de juste évaluation. Cela signifie simplement que chacun
en viendra finalement à comprendre ce qui est digne et ce
qui ne l'est pas. Après cela, l'aptitude à choisir peut être dirigée
de façon rationnelle. Jusqu'à ce que cette distinction soit faite,
toutefois, les oscillations entre volonté libre et emprisonnée ne
peuvent que continuer.
Le premier pas vers la liberté comporte un tri du faux et du
vrai. C'est un processus de séparation au sens constructif, qui
reflète la véritable signification de l'apocalypse. À la fin chacun
regardera ses propres créations et choisira de ne préserver que
ce qui est bon, exactement comme Dieu Lui-même regarda ce
qu'il avait créé et connut que c'était bon. À ce stade, l'esprit peut
commencer à regarder ses propres créations avec amour, parce
qu'elles sont dignes. En même temps, l'esprit désavouera inévitablement
ses malcréations qui, sans croyance, n'existeront plus.
L'expression «Jugement dernier» est effrayante non seulement
parce qu'elle a été projetée sur Dieu mais aussi à cause de l'association
de « dernier» avec la mort. Voilà un exemple remarquable
de perception sens dessus dessous. Si l'on examine objectivement
la signification du Jugement dernier, il devient tout à fait
apparent que c'est réellement la porte qui s'ouvre sur la vie. Nul
ne vit vraiment qui vit dans la peur. Ton propre dernier jugement
ne peut pas porter sur toi-même, parce que tu n'es pas ta
propre création. Tu peux toutefois l'appliquer de façon signifiante
et à tout moment à tout ce que tu as fait et ne garder dans
ta mémoire que ce qui est créatif et bon. C'est ce que ta justesse
d'esprit ne peut manquer de te dicter. Le seul but du temps, c'est
de te « donner du temps » pour accomplir ce jugement. C'est
ton propre jugement parfait sur tes propres créations parfaites.
Quand tout ce que tu retiens est digne d'amour, il n'y a pas
de raison pour que la peur reste avec t o i . Voilà ton rôle dans
l'Expiation.
Un cours en miracles- Chapitre1- La signification des miracles
15/02/2010 11:37 par amouretpaixdanslescoeurs
Chapitre 1
LA SIGNIFICATION DES MIRACLES
I. Principes des miracles
1. Il n'y a pas d'ordre de difficulté dans les miracles. Aucun n'est
«plus dur» ni «plus gros» qu'un autre. Ils sont tous les mêmes.
Toutes les expressions d'amour sont maximales.
2. Les miracles comme tels n'ont pas d'importance. La seule
chose qui importe, c'est leur Source, qui est bien au-delà de toute
évaluation.
3. Les miracles, en tant qu'expressions d'amour, se produisent
naturellement. Le vrai miracle est l'amour qui les inspire. En ce
sens tout ce qui vient de l'amour est un miracle.
4. Tous les miracles signifient la vie, et Dieu est le Donneur de vie.
Sa Voix te dirigera très concrètement. Elle te dira tout ce que tu
as besoin de savoir.
5. Les miracles sont des habitudes et devraient être involontaires.
Ils ne devraient pas être sous un contrôle conscient. Des miracles
choisis consciemment peuvent être mal dirigés.
6. Les miracles sont naturels. C'est lorsqu'ils ne se produisent
pas que quelque chose ne va pas.
7. Chacun a droit aux miracles, mais une purification est d'abord
nécessaire.
8. Les miracles sont guérisseurs parce qu'ils suppléent un
manque; ils sont accomplis par ceux qui temporairement ont plus
pour ceux qui temporairement ont moins.
9. Les miracles sont une sorte d'échange. Comme toutes les
expressions d'amour, qui sont toujours miraculeuses dans le vrai
sens, l'échange renverse les lois physiques. Ils apportent plus
d'amour à la fois au donneur et au receveur.
10. Utiliser les miracles comme des spectacles pour induire la
croyance, c'est mal comprendre leur but.
11. La prière est le véhicule des miracles. C'est un moyen de communication
du créé avec le Créateur. C'est par la prière que
l'amour est reçu, et c'est par les miracles que l'amour est exprimé.
12. Les miracles sont des pensées. Les pensées peuvent représenter
le niveau inférieur ou corporel de l'expérience, ou le niveau
supérieur ou spirituel de l'expérience. L'un fait le physique et
l'autre crée le spirituel.
13. Les miracles sont à la fois des commencements et des fins; ainsi
ils altèrent l'ordre temporel. Ce sont toujours des affirmations de
renaissance, qui semblent revenir en arrière mais en réalité vont en
avant. Ils défont le passé dans le présent et ainsi libèrent le futur.
14. Les miracles rendent témoignage de la vérité. Ils sont convaincants
parce qu'ils viennent de la conviction. Sans conviction ils
dégénèrent en magie, laquelle est sans esprit et donc destructrice;
ou plutôt, c'est l'utilisation non créatrice de l'esprit.
15. Chaque jour devrait être consacré aux miracles. Le but du
temps est de te permettre d'apprendre comment utiliser le temps
de façon constructive. C'est donc un mécanisme d'enseignement
ainsi qu'un moyen de parvenir à une fin. Le temps cessera lorsqu'il
ne sera plus d'aucune utilité pour faciliter l'apprentissage.
16. Les miracles sont des mécanismes d'enseignement servant à
démontrer qu'il y a autant de bonheur à donner qu'à recevoir. Ils
augmentent la force du donneur et fournissent des forces au
receveur simultanément.
17. Les miracles transcendent le corps. Ce sont des passages soudains
dans l'invisibilité, loin du niveau corporel. C'est pourquoi
ils guérissent.
18. Un miracle est un service. C'est le service maximal que tu
puisses rendre à autrui. C'est une façon d'aimer ton prochain
comme toi-même. Tu reconnais simultanément ta propre valeur
et celle de ton prochain.
19. Les miracles rendent les esprits un en Dieu. Ils dépendent de
la coopération parce que la Filialité est la somme de tout ce que
Dieu a créé. Par conséquent, les miracles reflètent les lois de
l'éternité et non celles du temps.
20. Les miracles réveillent à nouveau la conscience que le pur-esprit,
et non le corps, est l'autel de la vérité. C'est cette re-connaissance
qui mène au pouvoir guérisseur du miracle.
21. Les miracles sont des signes naturels de pardon. Par les
miracles, tu acceptes le pardon de Dieu en l'étendant à autrui.
22. Les miracles ne sont associés à la peur qu'à cause de la
croyance que les ténèbres peuvent cacher. Tu crois que ce que tes
yeux physiques ne peuvent pas voir n'existe pas. Cela mène au
déni de la vue spirituelle.
23. Les miracles réarrangent la perception et placent tous les
niveaux en vraie perspective. Cela guérit parce que la maladie
vient de confondre les niveaux.
24. Les miracles te permettent de guérir les malades et de ressusciter
les morts parce que tu as toi-même fait la maladie et la
mort et tu peux donc les abolir toutes les deux. Tu es un miracle,
capable de créer à l'image de ton Créateur. Tout le reste est ton
propre cauchemar et n'existe pas. Seules les créations de lumière
sont réelles.
25. Les miracles font partie d'un enchaînement de pardon qui, une
fois complété, est l'Expiation. L'Expiation opère tout le temps et
dans toutes les dimensions du temps.
26. Les miracles représentent la délivrance de la peur. « Expier »
signifie « défaire ». Le défaire de la peur est une part essentielle
de la valeur d'Expiation des miracles.
27. Un miracle est une bénédiction universelle de Dieu par moi à
tous mes frères. C'est le privilège des pardonnés de pardonner.
28. Les miracles sont un moyen de gagner la délivrance de la peur.
La révélation induit un état dans lequel la peur a déjà été abolie.
Ainsi les miracles sont un moyen et la révélation est une fin.
29. Les miracles louent Dieu par toi. Ils Le louent en honorant Ses
créations et en affirmant leur perfection. Ils guérissent parce
qu'ils nient l'identification au corps et affirment l'identification
au pur-esprit.
30. En reconnaissant le pur-esprit, les miracles ajustent les niveaux
de perception et les montrent dans leur juste alignement. Cela
place le pur-esprit au centre, où il peut communiquer directement.
31. Les miracles devraient inspirer de la gratitude et non de la révérence.
Tu devrais remercier Dieu de ce que tu es réellement. Les
enfants de Dieu sont saints et le miracle honore leur sainteté, qui
peut être cachée mais jamais perdue.
32. J'inspire tous les miracles, qui en fait sont des intercessions. Ils
intercèdent pour ta sainteté et rendent saintes tes perceptions.
En te plaçant au-delà des lois physiques, ils t'élèvent dans la
sphère de l'ordre céleste. Dans cet ordre tu es parfait.
33. Les miracles t'honorent parce que tu es digne d'amour. Ils
dissipent les illusions à ton sujet et perçoivent la lumière en toi.
Ainsi ils expient tes erreurs en te libérant de tes cauchemars.
En délivrant ton esprit de l'emprisonnement de tes illusions,
ils rétablissent ta santé d'esprit.
34. Les miracles ramènent l'esprit à sa plénitude. En expiant le
manque, ils établissent une protection parfaite. La force du puresprit
ne laisse place à aucune intrusion.
35. Les miracles sont des expressions d'amour, mais il se peut
qu'ils n'aient pas toujours d'effets observables.
36. Les miracles sont des exemples de justesse de pensée, qui alignent
tes perceptions sur la vérité telle que Dieu l'a créée.
37. Le miracle est une correction introduite par moi dans la pensée
fausse. Il agit comme un catalyseur, morcelant la perception
erronée et la réorganisant correctement. Cela te place sous le
principe de l'Expiation, où la perception est guérie. Jusqu'à ce que
cela se produise, la connaissance de l'Ordre divin est impossible.
38. Le Saint-Esprit est le mécanisme des miracles. Il reconnaît à
la fois les créations de Dieu et tes illusions. Il sépare le vrai du faux
par Son aptitude à percevoir totalement plutôt que sélectivement.
39. Le miracle dissout l'erreur parce que le Saint-Esprit identifie
l'erreur comme fausse ou irréelle. Cela revient à dire qu'en percevant
la lumière, les ténèbres disparaissent automatiquement.
40. Le miracle reconnaît chacun comme ton frère et le mien. C'est
une façon de percevoir la marque universelle de Dieu.
41. L'entièreté est le contenu perceptuel des miracles. Ainsi ils corrigent,
ou expient, la perception erronée du manque.
42. Une contribution majeure des miracles est qu'ils ont la force de te
libérer de ton faux sentiment d'isolement, de privation et de manque.
43. Les miracles viennent d'un état d'esprit miraculeux, ou un état
dans lequel l'esprit est prêt pour les miracles.
44. Le miracle est l'expression d'une conscience intérieure du
Christ et l'acceptation de Son Expiation.
45. Un miracle n'est jamais perdu. Il peut toucher de nombreuses
personnes que tu n'as même pas rencontrées et produire des
changements insoupçonnés dans des situations dont tu n'es
même pas conscient.
46. Le Saint-Esprit est le plus haut moyen de communication. Les
miracles n'impliquent pas ce type de communication, parce que
ce sont des mécanismes temporaires de communication. Quand
tu retournes à ta forme originelle de communication avec Dieu
par révélation directe, il n'est plus besoin de miracles.
47. Le miracle est un mécanisme d'apprentissage qui amoindrit le
besoin de temps. Il établit un intervalle de temps hors du temps,
non soumis aux lois habituelles du temps. En ce sens il est
intemporel.
48. Le miracle est le seul mécanisme dont tu disposes immédiatement
pour contrôler le temps. Seule la révélation le transcende,
n'ayant absolument rien à voir avec le temps.
49. Le miracle ne fait pas de distinction de degré parmi les malperceptions.
C'est un mécanisme de correction de la perception,
efficace tout à fait à part à la fois du degré et de la direction de
l'erreur. Cela est sa véritable non-discrimination.
50. Le miracle compare ce que tu as fait avec la création, accepte
pour vrai ce qui est en accord avec elle et rejette comme faux ce
qui ne l'est pas.
II Révélation, temps et miracles
La révélation induit une suspension complète mais temporaire
du doute et de la peur. Elle reflète la forme originelle de communication
entre Dieu et Ses créations, qui implique le sentiment de
création extrêmement personnel parfois recherché dans les relations
physiques. L'intimité physique ne peut l'atteindre, t o u t e fois,
les miracles sont authentiquement interpersonnels, et il
en résulte une véritable intimité avec autrui. La révélation t'unit
directement à Dieu. Les miracles t'unissent directement à ton
frère. Ni l'un ni l'autre n'émane de la conscience mais c'est là que
l'expérience des deux est faite. La conscience est l'état qui induit
l'action, bien qu'elle ne l'inspire pas. Tu es libre de croire ce que
tu choisis de croire, et ce que tu fais témoigne de ce que tu crois.
La révélation est intensément personnelle et ne saurait être traduite
de façon signifiante. C'est pourquoi toute tentative pour la
décrire en mots est impossible. La révélation n'induit que l'expérience.
Les miracles, par contre, induisent l'action. Ils sont
plus utiles maintenant à cause de leur nature interpersonnelle.
Dans cette phase d'apprentissage, il est important de faire des
miracles parce que la délivrance de la peur ne peut pas t'être imposée.
La révélation est littéralement ineffable parce que c'est
l'expérience d'un amour ineffable.
La révérence devrait être réservée pour la révélation, à quoi elle
s'applique parfaitement et correctement. Elle ne convient pas
aux miracles parce que l'état de révérence est adoratif, ce qui suppose
qu'un être d'un ordre inférieur se tient devant son Créateur.
Tu es une création parfaite et tu ne devrais faire l'expérience de
la révérence qu'en la Présence du Créateur de la perfection. Le
miracle est donc un signe d'amour entre égaux. Des égaux ne
devraient pas ressentir de la révérence les uns pour les autres
parce que la révérence suppose l'inégalité. Par conséquent, c'est
une réaction inappropriée envers moi. Un frère aîné a droit au
respect pour sa plus grande expérience et à l'obéissance pour sa
plus grande sagesse. Il a aussi droit à l'amour parce que c'est un
frère et au dévouement s'il est dévoué. C'est seulement mon
dévouement qui me donne droit au tien. Il n'y a rien en moi que
tu ne puisses atteindre. Je n'ai rien qui ne vienne de Dieu. La
différence entre nous maintenant, c'est que je n'ai rien d'autre.
Cela me laisse dans un état qui n'est en toi que potentiel.
«Nul ne vient au Père que par moi» ne signifie pas que je
sois en aucune façon séparé ou différent de toi, excepté dans le
temps, et le temps n'existe pas réellement. Cet énoncé est plus
significatif si on l'applique à un axe vertical plutôt qu'horizontal.
Tu te tiens au-dessous de moi et je me tiens au-dessous de Dieu.
Dans le processus « d'ascension », je suis plus haut parce que sans
moi la distance entre Dieu et l'homme serait trop grande pour
que tu puisses l'embrasser. Je comble la distance comme ton
frère aîné d'une part, et de l'autre comme un Fils de Dieu. Mon
dévouement pour mes frères m'a mis en charge de la Filialité,
que je rends complète parce que je la partage. Cela peut paraître
contredire l'énoncé : «Moi et le Père Nous sommes un», mais il
y a deux parties à cet énoncé en re-connaissance du fait que le
Père est plus grand.
Les révélations sont indirectement inspirées par moi parce que
je suis proche du Saint-Esprit tout en étant attentif au moment où
mes frères sont prêts pour la révélation. Je peux ainsi leur apporter
d'en haut plus qu'ils ne peuvent attirer vers eux-mêmes
d'en haut. Le Saint-Esprit est le Médiateur de la communication
supérieure à inférieure, gardant ouvert pour la révélation le
canal direct de Dieu à toi. La révélation n'est pas réciproque. Elle
va de Dieu à toi, mais point de toi à Dieu.
Le miracle minimise le besoin de temps. Sur le plan longitudinal
ou horizontal, la re-connaissance de l'égalité de tous les
membres de la Filialité semble comporter un temps presque interminable.
Toutefois, le miracle entraîne un passage soudain de
la perception horizontale à la verticale. Cela introduit un intervalle
d'où le donneur et le receveur émergent tous deux plus loin
dans le temps qu'il n'en aurait été autrement. Le miracle a ainsi
la propriété unique d'abolir le temps dans la mesure où il rend
non nécessaire l'intervalle de temps qu'il couvre. Il n'y a aucune
relation entre le temps que prend un miracle et le temps qu'il
couvre. Le miracle se substitue à un apprentissage qui aurait pu
prendre des milliers d'années. Il le fait par la re-connaissance
sous-jacente de la parfaite égalité du donneur et du receveur, sur
laquelle le miracle repose. Le miracle raccourcit le temps en le
comprimant, éliminant ainsi certains intervalles à l'intérieur. Il
le fait, toutefois, à l'intérieur du plus vaste déroulement temporel.
III. Expiation et miracles
Je suis en charge du processus d'Expiation, que j'ai entrepris
de commencer. Lorsque tu offres un miracle à l'un de mes frères,
c'est à toi-même et à moi que tu le fais. La raison pour laquelle tu
viens avant moi, c'est que je n'ai pas besoin de miracles pour ma
propre Expiation, mais je me tiens à la fin au cas où tu échouerais
temporairement. Mon rôle dans l'Expiation est d'annuler
toutes les erreurs que tu ne pourrais corriger autrement. Quand
tu auras été ramené à la re-connaissance de ton état originel, tu
feras toi-même naturellement partie de l'Expiation. Comme tu
partages mon indésir d'accepter l'erreur en toi-même et en autrui,
tu dois te joindre à la grande croisade pour la corriger : écoute ma
voix, apprends à défaire l'erreur et agis de manière à la corriger.
Le pouvoir de faire des miracles t'appartient. Je te fournirai les
occasions de les faire, mais tu dois être prêt et désireux. Les faire
te convaincra de ton aptitude, parce que la conviction vient par
l'accomplissement. L'aptitude est le potentiel, l'accomplissement
est son expression, et l'Expiation, qui est la profession naturelle
des enfants de Dieu, est le but.
« Le ciel et la terre passeront » signifie qu'ils ne continueront
pas d'exister comme états séparés. Ma parole, qui est la résurrection
et la vie, ne passera point parce que la vie est éternelle. Tu
es l'oeuvre de Dieu, et Son oeuvre est entièrement digne d'amour
et entièrement aimante. C'est ce qu'un homme doit penser de
lui-même en son coeur, parce que c'est ce qu'il est.
Les pardonnés sont l'instrument de l'Expiation. Étant remplis
du pur-esprit, ils pardonnent en retour. Ceux qui sont délivrés
doivent se joindre pour délivrer leurs frères, car tel est le plan de
l'Expiation. Les miracles sont la manière dont les esprits qui
servent le Saint-Esprit s'unissent à moi pour le salut ou la délivrance
de toutes les créations de Dieu.
Je suis le seul qui peut faire des miracles sans discrimination,
parce que je suis l'Expiation. Tu as un rôle dans l'Expiation que
je te dicterai. Demande-moi quels miracles tu devrais accomplir.
Cela t'épargne un effort inutile parce que tu agiras sous communication
directe. La nature impersonnelle du miracle est un
ingrédient essentiel, parce qu'elle me permet d'en diriger l'application;
et les miracles, guidés par moi, conduisent à l'expérience
hautement personnelle de la révélation. Un guide ne contrôle
pas mais il dirige, te laissant libre de le suivre. «Ne nous induis
pas en tentation» signifie : «Reconnais tes erreurs et choisis de
les abandonner en te laissant guider par moi. »
L'erreur ne peut pas réellement menacer la vérité, qui sait toujours
y résister. De fait, seule l'erreur est vulnérable. Tu es libre
d'établir ton royaume où bon te semble, mais le choix juste est
inévitable si tu te souviens de ceci :
Le pur-esprit est à jamais en état de grâce.
Ta réalité n'est que pur-esprit.
Donc tu es à jamais en état de grâce.
L'Expiation défait toutes les erreurs à cet égard et c'est ainsi
qu'elle arrache la source de la peur. Chaque fois que tu le ressens
comme une menace quand Dieu te rassure, c'est toujours parce
que tu défends une loyauté mal placée ou mal dirigée. Quand tu
projettes cela sur les autres, tu les emprisonnes, mais seulement
dans la mesure où tu renforces des erreurs qu'ils ont déjà faites.
Cela les rend vulnérables aux distorsions des autres, puisque
leur propre perception d'eux-mêmes est distordue. Le faiseur
de miracles ne peut que les bénir, ce qui défait leurs distorsions
et les libère de prison.
Tu réagis à ce que tu perçois, et comme tu perçois, ainsi tu te
conduiras. La Règle d'Or te demande de faire pour les autres ce
que tu voudrais qu'ils fassent pour toi. Cela signifie que la perception
des deux doit être exacte. La Règle d'Or est la règle à
suivre pour une conduite appropriée. Tu ne peux pas te conduire
de manière appropriée si tu ne perçois pas correctement.
Puisque toi et ton prochain êtes membres égaux d'une même
famille, comme tu perçois les deux, ainsi tu feras pour les deux.
C'est à partir de la perception de ta propre sainteté que tu devrais
regarder la sainteté des autres.
Les miracles émanent d'un esprit qui est prêt pour eux. Étant
uni, cet esprit va vers tous et chacun sans même que le faiseur de
miracles en ait lui-même conscience. La nature impersonnelle
des miracles est due au fait que l'Expiation elle-même est une,
unissant toutes les créations à leur Créateur. Étant l'expression
de ce que tu es véritablement, le miracle place l'esprit en état de
grâce. Alors l'esprit accueille naturellement l'Hôte du dedans et
l'étranger du dehors. Quand tu fais entrer l'étranger, il devient
ton frère.
Que le miracle puisse avoir sur tes frères des effets que tu ne
reconnais peut-être pas ne te concerne pas. Le miracle te bénira
toujours, toi. Les miracles qu'on ne te demande pas d'accomplir
n'ont pas perdu leur valeur. Ce sont toujours des expressions
de ton propre état de grâce, mais c'est moi qui devrais contrôler
l'aspect actif du miracle parce que j'ai pleine conscience du plan
entier. La nature impersonnelle de l'esprit de miracle assure ta
grâce, mais je suis seul en position de connaître où ils peuvent
être offerts.
Les miracles sont sélectifs seulement en ce sens qu'ils sont dirigés
vers ceux qui peuvent les utiliser pour eux-mêmes. Puisque
cela rend inévitable qu'ils les étendent à autrui, une solide chaîne
d'Expiation est soudée. Toutefois, ce caractère sélectif ne tient pas
compte de l'immensité du miracle lui-même, parce que le concept
de taille existe sur un plan qui est lui-même irréel. Puisque le
miracle vise à rétablir la conscience de la réalité, il ne serait pas
utile s'il était soumis aux mêmes lois qui gouvernent l'erreur qu'il
vise à corriger.
IV. L'évasion hors des ténèbres
L'évasion hors des ténèbres comporte deux phases : Premièrement,
reconnaître que les ténèbres ne peuvent cacher. Cette étape
entraîne généralement de la peur. Deuxièmement, reconnaître
qu'il n'y a rien que tu veuilles cacher même si tu le pouvais. Cette
étape apporte l'évasion hors de la peur. Quand tu seras devenu
désireux de ne rien cacher, non seulement désireras-tu entrer en
communion mais tu comprendras aussi la paix et la joie.
La sainteté ne peut jamais être réellement cachée dans les
ténèbres, mais tu peux te tromper toi-même à ce sujet. Cette tromperie
te remplit de peur parce que tu te rends compte dans ton
coeur que c'est une tromperie, et tu déploies d'énormes efforts
pour en établir la réalité. Le miracle place la réalité où elle doit
être. La réalité n'appartient qu'au pur-esprit, et le miracle ne
reconnaît que la vérité. Ainsi il dissipe les illusions à ton sujet
et te met en communion avec toi-même et Dieu. Le miracle se
joint à l'Expiation en mettant l'esprit au service du Saint-Esprit.
Cela établit la juste fonction de l'esprit tout en corrigeant ses
erreurs, qui ne sont que des manques d'amour. Ton esprit peut
être possédé par des illusions, mais le pur-esprit est libre éternellement.
Si un esprit perçoit sans amour, il perçoit une coquille vide
et n'a pas conscience du pur-esprit au-dedans. Mais l'Expiation
ramène le pur-esprit à sa juste place. L'esprit qui sert le puresprit
est invulnérable.
Les ténèbres sont un manque de lumière comme le péché est
un manque d'amour. Elles n'ont pas de propriétés uniques.
C'est un exemple de la croyance dans le « manque », d'où seule
l'erreur peut procéder. La vérité est toujours abondante. Ceux
qui perçoivent et reconnaissent qu'ils ont tout n'ont aucune
sorte de besoin. Le but de l'Expiation est de tout te rendre; ou
plutôt, de le rendre à ta conscience. Comme à chacun, tout t'a été
donné quand tu as été créé.
Le vide engendré par la peur doit être remplacé par le pardon.
C'est ce que la Bible veut dire par : «De mort, il n'y en a pas», et
c'est pourquoi j'ai pu démontrer que la mort n'existe pas. Je suis
venu accomplir la loi en la réinterprétant. La loi elle-même, si elle
est bien comprise, n'offre que protection. Ce sont ceux qui n'ont
pas encore changé d'esprit qui y ont introduit le concept du « feu
de l'enfer». Je t'assure que je témoignerai pour quiconque me
le permettra et dans la mesure où il le permettra. Ton témoignage
démontre ta croyance et ainsi la renforce. Ceux qui témoignent
pour moi expriment, par leurs miracles, qu'ils ont abandonné leur
croyance en la privation en faveur de l'abondance dont ils ont appris
qu'elle leur appartenait.
V. Entièreté et pur-esprit
Le miracle ressemble beaucoup au corps en ceci qu'ils sont
tous deux des aides à l'apprentissage servant à faciliter un état
dans lequel ils ne sont plus nécessaires. Lorsqu'est atteint l'état
originel de communication directe du pur-esprit, ni le corps ni le
miracle ne servent plus aucun but. Tant que tu crois que tu es
dans un corps, toutefois, tu peux choisir entre des canaux d'expression
qui sont soit sans amour, soit miraculeux. Tu peux faire
une coquille vide, mais tu ne peux pas ne rien exprimer du tout.
Tu peux attendre, retarder, te paralyser ou réduire ta créativité
à presque rien. Mais tu ne peux pas l'abolir. Tu peux détruire ton
moyen de communication mais point ton potentiel. Tu ne t'es pas
créé toi-même.
Pour qui a l'esprit de miracle, la décision fondamentale est de
ne pas attendre plus qu'il n'est nécessaire que le temps vienne.
Le temps peut gaspiller autant qu'être gaspillé. Par conséquent,
le faiseur de miracles accepte avec joie le facteur de contrôle du
temps. Il reconnaît que toute compression du temps rapproche
chacun de l'ultime délivrance du temps, dans laquelle le Fils et
le Père ne font qu'un. Égalité ne veut pas dire égalité maintenant.
Quand chacun aura reconnu qu'il a tout, les contributions individuelles
à la Filialité ne seront plus nécessaires.
Quand l'Expiation aura été complétée, tous les talents seront
partagés par tous les Fils de Dieu. Dieu n'est pas partial. Tous
Ses enfants ont Son Amour total, et tous Ses dons sont librement
et pareillement donnés à tous. « Si vous ne devenez comme les
petits enfants » signifie qu'à moins de reconnaître pleinement ta
complète dépendance de Dieu, tu ne peux pas connaître la puissance
réelle du Fils dans sa relation véritable avec le Père. La particularité
des Fils de Dieu ne découle pas de l'exclusion mais de
l'inclusion. Tous mes frères sont particuliers. S'ils se croient privés
de quelque chose, leur perception se distord. Quand cela se
produit, c'est la famille entière de Dieu, ou la Filialité, dont les relations
se détériorent.
À la fin chaque membre de la famille de Dieu doit retourner.
Le miracle l'appelle à retourner parce qu'il le bénit et l'honore même
s'il est absent dans le pur-esprit. «On ne se moque pas de Dieu»
n'est pas une mise en garde mais un encouragement. On se moquerait
de Dieu si l'une de Ses créations manquait de sainteté. La
création est entière et la marque de l'entièreté est la sainteté. Les
miracles sont des affirmations de la Filialité, qui est un état de
complétude et d'abondance.
Ce qui est vrai est éternel et ne peut changer ni être changé. Le
pur-esprit est donc inaltérable parce qu'il est déjà parfait, mais
l'esprit peut décider ce qu'il choisit de servir. La seule limite
imposée à son choix est qu'il ne peut servir deux maîtres. S'il
choisit de le faire, l'esprit peut devenir le moyen par lequel le puresprit
crée dans le sens de sa propre création. S'il ne choisit pas
librement de le faire, il conserve son potentiel créateur mais se
soumet à un contrôle tyrannique plutôt qu'à celui de l'Autorité.
Le résultat est qu'il emprisonne, parce que tels sont les diktats
des tyrans. Changer d'esprit signifie le mettre à la disposition de
la véritable Autorité.
Le miracle est signe que l'esprit a choisi d'être conduit par moi
au service du Christ. L'abondance du Christ est le résultat naturel
d'avoir choisi de Le suivre. Toutes les racines superficielles
doivent être arrachées parce qu'elles ne sont pas assez profondes
pour te soutenir. L'illusion voulant qu'on puisse enfouir
plus profondément des racines superficielles, et faire ainsi
qu'elles tiennent, est l'une des distorsions sur lesquelles repose
l'inverse de la Règle d'Or. À mesure que ces fausses fondations
sont abandonnées, l'équilibre est ressenti temporairement
comme étant instable. Toutefois, il n'y a rien de moins stable
qu'une orientation sens dessus dessous. Et rien de ce qui la maintient
sens dessus dessous ne peut contribuer à accroître la stabilité.
VI. L'illusion de besoins
Toi qui veux la paix, tu ne peux la trouver que par le pardon
complet. Nul n'apprend quoi que ce soit à moins de vouloir l'apprendre
et de croire d'une certaine façon qu'il en a besoin. Alors
que le manque n'existe pas dans la création de Dieu, il est très apparent
dans ce que tu as fait. De fait, c'est la différence essentielle
entre les deux. Le manque implique que tu te trouverais mieux
dans un état en quelque sorte différent de celui dans lequel tu es.
Jusqu'à la « séparation », qui est la signification de la « chute »,
rien ne manquait. Il n'y avait pas du tout de besoins. Les besoins
ne surgissent que lorsque tu te prives toi-même. Tu agis conformément
à l'ordre particulier de besoins que tu établis. Cela, en
retour, dépend de ta perception de ce que tu es.
Le sentiment d'être séparé de Dieu est le seul manque que tu
aies réellement besoin de corriger. Ce sentiment de séparation
n'aurait jamais surgi si tu n'avais pas distordu ta perception de la
vérité, percevant ainsi un manque en toi. Si l'idée d'un ordre de
besoins a surgi, c'est parce que, ayant fait cette erreur fondamentale,
tu t'étais déjà fragmenté en niveaux avec des besoins différents.
En t'intégrant toi-même, tu deviens un; en conséquence,
tes besoins deviennent un. Des besoins unifiés conduisent à une
action unifiée, parce que cela produit un manque de conflit.
L'idée d'ordres de besoins, qui suit de l'erreur originelle qu'on
puisse être séparé de Dieu, demande correction à son propre
niveau avant que l'erreur de même percevoir des niveaux ne
puisse être corrigée. Tu ne peux pas te conduire de façon efficace
tant que tu fonctionnes à différents niveaux. Toutefois, tant que
tu le fais, la correction doit être introduite verticalement, de bas
en haut. Cela parce que tu penses vivre dans l'espace, où des
concepts comme le « haut » et le « bas » ont une signification. En
fin de compte, l'espace est aussi in-signifiant que le temps. Tous
deux ne sont que des croyances.
Le but réel de ce monde est de l'utiliser pour corriger ton
incroyance. Tu ne peux jamais contrôler toi-même les effets de
la peur, parce que c'est toi qui as fait la peur et tu crois en ce que
tu as fait. Dans l'attitude, donc, sinon dans le contenu, tu ressembles
à ton Créateur, Qui a une foi parfaite en Ses créations
parce qu'Il les a créées. La croyance produit l'acceptation de l'existence.
C'est pourquoi tu peux croire ce que personne d'autre ne
pense vrai. C'est vrai pour toi parce que c'est toi qui l'as fait.
Tous les aspects de la peur sont faux parce qu'ils n'existent
pas au niveau créateur et par conséquent n'existent pas du tout.
Dans la mesure où tu es désireux de soumettre tes croyances à
ce test, dans cette mesure tes perceptions sont corrigées. En faisant
le tri du faux et du vrai, le miracle procède de cette façon :
L'amour parfait bannit la crainte.
Si la peur existe,
Alors il n'y a pas d'amour parfait.
Mais :
Seul existe l'amour parfait.
S'il y a peur,
Elle produit un état qui n'existe pas.
Crois cela et tu seras libre. Dieu seul peut établir cette solution,
et cette foi est Son don.
VII. Distorsions des impulsions miraculeuses
Tes perceptions distordues produisent une dense couverture
sur les impulsions miraculeuses, ce qui fait qu'il est difficile
pour elles d'atteindre ta propre conscience. La confusion des impulsions
miraculeuses avec les impulsions physiques est une distorsion
perceptuelle majeure. Les impulsions physiques sont des
impulsions miraculeuses mal dirigées. Tout plaisir réel vient de
faire la Volonté de Dieu. C'est parce que ne pas la faire est un déni
de Soi. Du déni de Soi résultent les illusions, tandis que la correction
de l'erreur en délivre. Ne va pas te tromper jusqu'à croire
que tu peux, avec quoi que ce soit d'extérieur, avoir une relation
paisible avec Dieu ou avec tes frères.
enfant de Dieu, tu fus créé pour créer le bien, le beau et le saint.
N'oublie pas cela. Il faudra encore, pendant un court moment,
que l'Amour de Dieu s'exprime par un corps à un autre, parce que
la vision est encore si faible. Tu peux le mieux utiliser ton corps
afin qu'il t'aide à élargir ta perception, de sorte que tu puisses
atteindre à la vision réelle, dont est incapable l'oeil physique.
Apprendre à faire cela, c'est la seule véritable utilité du corps.
Le fantasme est une forme distordue de la vision. Les fantasmes
de toutes sortes sont des distorsions parce qu'ils comportent
toujours de distordre la perception en irréalité. Les actions
qui découlent des distorsions sont littéralement les réactions
de ceux qui ne savent ce qu'ils font. Le fantasme est une tentative
pour contrôler la réalité conformément à de faux besoins.
Distords la réalité de quelque façon que ce soit et tu perçois de
manière destructrice. Les fantasmes sont un moyen de faire de
fausses associations et de tenter d'en tirer du plaisir. Mais bien
que tu puisses percevoir de fausses associations, tu ne pourras
jamais les rendre réelles, sauf pour toi. Tu crois en ce que tu fais.
Si tu offres des miracles, tu croiras tout aussi fort en eux. Alors
la force de ta conviction soutiendra la croyance de celui qui reçoit
le miracle. Les fantasmes ne sont plus du tout nécessaires quand
la nature pleinement satisfaisante de la réalité devient apparente
à la fois au donneur et au receveur. La réalité «se perd»
par l'usurpation, qui produit la tyrannie. Aussi longtemps qu'il
reste un seul « esclave » sur la face de la terre, ta délivrance n'est
pas complète. La restauration complète de la Filialité est le seul
but de ceux qui ont l'esprit de miracle.
Ceci est un cours d'entraînement de l'esprit. Tout apprentissage
comporte de l'attention et de l'étude à un certain niveau.
Certaines parties dans la suite de ce cours reposent trop lourdement
sur ces premières sections pour ne pas en exiger une étude
sérieuse. Tu en auras aussi besoin comme préparation. Sans cela,
il se pourrait que tu deviennes beaucoup trop apeuré de ce qui
doit venir pour en faire un usage constructif. Toutefois, en étudiant
ces premières sections, tu commenceras à voir quelquesunes
des implications qui seront développées par la suite.
Un fondement solide est nécessaire à cause de la confusion
que j'ai déjà signalée et qui est souvent faite entre peur et révérence.
J'ai dit que la révérence était inappropriée par rapport aux
Fils de Dieu, parce que tu ne devrais pas éprouver de la révérence
en présence de tes égaux. Toutefois, il a aussi été souligné que
la révérence était appropriée en Présence de ton Créateur. J'ai
pris soin de clarifier mon rôle dans l'Expiation sans l'exagérer ni
le minimiser. J'essaie aussi de faire de même avec le tien. J'ai
insisté sur le fait que la révérence n'était pas une réaction appropriée
envers moi à cause de notre égalité inhérente. Toutefois,
quelques-unes des étapes dans la suite de ce cours comportent une
approche plus directe de Dieu Lui-même. Il ne serait pas sage
d'aborder ces étapes sans une préparation soigneuse, sinon la
révérence se confondra avec la peur et l'expérience sera plus
traumatisante que béatifique. La guérison est de Dieu à la fin.
Les moyens te seront expliqués avec soin. La révélation peut
à l'occasion te révéler la fin, mais pour l'atteindre les moyens sont
nécessaires.
Un cours en miracles Table des matières
15/02/2010 11:32 par amouretpaixdanslescoeurs
UN COURS EN MIRACLES
VERSION INTEGRALE
PRÉFACE
TEXTE
LIVRE D'EXERCICES POUR ÉTUDIANTS
MANUEL POUR ENSEIGNANTS
CLARIFICATION DES TERMES
ÉDITIONS DU ROSEAU
Traduit de l'anglais par
Denis Ouellet
en collaboration avec Franchita Cattani
Les Foundation for Inner Peace et Foundation for A Course in Miracles ainsi que
les traducteurs du présent ouvrage tiennent à exprimer toute leur gratitude à
Madame Jacqueline Meyrieux pour son travail et son dévouement.
Titre original : A Course in Miracles
publié en 1975 par :
The Foundation for Inner Peace
P.O. Box 598
Mill Valley, CA 94942, USA
www.acim.org
Copyright © 1992, Second Edition, Foundation for A Course in Miracles.
Portions also independently copyrighted.
Copyright © 2005 Foundation for A Course in Miracles,
pour la traduction française approuvée par :
Dr Kenneth Wapnick,
Foundation for A Course in Miracles
Dr William W. Whitson,
Foundation for Inner Peace
ISBN 2-89466-104-5
Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour tous
pays. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite ni retransmise sous
quelque forme ou par quelque moyen que ce soit : électronique, mécanique,
incluant vidéo, photocopie ou tout système de saisie d'information, sans l'autorisation
du détenteur du copyright. Pour plus d'information, communiquer
avec la Foundation for A Course in Miracles, 41397, Buecking Drive, Temecula,
CA 92590, USA. www.facim.org
Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec, 2005
Bibliothèque nationale du Canada, 2005
Distribution : Diffusion Raffin
29, rue Royal
Le Gardeur (Québec)
J5Z 4Z3
Courriel : diffusionraffin@qc.aira.com
Site Internet : http : //www.roseau.ca
Imprimé au Canada
AVANT-PROPOS
La Foundation for Inner Peace a adopté le principe voulant
qu'une traduction d'Un cours en miracles doit être aussi près
que possible de l'original anglais. Les traducteurs d'Un cours en
miracles ont deux défis à relever. Ils doivent d'abord maîtriser le
Cours en anglais, leur langue seconde. Ensuite il leur faut transposer
leur compréhension dans leur langue première, processus
chargé de tous les problèmes qui viennent de jeter un pont entre
deux cultures. Ils doivent surmonter ces deux défis sans perdre
la signification et les subtilités du système de pensée du Cours.
Nous avons adopté des critères rigoureux dans la sélection et la
supervision des traducteurs. En effet, il nous a souvent fallu des
années pour choisir une équipe de traducteurs compétents; équipe
normalement constituée d'un traducteur principal, de plusieurs
lecteurs et d'un réviseur. Certaines traductions se sont échelonnées
sur plus de dix ans, avec un changement d'équipe en cours
de route et plusieurs révisions de façon à saisir l'esprit et la signification
d'Un cours en miracles dans la langue cible.
Pour atteindre ces hauts critères, nous avons adopté les lignes
directrices suivantes :
1) Notre première règle est : «Rester fidèle au sens précis de
chaque phrase dans Un cours en miracles. » Comme le dit le Cours :
« ...un bon traducteur, bien qu'il doive changer la forme de
ce qu'il traduit, ne change jamais la signification. De fait, son
seul but est de changer la forme de façon à conserver la signification
originale » (Texte, p. 123).
Par conséquent, chaque fois qu'il y a à choisir entre préserver
la signification du texte anglais et une traduction plus littéraire
ou poétique, le premier parti est toujours préféré. De grandes
portions d'Un cours en miracles (dont tout le Livre d'exercices, à
partir de la leçon 99) sont écrites en pentamètres iambiques, le
vers de Shakespeare. Presque toujours, il a fallu ne tenir aucun
compte de la forme poétique afin de préserver la signification.
2) Notre deuxième règle renforce la première : « Ne pas essayer
d'améliorer le Cours. » Habituellement, les traducteurs ont deux
types de tentations. Lorsque l'anglais semble maladroit ou ambigu,
ils sont tentés de «faire mieux que l'anglais» en améliorant le texte
ou en le « clarifiant» en ajoutant des mots ou des paraphrases qui
n'apparaissent pas dans l'original.
Pour contrer une telle tentation, nous avons insisté sur l'importance
de conserver l'ambiguïté originale dans la traduction.
Un autre problème concerne l'utilisation de certains mots-clés.
De nombreux traducteurs ont essayé d'utiliser des synonymes pour
rendre le Cours plus «coloré». Nous avons fortement conseillé
aux traducteurs de résister à cette tentation parce que les étudiants
doivent adopter certains mots-clés comme fondement du
système de pensée du Cours. Avec le temps, les étudiants s'aperçoivent
qu'ils font leur le vocabulaire du Cours. Par conséquent,
nous avons demandé aux traducteurs de respecter le choix de
mots du Cours même si un tel vocabulaire peut sembler étrange
au début pour le lecteur. Ces mots doivent rester les mêmes d'un
bout à l'autre de la traduction, tout comme ils restent les mêmes
dans l'original anglais.
3) Notre troisième règle semble contredire la seconde : « Quand
la signification le demande, changer la phrase anglaise afin d'obtenir
une traduction plus fluide. » L'anglais ne suit pas toujours
les règles strictes de la bonne grammaire. Les traducteurs sont
autorisés à corriger les imperfections grammaticales afin de préserver
la signification dans la traduction.
Un autre cas exigeant une révision par un traducteur concerne
le genre. Dans au moins une langue, «Saint-Esprit» est féminin.
Dans un cas comme celui-là, nous avons conseillé au traducteur
d'utiliser des pronoms de genre féminin même si, en anglais, seul
le masculin est utilisé.
4) Notre quatrième règle concerne les références bibliques dans
le Cours, qui en compte plus de 800. La plupart d'entre elles ne
sont pas indiquées par des guillemets et le lecteur qui n'est pas
familier avec la Bible pourrait facilement ne pas les voir. Toutes
ces références sont tirées de la Bible King James en anglais. Nous
avons demandé aux traducteurs de citer la Bible qui, dans la
culture de la langue cible, a la même importance que la Bible King
James dans le monde anglophone.
Dans Un cours en miracles, certaines références bibliques sont
des citations libres des versets de la Bible. Les traducteurs ont été
tentés de corriger le Cours en rendant la pleine citation biblique
dans la langue cible. Nous n'avons pas permis de tels changements.
Si Un cours en miracles cite librement un passage biblique,
le traducteur devrait faire de même.
5) Notre cinquième règle est : «Recourir rarement aux notes.»
Les notes se rangent dans trois catégories d'explications :
a) les jeux de mots qui se perdent dans la traduction;
b) les expressions idiomatiques américaines;
c) les citations bibliques dont la signification dépend de la
version anglaise de la Bible King James, mais qui ne peuvent
pas être traduites adéquatement dans la langue cible.
Dans tous les cas, nous avons suivi le principe voulant que
nous fassions le moins de changements possible par rapport à
l'anglais.
6) Notre sixième et dernière règle concerne la traduction d'un mot
très important : «Expiation». (En anglais, Atonement) Presque
sans exception, ce mot a constitué un réel défi pour les traducteurs,
et il a posé des problèmes à bien des étudiants anglophones
d'Un cours en miracles. Ce terme biblique est un concept central
dans la tradition judéo-chrétienne, où il exprime le plan de Dieu
pour sauver ses enfants, qui sont pécheurs et pleins de culpabilité,
par leur propre souffrance et leur propre sacrifice, de même
que par la mort expiatrice de Jésus sur la croix.
Comme beaucoup d'autres mots qu'Un cours en miracles emprunte
à la tradition biblique, le mot «Expiation» reçoit une signification
totalement différente de celle que lui donne la tradition
judéo-chrétienne. Dans le Cours, «Expiation» réfère à la correction
de la croyance en la réalité du péché et de la culpabilité. Ce
changement de signification d'un mot courant est un exemple du
processus pédagogique du Cours qui, par l'utilisation de tels mots
« déclencheurs », fait remonter à l'esprit du lecteur des aspects
refoulés du système de pensée de l'ego. De cette façon, ce qui est
refoulé peut être regardé et enfin pardonné. Pour être efficace, le
processus de correction demande de reconnaître nos croyances
et concepts erronés, et non de les refouler. Par conséquent, utiliser
un mot plus «inoffensif» pour traduire Atonement, comme
« réconciliation» ou «rédemption», aurait pour effet de saper
ce processus de correction de nos pensées erronées, en ne leur
permettant pas d'apparaître dans nos esprits. En utilisant le mot
traditionnel pour Atonement dans toutes les traductions, avec sa
connotation habituelle qui est de défaire la culpabilité par le
sacrifice, les étudiants d'Un cours en miracles ont ainsi la possibilité
de pardonner véritablement le système de pensée de l'ego en
eux-mêmes.
Nous espérons que cette traduction d'Un cours en miracles est
aussi fidèle que possible à la fois à la lettre et à l'esprit de l'original
anglais afin que le monde entier puisse profiter de cet important
document spirituel. Nous sommes reconnaissants de ce
que des étudiants de partout dans le monde puissent se joindre
à nous dans le voyage de retour à Dieu.
Foundation for Inner Peace
NOTES
Pour faciliter la lecture, nous avons cru préférable de ne pas
insérer d'appels de note dans le texte. Plutôt, les notes sont rassemblées
en fin d'ouvrage avec renvois aux passages auxquels
elles se rapportent.
NOTE DES TRADUCTEURS
Pour d'autres explications sur la traduction française, voir la
Note des traducteurs à la fin de l'ouvrage.
RÉFÉRENCES BIBLIQUES
Pour les citations bibliques, nous avons consulté en premier
lieu la Bible Segond, édition 1910; et en deuxième lieu la Bible de
Jérusalem, édition 1984. Lorsque ni l'une ni l'autre de ces bibles
n'était assez proche de l'anglais, nous avons eu recours à la Bible
Tob, édition 1972/75.
PRÉFACE
Cette préface fut écrite en 1977, en réponse à de nombreuses demandes de
brève introduction à Un cours en miracles. Helen Schucman écrivit elle-même les
deux premières parties : D'où il vient et Ce qu'il est. La dernière partie, Ce qu'il
dit, fut écrite suivant le processus de dictée intérieure décrit dans la préface.
D'où il vient
À l'origine d'Un cours en miracles, il y a deux personnes prenant
la décision soudaine de se joindre dans un but commun. Ils s'appelaient
Helen Schucman et William Thetford et ils étaient professeurs
de psychologie médicale au College of Physicians and
Surgeons de l'Université Columbia dans la ville de New York. Peu
importe qui ils étaient, sauf que l'histoire montre qu'avec Dieu
toutes choses sont possibles. Ils n'avaient pas d'intérêt pour la
spiritualité. Leur relation était difficile et souvent tendue, et ils se
préoccupaient surtout d'être acceptés et reconnus sur les plans
personnel et professionnel. En général, ils avaient beaucoup investi
dans les valeurs de ce monde. Leurs vies ne s'accordaient
guère avec ce que le Cours préconise. Helen, celle à qui le Cours
fut dicté, se décrit elle-même :
Psychologue, éducatrice, conformiste en théorie et athée en
croyance, je travaillais dans un milieu universitaire fort prestigieux.
Et puis quelque chose arriva qui déclencha une série d'événements
que je n'aurais jamais pu prévoir. Le chef de mon
département m'annonça à l'improviste qu'il était fatigué des sentiments
de colère et d'agressivité que nos attitudes reflétaient, et il
conclut qu'il devait y avoir «une autre voie». Comme si j'avais
attendu ce signal, je consentis à l'aider à la trouver. Apparemment,
le Cours est cette autre voie.
Bien que leur intention fût sérieuse, ils eurent beaucoup de
difficulté à se lancer dans cette entreprise commune. Mais ils
avaient offert au Saint-Esprit le «petit désir» qui, comme le Cours
allait le souligner maintes et maintes fois, suffit pour Lui permettre
d'utiliser toute situation à Ses propres fins en la dotant de
Sa puissance.
Le récit d'Helen continue ainsi :
L'écriture proprement dite fut précédée de trois mois assez surprenants
pendant lesquels Bill m'avait suggéré de mettre par écrit les
rêves hautement symboliques et les descriptions des étranges
images qui me venaient. Bien que je fusse plus habituée à l'inattendu
au bout de ces trois mois, je fus malgré tout très surprise
lorsque j'écrivis : « Ceci est un cours en miracles. » Ce fut mon premier
contact avec la Voix. Elle ne produisait aucun son mais elle
semblait me donner une sorte de dictée intérieure rapide que je pris
dans un carnet de sténographie. L'écriture ne fut jamais automatique.
Elle pouvait être interrompue à n'importe quel moment et
reprise plus tard. Cela me mettait fort mal à l'aise mais il ne me
vint jamais sérieusement à l'esprit d'arrêter. On aurait dit qu'il
s'agissait d'une mission particulière que j'avais, je ne sais où ni
comment, accepté de remplir. Toute l'entreprise reposait sur une
véritable collaboration entre Bill et moi, et beaucoup de son importance,
j'en suis sûre, réside en cela. J'écrivais ce que la Voix «disait»,
en faisait lecture à Bill le lendemain, et il le tapait à la machine
sous ma dictée. Je suppose qu'il avait aussi sa propre mission particulière.
Sans ses encouragements et son soutienne n'aurais jamais
été capable d'accomplir la mienne. Le processus tout entier prit à
peu près sept ans. Le Texte vint en premier, puis le Livre d'exercices
pour étudiants et enfin le Manuel pour enseignants. Seuls quelques
changements mineurs ont été apportés. Les titres des chapitres et
les sous-titres ont été insérés dans le Texte, et certaines des références
plus personnelles qui vinrent au commencement ont été
omises. À part cela, le texte est essentiellement inchangé.
Les noms des personnes qui ont collaboré à la transcription du
Cours n'apparaissent pas sur la couverture parce que le Cours
peut et devrait se suffire à lui-même. Il n'a pas été conçu pour servir
de fondement à une nouvelle secte. Son seul but est de fournir
une voie dans laquelle certaines personnes pourront trouver
leur propre Enseignant intérieur.
Ce qu'il est
Comme le suggère son titre, le Cours est structuré tout au long
comme un outil d'enseignement. Il consiste en trois livres : un
Texte de 718 pages, un Livre d'exercices pour étudiants de 506
pages et un Manuel pour enseignants de 94 pages. Les étudiants
peuvent choisir l'ordre dans lequel ils se servent des livres, et la
façon dont ils les étudient, en fonction de leurs préférences et de
leurs besoins particuliers.
Le programme d'études, ou curriculum, que propose le Cours
a été soigneusement conçu et il est expliqué étape par étape tant
au niveau théorique que pratique. Il met l'accent sur l'application
plutôt que sur la théorie, et sur l'expérience plutôt que sur la théologie.
Il est dit explicitement qu'«une théologie universelle est
impossible, mais une expérience universelle est non seulement
possible mais nécessaire » (Manuel, p. 79). Bien que la langue soit
chrétienne, le Cours traite de thèmes spirituels universels. Il
souligne qu'il n'est qu'une version du curriculum universel. Il y
en a beaucoup d'autres, et celle-ci n'en diffère que par la forme.
À la fin toutes mènent à Dieu.
Le Texte est en grande partie théorique; y sont présentés les
concepts sur lesquels repose le système de pensée du Cours. Ses
idées servent de fondement pour les leçons du Livre d'exercices.
Sans la mise en application que fournit le Livre d'exercices, le
Texte resterait essentiellement une série d'abstractions qui ne
suffiraient guère à amener le renversement de pensée que vise
le Cours.
Le Livre d'exercices comprend 365 leçons, soit une pour chaque
jour de l'année. Toutefois, il n'est pas nécessaire de poursuivre les
leçons à ce rythme et quelqu'un peut très bien vouloir s'attarder
plus d'une journée sur une leçon qui lui plaît particulièrement.
Les instructions recommandent seulement de ne pas tenter de
faire plus d'une leçon par jour. L'aspect pratique du Livre d'exercices
est mis en évidence dans son introduction, qui met l'accent
sur l'expérience acquise par la pratique plutôt que sur un engagement
préalable envers un but spirituel :
Certaines des idées que présente le livre d'exercices te paraîtront
difficiles à croire; d'autres te sembleront tout à fait surprenantes.
Cela n'a aucune importance. Il t'est simplement demandé
d'appliquer les idées de la manière indiquée. Il ne t'est pas demandé
de les juger. Il t'est seulement demandé de les utiliser. C'est
leur utilisation qui leur donnera une signification pour toi et te
montrera qu'elles sont vraies.
Souviens-toi seulement de ceci : tu n'as pas besoin de croire les
idées, tu n'as pas besoin de les accepter, tu n'as pas même besoin
de leur faire bon accueil. Il se peut qu'à certaines d'entre elles, tu
résistes activement. Rien de tout cela n'a d'importance, et leur efficacité
n'en est pas diminuée. Mais ne te permets pas de faire des
exceptions dans l'application des idées que contient le livre d'exercices;
et quelles que soient tes réactions à ces idées, utilise-les. Rien
d'autre que cela n'est requis (Livre d'exercices, p. 2).
Enfin le Manuel pour enseignants, qui est écrit sous forme de
questions et réponses, fournit des réponses à quelques-unes des
questions les plus susceptibles d'être posées par un étudiant. Il
contient aussi une clarification de certains des termes que le Cours
utilise, le Texte servant de cadre théorique à ces explications.
Le Cours ne prétend pas être définitif, pas plus que le Livre
d'exercices n'est destiné à compléter l'apprentissage de l'étudiant.
À la fin, le lecteur est laissé entre les mains de son propre Enseignant
intérieur, Qui dirigera tout enseignement ultérieur comme
Il le jugera bon. Quoique le Cours couvre une vaste sphère, la vérité
ne peut pas être limitée à une forme finie, ainsi qu'il est dit
clairement dans l'énoncé à la fin du Livre d'exercices :
Ce cours est un commencement et non une fin (...) Il ne t'est plus
assigné de leçons précises, car il n'en est plus besoin. Désormais,
n'écoute que la Voix pour Dieu (...) Il dirigera tes efforts en te disant
exactement quoi faire, comment diriger ton esprit et quand
venir à Lui en silence, demander Sa sûre direction et Sa Parole certaine
(Livre d'exercices, p. 505).
Ce qu'il dit
Rien de réel ne peut être menacé.
Rien d'irréel n'existe.
En cela réside la paix de Dieu.
Ainsi commence Un cours en miracles. Il fait une distinction fondamentale
entre le réel et l'irréel; entre la connaissance et la perception.
La connaissance est vérité, sous une seule loi, la loi de
l'amour ou de Dieu. La vérité est inaltérable, éternelle et non ambiguë.
Elle peut ne pas être reconnue mais elle ne peut pas être
changée. Elle s'applique à tout ce que Dieu a créé, et seul ce qu'il
a créé est réel. Elle est au-delà de l'apprentissage parce qu'elle est
au-delà du temps et des processus. Elle n'a pas d'opposé; pas de
commencement ni de fin. Elle est, tout simplement.
Le monde de la perception, par contre, est le monde du temps,
du changement, des commencements et des fins. Il est basé sur
l'interprétation et non sur des faits. C'est le monde de la naissance
et de la mort, fondé sur la croyance dans le manque, la perte, la
séparation et la mort. Il s'apprend plutôt qu'il n'est donné; il est
sélectif dans ses perceptions, instable dans son fonctionnement
et inexact dans ses interprétations.
De la connaissance et de la perception respectivement surgissent
deux systèmes de pensée distincts qui sont à tous égards
l'opposé l'un de l'autre. Dans le champ de la connaissance, aucune
idée n'existe à part de Dieu, car Dieu et Sa Création partagent
une même Volonté. Toutefois, le monde de la perception est
fait par la croyance en des opposés et en des volontés séparées
qui sont en conflit perpétuel les unes avec les autres ainsi qu'avec
Dieu. Ce que la perception voit et entend paraît être réel parce
qu'elle ne laisse monter à la conscience que ce qui est conforme
aux souhaits de celui qui perçoit. Cela mène à un monde d'illusions,
un monde qui a constamment besoin de défenses précisément
parce qu'il n'est pas réel.
Quand tu es pris dans le monde de la perception, tu es pris dans
un rêve. Tu ne peux pas t'échapper sans aide parce que tout ce
que tes sens te montrent ne fait que témoigner de la réalité du
rêve. Dieu a fourni la Réponse, la seule Issue, la véritable Aide.
C'est la fonction de Sa Voix, Son Saint-Esprit, d'agir comme Médiateur
entre les deux mondes. Il peut le faire parce que, alors
que d'une part Il connaît la vérité, d'autre part Il sait aussi reconnaître
nos illusions, mais sans y croire. Le but du Saint-Esprit est
de nous aider à échapper du monde du rêve en nous enseignant
comment renverser notre façon de penser et désapprendre nos
erreurs. Le pardon est le grand outil d'apprentissage au moyen
duquel le Saint-Esprit nous aide à opérer ce renversement. Toutefois,
le Cours a sa propre définition de ce qu'est réellement le
pardon, tout comme il a sa propre façon de définir le monde.
Le monde que nous voyons ne fait que refléter notre propre
cadre de référence intérieur — les idées dominantes, les souhaits
et les émotions dans nos esprits. «La projection fait la perception
» (Texte, p. 266,477). Nous regardons d'abord au-dedans, et
nous décidons quel genre de monde nous voulons voir, puis nous
projetons ce monde à l'extérieur, faisant de lui la vérité telle que
nous la voyons. Ce qui le rend vrai, ce sont les interprétations que
nous donnons de ce que nous voyons. Si nous utilisons la perception
pour justifier nos propres erreurs — notre colère, nos
impulsions à attaquer, notre manque d'amour sous n'importe
quelle forme —, nous verrons un monde de mal, de destruction,
de malice, d'envie et de désespoir. Nous devons apprendre à pardonner
tout cela, non pas parce que nous sommes «bons» et
« charitables » mais parce que ce que nous voyons n'est pas vrai.
Nous avons distordu le monde par nos défenses tordues, et nous
voyons donc ce qui n'est pas là. Comme nous apprenons à reconnaître
nos erreurs de perception, nous apprenons aussi à regarder
plus loin ou à «pardonner». En même temps nous nous pardonnons
à nous-mêmes en regardant passé nos concepts de soi distordus
vers le Soi que Dieu a créé nous et en nous.
Le péché est défini comme un «manque d'amour» (Texte, p. 12).
Puisque l'amour est la seule chose qui soit, aux yeux du Saint-
Esprit le péché est une erreur à corriger plutôt qu'un mal à
punir. Notre sentiment d'insuffisance, de faiblesse et d'incomplétude
vient de notre énorme investissement dans le «principe
de manque» qui gouverne le monde entier des illusions. De ce
point de vue, nous recherchons en autrui ce que nous ressentons
comme un manque en nous-mêmes. Nous «aimons» autrui pour
obtenir nous-mêmes quelque chose. C'est cela, en fait, qui passe
pour de l'amour dans le monde du rêve. Il n'y a pas de plus
grande erreur, car l'amour est incapable de demander quoi que
ce soit.
Seuls les esprits peuvent réellement se joindre, et l'homme ne
saurait séparer ce que Dieu a joint (Texte, p. 382). Toutefois, c'est
uniquement au niveau de l'Esprit du Christ que l'union véritable
est possible, et n'a, de fait, jamais été perdue. Le «petit moi»
cherche à se grandir par l'approbation extérieure, les possessions
extérieures et l'« amour » extérieur. Le Soi que Dieu a créé n'a besoin
de rien. Il est à jamais complet, en sécurité, aimé et aimant.
Il cherche à partager plutôt qu'à obtenir; à étendre plutôt qu'à
projeter. Il n'a pas de besoins et il veut se joindre aux autres dans
la conscience mutuelle de leur abondance.
Les relations particulières du monde sont destructrices,
égoïstes et puérilement égocentriques. Pourtant, confiées au
Saint-Esprit, ces relations peuvent devenir ce qu'il y a de plus
saint sur terre — les miracles qui indiquent la voie du retour au
Ciel. Le monde utilise ses relations particulières comme une
arme ultime d'exclusion et une démonstration de séparation. Le
Saint-Esprit les transforme en de parfaites leçons de pardon et
d'éveil du rêve. Chacune est une occasion de laisser les perceptions
être guéries et les erreurs être corrigées. Chacune constitue
une autre chance de se pardonner à soi-même en pardonnant à
l'autre. Et chacune devient encore une autre invitation au Saint-
Esprit et au souvenir de Dieu.
La perception est une fonction du corps et elle représente donc
une limite à la conscience. La perception voit par les yeux du corps
et entend par les oreilles du corps. Elle évoque les réponses limitées
que donne le corps. Dans une large mesure, le corps semble
avoir sa propre motivation et être indépendant, or il ne fait que
répondre aux intentions de l'esprit. Si l'esprit veut l'utiliser pour
l'attaque sous quelque forme que ce soit, il devient la proie de la
maladie, de l'âge et du dépérissement. Si l'esprit accepte plutôt
le but que le Saint-Esprit a pour lui, il devient un moyen utile de
communication avec les autres, invulnérable aussi longtemps qu'il
en est besoin, et qui sera doucement mis de côté quand son utilité
aura cessé. De lui-même il est neutre, comme le sont toutes
choses dans le monde de la perception. Qu'il soit utilisé pour les
buts de l'ego ou du Saint-Esprit, cela dépend entièrement de ce
que veut l'esprit.
L'opposé de voir par les yeux du corps, c'est la vision du Christ
qui reflète la force plutôt que la faiblesse, l'unité plutôt que la
séparation et l'amour plutôt que la peur. L'opposé d'entendre par
les oreilles du corps, c'est la communication par la Voix pour Dieu,
le Saint-Esprit, qui demeure en chacun de nous. Sa Voix semble
distante et difficile à entendre parce que l'ego, qui parle pour le
petit soi séparé, semble parler beaucoup plus fort. En fait c'est
l'inverse. Le Saint-Esprit parle avec une indubitable clarté et un
attrait irrésistible. Nul ne pourrait être sourd à Ses messages de
délivrance et d'espoir qui ne choisit pas de s'identifier au corps,
pas plus qu'il ne pourrait manquer d'accepter joyeusement la
vision du Christ en heureux échange de la misérable image qu'il
a de lui-même.
La vision du Christ est le don du Saint-Esprit, l'alternative de
Dieu à l'illusion de séparation et à la croyance en la réalité du
péché, de la culpabilité et de la mort. C'est la seule correction pour
toutes les erreurs de perception, la réconciliation de tous les
opposés apparents sur lesquels ce monde est fondé. Sa douce
lumière montre toutes choses d'un autre point de vue, qui reflète
le système de pensée surgi de la connaissance et rend le retour à
Dieu non seulement possible mais inévitable. Ce qui était considéré
comme une injustice faite à quelqu'un par quelqu'un d'autre
devient maintenant un appel à l'aide et à l'union. Le péché, la
maladie et l'attaque sont vus comme des malperceptions qui
appellent un remède par la douceur et l'amour. Les défenses sont
déposées parce qu'il n'en est pas besoin là où il n'y a pas d'attaque.
Les besoins de nos frères deviennent les nôtres parce qu'ils
font le voyage avec nous en allant vers Dieu. Sans nous ils perdraient
leur chemin. Sans eux nous ne pourrions jamais trouver
le nôtre.
Le pardon est inconnu au Ciel, où un tel besoin serait inconcevable.
Dans ce monde, toutefois, le pardon est une correction
nécessaire pour toutes les erreurs que nous avons faites. Offrir le
pardon est la seule façon pour nous de l'avoir, car cela reflète la
loi du Ciel voulant que donner et recevoir sont la même chose.
Le Ciel est l'état naturel de tous les Fils de Dieu tels qu'il les a
créés. Telle est leur réalité à jamais. Elle n'a pas changé parce
qu'elle a été oubliée.
Le pardon est le moyen par lequel nous nous souviendrons. Par
le pardon, la façon de penser du monde est renversée. Le monde
pardonné devient la porte du Ciel, parce que sa miséricorde nous
permet enfin de nous pardonner. Ne tenant personne prisonnier
de la culpabilité, nous devenons libres. Reconnaissant le Christ en
tous nos frères, nous reconnaissons Sa Présence en nous-mêmes.
Oubliant toutes nos malperceptions, et sans rien du passé qui
puisse nous retenir, nous pouvons nous souvenir de Dieu. Audelà
de cela, l'apprentissage ne peut aller. Quand nous sommes
prêts, Dieu Lui-même fait le dernier pas de notre retour vers Lui.
UN COURS EN MIRACLES
TEXTE
TABLE DES MATIERES
Introduction 1
Chapitre 1 LA SIGNIFICATION DES MIRACLES
I. Principes des miracles 3
II. Révélation, temps et miracles 7
III. Expiation et miracles 9
IV. L'évasion hors des ténèbres 11
V. Entièreté et pur-esprit 13
VI. L'illusion de besoins 14
VII Distorsions des impulsions miraculeuses 16
Chapitre 2 LA SÉPARATION ET L'EXPIATION
I. Les origines de la séparation 18
II. L'Expiation comme défense 20
III. L'autel de Dieu 22
IV. La guérison comme délivrance de la peur 24
V. La fonction du faiseur de miracles 26
A. Principes particuliers des faiseurs de miracles 29
VI. Peur et conflit 30
VII. Cause et effet 33
VIII. La signification du Jugement dernier 36
Chapitre 3 LA PERCEPTION INNOCENTE
I. Expiation sans sacrifice 38
II Les miracles comme perception vraie 40
III. Perception versus connaissance 42
IV. L'erreur et l'ego 44
V Au-delà de la perception 47
VI. Le jugement et le problème de l'autorité 49
VII Création versus image de soi 52
Chapitre 4 LES ILLUSIONS DE L'EGO
Introduction 55
I. Juste enseignement et juste apprentissage 56
II L'ego et la fausse autonomie 60
III. L'amour sans conflit 64
IV. Cela n'a pas besoin d'être 66
V. L'illusion ego-corps 69
VI. Les récompenses de Dieu 71
VII Création et communication 74
Chapitre 5 GUÉRISON ET ENTIÈRETÉ
Introduction 77
I. L'invitation au Saint-Esprit 78
II La Voix pour Dieu 80
III. Le Guide vers le salut 83
IV. Enseigner et guérir 86
V. L'usage que fait l'ego de la culpabilité 89
VI. Temps et éternité 92
VII La décision de choisir Dieu 95
Chapitre 6 LES LEÇONS DE L'AMOUR
Introduction 97
I. Le message de la crucifixion 97
II L'alternative à la projection 102
III. Le renoncement à l'attaque 106
IV. La seule Réponse 107
V. Les leçons du Saint-Esprit 110
A. Pour avoir, donne tout à tous 111
B. Pour avoir la paix, enseigne la paix pour l'apprendre 113
C. Ne sois vigilant que pour Dieu et Son Royaume 116
Chapitre 7 LES DONS DU ROYAUME
I. Le dernier pas 120
II La loi du Royaume 122
III. La réalité du Royaume 124
IV La guérison comme re-connaissance de la vérité 126
V. Guérison et inchangeabilité de l'esprit 128
VI. De la vigilance à la paix 132
VII La totalité du Royaume 136
VIII. L'incroyable croyance 139
IX. L'extension du Royaume 141
X. La confusion entre douleur et joie 143
XI L'état de grâce 145
Chapitre 8 LE VOYAGE DE RETOUR
I. La direction du curriculum 148
II La différence entre emprisonnement et liberté 149
III. La sainte rencontre 151
IV. Le don de la liberté 154
V. La volonté indivisée de la Filialité 157
VI. Le trésor de Dieu 159
VII. Le corps comme moyen de communication 161
VIII. Le corps comme moyen ou comme fin 166
IX. La guérison comme perception corrigée 169
Chapitre 9 L'ACCEPTATION DE L'EXPIATION
I. L'acceptation de la réalité 172
II La réponse à la prière 175
III. La correction de l'erreur 178
IV. Le plan du Saint-Esprit pour le pardon 180
V. Le guérisseur non guéri 183
VI. L'acceptation de ton frère 186
VII Les deux évaluations 188
VIII. Grandeur versus grandiosité 190
Chapitre 10 LES IDOLES DE LA MALADIE
Introduction 194
I. Chez toi en Dieu 195
II La décision d'oublier 196
III. Le dieu de la maladie 197
IV. La fin de la maladie 200
V. Le déni de Dieu 202
Chapitre 11 DIEU OU L'EGO
Introduction 207
I. Les dons de la Paternité 208
II L'invitation à la guérison 211
III. Des ténèbres à la lumière 213
IV. L'héritage du Fils de Dieu 215
V La « dynamique » de l'ego 217
VI. S'éveiller à la rédemption 222
VII. La condition de la réalité 225
VIII. Le problème et la réponse 226
Chapitre 12 LE CURRICULUM DU SAINT-ESPRIT
I. Le jugement du Saint-Esprit 231
II La façon de se souvenir de Dieu 234
III. L'investissement dans la réalité 237
IV. Chercher et trouver 239
V. Le curriculum sain 241
VI. La vision du Christ 244
VII. Regarder au-dedans 246
VIII. L'attraction de l'amour pour l'amour 250
Chapitre 13 LE MONDE NON COUPABLE
Introduction 253
I. Non-culpabilité et invulnérabilité 254
II Le Fils non coupable de Dieu 257
III. La peur de la rédemption 259
TV. La fonction du temps 262
V. Les deux émotions 265
VI. Trouver le présent 268
VII. Atteindre le monde réel 272
VIII. De la perception à la connaissance 276
IX. Le nuage de culpabilité 279
X. Délivrance de la culpabilité 281
XI. La paix du Ciel 285
Chapitre 14 ENSEIGNER POUR LA VÉRITÉ
Introduction 289
I. Les conditions de l'apprentissage 289
II. L'apprenant heureux 291
III. Le choix de la non-culpabilité 293
IV. Ta fonction dans l'Expiation 298
V. Le cercle de l'Expiation 301
VI. La lumière de la communication 304
VII. Partager la perception avec le Saint-Esprit 307
VIII. Le saint lieu de rencontre 309
IX. Le reflet de la sainteté 311
X. L'égalité des miracles 313
XI Le test de la vérité 316
Chapitre 15 L'INSTANT SAINT
I. Les deux usages du temps 322
II. La fin du doute 326
III. Petitesse versus immensité 327
IV. S'exercer à l'instant saint 331
V. L'instant saint et les relations particulières 333
VI. L'instant saint et les lois de Dieu 336
VII L'inutile sacrifice 339
VIII. La seule relation réelle 342
IX. L'instant saint et l'attraction de Dieu 344
X. Le temps de la renaissance 346
XI Noël comme la fin du sacrifice 349
Chapitre 16 LE PARDON DES ILLUSIONS
I. La véritable empathie 353
II. La puissance de la sainteté 355
III. La récompense de l'enseignement 358
IV. L'illusion et la réalité de l'amour 360
V. Le choix de la complétude 364
VI. Le pont vers le monde réel 369
VII. La fin des illusions 372
Chapitre 17 LE PARDON ET LA RELATION SAINTE
I. Porter le fantasme à la vérité 376
II. Le monde pardonné 377
III. Les ombres du passé 379
IV. Les deux tableaux 383
V. La relation guérie 387
VI. Fixer le but 391
VII L'appel à la foi 393
VIII. Les conditions de la paix 396
Chapitre 18 LA DISPARITION DU RÊVE
I. La réalité substituée 398
II La base du rêve 401
III. Lumière dans le rêve 404
IV. Le petit désir 407
V. Le rêve heureux 409
VI. Au-delà du corps 411
VII. Je n'ai pas besoin de faire quoi que ce soit 415
VIII. Le petit jardin 417
IX. Les deux mondes 420
Chapitre 19 ATTEINDRE LA PAIX
I. Guérison et foi 425
II. Péché versus erreur 429
III. L'irréalité du péché 431
IV. Les obstacles à la paix 434
A. Le premier obstacle :
Le souhait de s'en débarrasser 435
a) L'attraction de la culpabilité 437
B. Le second obstacle :
La croyance que le corps a de la valeur pour ce qu'il offre . . . 440
a) L'attraction de la douleur 442
C. Le troisième obstacle :
L'attraction de la mort 445
a) Le corps incorruptible 446
D. Le quatrième obstacle :
La peur de Dieu 448
a) La levée du voile 450
Chapitre 20 LA VISION DE LA SAINTETÉ
I. Semaine sainte 455
II Le don des lys 456
III. Le péché comme ajustement 459
IV. Entrer dans l'arche 462
V. Les hérauts de l'éternité 465
VI. Le temple du Saint-Esprit 467
VII La cohérence entre moyens et fin 470
VIII. La vision de l'impeccabilité 473
Chapitre 21 RAISON ET PERCEPTION
Introduction 477
I. Le chant oublié 477
II. La responsabilité de la vue 480
III. Foi, croyance et vision 483
IV. La peur de regarder au-dedans 486
V. La fonction de la raison 489
VI. Raison versus folie 491
VII. La dernière question laissée sans réponse 494
VIII. Le changement intérieur 498
Chapitre 22 LE SALUT ET LA RELATION SAINTE
Introduction 500
I. Le message de la relation sainte 501
II. L'impeccabilité de ton frère 504
III. La raison et les formes d'erreur 508
IV. La bifurcation de la route 510
V. Faiblesse et défensive 512
VI. La lumière de la relation sainte 514
Chapitre 23 LA GUERRE CONTRE TOI-MÊME
Introduction 519
I. Les croyances irréconciliables 520
II. Les lois du chaos 524
III. Le salut sans compromis 529
IV. Au-dessus du champ de bataille 531
Chapitre 24 LE BUT DE LA PARTICULARITÉ
Introduction 535
I. La particularité comme substitut à l'amour 535
II. La traîtrise de la particularité 538
III. Le pardon de la particularité 542
IV. Particularité versus impeccabilité 544
V. Le Christ en toi 545
VI. Être sauvé de la peur 548
VII Le lieu de rencontre 551
Chapitre 25 LA JUSTICE DE DIEU
Introduction 555
I. Le lien à la vérité 555
II Le sauveur qui délivre des ténèbres 557
III. Perception et choix 560
IV. La lumière que tu apportes 563
V. L'état d'impeccabilité 565
VI. La fonction particulière 567
VII La pierre du salut 569
VIII. La justice retournée à l'amour 572
IX. La justice du Ciel 577
Chapitre 26 LA TRANSITION
I. Le « sacrifice » de l'unité 581
II De nombreuses formes; une seule correction 583
III. La zone frontière 586
IV. Où le péché n'est plus 587
V. La petite entrave 589
VI. L'Ami désigné 593
VII. Les lois de la guérison 593
VIII. L'immédiateté du salut 599
IX. Car Ils sont venus 601
X. La fin de l'injustice 603
Chapitre 27 LA GUÉRISON DU RÊVE
I. L'image de la crucifixion 606
II La peur de la guérison 609
III. Au-delà de tous les symboles 614
IV. La quiète réponse 616
V. L'exemple de la guérison 618
VI. Les témoins du péché 622
VII Le rêveur du rêve 624
VIII. Le « héros » du rêve 628
Chapitre 28 LE DÉFAIRE DE LA PEUR
I. La mémoire présente 632
II. Renverser effet et cause 636
III. L'accord pour se joindre 639
IV. La plus grande jonction 642
V. L'Alternative aux rêves de peur 644
VI. Les voeux secrets 646
VII. L'arche de sécurité 648
Chapitre 29 LE RÉVEIL
I. Combler le fossé 651
II L'arrivée de l'Invité 653
III. Les témoins de Dieu 656
IV. Rôles de rêve 657
V. L'inchangeable demeure 659
VI. Le pardon et la fin des temps 661
VII Ne cherche pas à l'extérieur de toi 663
VIII. L'antéchrist 665
IX. Le rêve de pardon 668
Chapitre 30 LE NOUVEAU COMMENCEMENT
Introduction 671
I. Les règles pour la décision 671
II Liberté de la volonté 675
III. Au-delà de toutes les idoles 677
IV. La vérité derrière les illusions 680
V. Le seul but 682
VI. La justification du pardon 685
VII La nouvelle interprétation 688
VIII. L'inchangeable réalité 690
Chapitre 31 LA VISION FINALE
I. La simplicité du salut 693
II Aller avec le Christ 696
III. Ceux qui s'accusent eux-mêmes 699
IV. La réelle alternative 701
V. Concept de soi versus Soi 704
VI. Reconnaître le pur-esprit 709
VII La vision du sauveur 711
VIII. Choisis à nouveau 715
INTRODUCTION
Ceci est un cours en miracles. C'est un cours obligatoire. Seul
le moment où tu le suis relève de ta volonté. Une volonté libre ne
signifie pas que tu peux établir le curriculum. Cela signifie
seulement que tu peux choisir ce que tu veux suivre à un moment
donné. Le cours ne vise pas à enseigner la signification de
l'amour, car cela est au-delà de ce qui peut s'enseigner. Toutefois,
il vise à enlever les blocages qui empêchent de prendre conscience
de la présence de l'amour, qui est ton héritage naturel. L'opposé
de l'amour est la peur, mais ce qui embrasse tout ne peut avoir
d'opposé.
Ce cours peut donc se résumer très simplement de cette façon :
Rien de réel ne peut être menacé.
Rien d'irréel n'existe.
En cela réside la paix de Dieu.
L'Amour Universel Inconditionnel
14/02/2010 16:35 par amouretpaixdanslescoeurs
La voie du Coeur... La voie de l'Amour... C'est ce que nous sommes, c'est l'essence de la vie... Nous y avons accès une fois que nous avons pacifié notre passé, pardonné et que nous baignons dans la gratitude et la foi permanentes.
Avec Amour!!!
La loi de l'Attraction
11/02/2010 12:57 par amouretpaixdanslescoeurs
Voici une invitation au téléchargement gratuit du e book « Le pouvoir de l’attraction » de David Komsi. En cliquant sur le lien suivant http://www.davidkomsi.com/reussir.htm et en notant le code e0ec2a78 (les lettres sont en minuscule), vous pourrez y accéder.Bonne lecture!!!
